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LA VIERGE ALLANI à Bethléem avec Saint Joseph.

1. L A sainte Vierge & faint Joseph ne

manquoient pas de prétexte pour ne

pas obéir à l'Edit de l'Empereur , qui 4.2.1. leur ordonnoit de se rendre à Bethléein

pour s'y faire enregistrer. L'état où la lainte Vierge écoit, & le soin qu'elle devoit avoir de ce qu'elle portoit dans son fein, leur en fournisoient un allez grand. Cependant elle ne pense point à s'en dispenser. Une vraie simplicité comme celle de la Vierge, discerne mieux la volonté de Dieu que tous les raisonnemens qui le plus souvent ne font que nous troubler, nous tromper & nous engager dans l'égarement. Dieu l'appelle à Bethléem

par

l'ordre d'un Empereur payen, & cela lui fuffit. Demandons à Dieu cet. te fimplicité luminense qui nous falle discerner la volonté parmi toutes les faufles raisons qui nous pourroient détourner de l'accomplir.

II. Il n'est pas necessaire d'avoir fait reu d'obéissance pour la pratiquer en toutes ses actions d'une inaniere aufli exacte que fi on avoit un Superie ur qui nous les prescrivît toutes en particulier. Il n'y a qu'à bien discerner la volonté de Dieu dans chaque action, & avoir un grand defir de la fuivre. La Vierge & saint Jofeph en allant à Bethléem obéissent à l'ordre d'un Prince infidelle , qui ne l'avoit ordonné que par vanité: mais en lui obeifant ils obéissoient à Dieu ; ils executoient son ordre ; ils accomplisfoient ses delleins. Quiconque vit dans le monde, y trouve des Superieurs que la volonté de Dieu l'oblige de suivre. Il faut obéir à l'un en le contentant, à l'autre en lui cédant, à l'autre en souffrant son injuftice. Qui sauroit bien discerner ces voix de Dien, ne se trouveroit jamais libre de faire aucune action à sa fantaisie ; parceque découvrant par-tout un ordre & une volonté de Dieui, il se trouveroit obligé d'y obéir. Mais il n'en jouiroit pas moins d'une parfaite liberté, parcequ'il mettroit sa joie à suivre la volonté de Dieu en toutes choses.

II. Il semble qu'il n'y ait rien de plus étonnant que ce qui arrive à la sainte Vierge & à faint Joseph à Bethléem , de n'y trouver personne qui les voulůt recevoir chez soi,& d'y être obligés de se retirer dans une étable. Le Roi du mon

de dans l'entrée qu'il y fait, ne trouve personne qui le veuille retirer dans la maison. Mais cet évenement qui paroît étrange, arrive tous les jours & d'une maniere plus criminelle. La verité & lajul tice ne trouvent souvent aucun support, aucun soutien , aucun alyle parmi les

hommes. Personne ne se croit chargé Eccl.q.1. d'en entreprendre la défense. J'ai vu les

injustices & les calomnies qui se font fous le soleil, dit le Sage, les larmes des innocens, e que personne ne les consoloit. Les habitans de Bethléem en rebutant la Vierge rebuterent Jefiis-Christ même, & le priverent de l'honneur suprême de le recevoir chez eux. Il est vrai qu'ils ne le connoistoient pas ; mais ils ne laissoient pas d'être coupables de ce refas, parceque la Vierge & saint Toseph avoient des caracteres ti particuliers de sagesle, de bonté de fimplicité, qu'ils devoiént être discernés par tous ceux qui en auroient en l'amour dans le caur. On est de même souvent coupable d'avoir rejetté Dieu même & la justice en négligeant certaines bonnes @livres ; parce qu'encore qu'on n'en voye pas le fond & toutes les suites, on y voyoit assez de raifmus pour s'y engager,

fi n'eûr point eu le cœur corrompi par l'interêt &

par l'amour propre. Er en renonçant à ces æuvres de

on

charité que Dieu prélente , on se prive peut-être des moyens de son salur, que Dieu y avoit attachés. Dieu vouloit venir à nous par cette occasion de charité. En la négligeant on renonce à la visite de Dieu. Il faut demander à Dieu qu'il nous préserve de ces pechés qui attirent notre perte , & qui nous rendent inutiles les visites de Dieu, comme parle lul. 19 l'Evangile. 等等等等等等等等养羊羊羊羊著羊羊孝等辛辛

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LA NAISSANCE.

1. Jesus-Christ ne naît dans le mon. de

que pour naître dans les caurs. C'est la fin de son Incarnation. C'est lon delir. C'est notre unique bonheur: & ce qui eft terrible, s'il ne naît pas en nons, il naît contre nous. Or il ne naît en nous qu'en nous imprimant les dispositions qu'il a marquées dans les circonitances de la naissance remporelle. Elles sont toutes l'effer de son inclination & de fon choix. Il ne naît pauvre que parcequ'il méprise toutes les richelles de la terre. Il ne naît dans les souffrances, que parcequ'il est l'ennemi des plaisirs des sens. Il ne naît dans l'oubli & le rebut des hommes , que parcequ'il hair

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souverainement la vanité, l'enflure &
l'orgueil

. Il opere en quelque degré ces
dispositions dans tous les cours ou il nair.}
Quiconque donc ne les a point du tout,
& quin a point conçu le dessein de com-
battre les passions, n'a point conçu Je-

sus-Christ , & ne peut dire , qu'il lui fot In:. 2. né un Sauveur, comme l'Ange le dit aux bergers.

IL Il paroît aux sens & à l'esprit humain une grande disproportion entre une gro. te , une creche, des animaux , l'oubli & l'abandonnement de tous les hommes, & la grandeur du Roi du ciel & de la terre, qui fait son entrée dans le monde. Mais l'esprit éclairé par la foi y trouve une proportion admirable. Qu'est-ce qui convenoit mieux au deftructeur de la concupiscence que le mépris de tous les objets de concupiscence : L'homme est mal de de l'amont des plailirs, des honneurs, des grandeurs, & des richesses du monde. Ceit ce qui fait son malheur. Je lus - Christ vient pour le guérir de cette maladie pour lui faire connoître le néant de ces biens qu'il aime, & pour lui en proposer d'autres réels & solides. Quie pouvoit-il donc faire de plus proportionné à ce dessein que de s'en priver lui · inêine, & d'apprendre d'abord

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