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anx honumes par son exemple à les mém priser ? Nous n'arriveronis jamais aux vrais biens , qu'en suivant cette voie. L'amour des faux biens est un obftacle invincible à la poflession des biens véritables. C'est ce que Jesus Chrift nous apprend par l'état de fa naissance.

III. Les hommes conçoivent mal l'humi. lité de Jelus-Christ dans sa naissance & dans les autres circonstances qui l'accoinpagnent s'ils lui attribnent les mêines fenttimens qu'ils auroient dans un pareil état, & s'ils fiipposent que ces abandonnemens &ces rebuts des hommes lui étoient pénibles coinme ils le seroient à eux inệmes.. Cat comnie ces sentimens naîtroient en nous de l'amour que nous aurions pour les objets de notre concupiscence, il est impossible qu'ils ayent été de la même forte dans Jesus-Christ. Nous sentons le rabaissement à proportion de notre osgueil, la pauvreté à proportion de l'amour que nous avons pour

les richelles la privation des plaisirs & des aises du corps à proportion du desir que nous en avons. Tous ces fentimens font indignes de Jesus-Christ; parcequ'il n'aimoit rien de tout cela. Il sentoit seulement les incommodités réelles ; mais il étoit absolument insensible aux maux d'imagination.

avoit pour

Il n'avoit donc pas ces fortes de maux, mais il en avoit d'autres que nous reffentons bien peu. Tous les pechés des hom. mes lui étoient présens, leur ingratitude, leur malice, la corruption de leur canr, l'aveuglement de leur esprit. Il reflentoit tout cela à proportion de l'amour qu'il

la sainteté de Dien. Celt ce qui a occupé son esprit dès sa naissance: & c'est ce qu'il a pu considerer dans le mauvais traitement qu'il a reçu des hommes. Heureux ceux qui ressentent les injustices des hommes par rapport à Dieu, & non par rapport à eux ! Elles ne font rien par rapport à eux, puisqu'elles ne les privent que de biens qu'ils ne doivent point aimer : mais elles sont infinies par rapport à Dieu, parcequ'elles blessent la jnitice de Dieu qui est infinie.

grote.

JESUS, MARIE, JOSEP H

dans la

I Il n'y a point de contemplation plus

douce que de confiderer en ce tems facré ces trois personnes dans la grote. Toute la rerre vit dans un profond onbli de ce qu'ils y font, & ne pense pas même qu'ils soient au monde. Mais Dieu &

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fes Anges regardent ce sacré ternaire, comme tout ce qu'il y a de grand & d'excellent dans la terre, & regardent au contraire tour le reste du monde comme un néanr. Marie & Joseph oublient parfaitement le monde, & sont occupés, uniquement de ce Dieu présent à leurs yeux. Ce n'est point par des paroles, ni par des cris d'allegrelle que leur sacré commerce s'exerce. La Parole éternelle réduite au silence par l'ordre de Dieu , ne parle qu'au coeur de Marie & de Joseph. Et Marie & Joseph voyant devant leurs yeux le silence de cette Parole éternelle, n'osent le troubler par les leurs, & se contentent de demeurer devant lui dans une admiration interieure en suivant les mouvemens qu'ils ressentent, & s'y laissant conduire sans résistance.

I. L'homme s'imagine quelquefois qu'il ne fait rien quand il ne se reinue pas, & qu'il ne produit pas au-dehors des acrions éclatantes de zele & d'amour. Mais la parfaite pureté du caur ne va pas faire en tout teins de grandes choses pour Dieu. Elle va à faire précisément ce qu'il veut de nous dans l'état oli il nous mer.. On ne voit point dans la sainte Vieige de ravissemens ni d'extases. Ce sont des états ou Dieu met certaines ames qui

ont encore quelque chole à assujettir & à domter: mais rien ne resistoit dans la fainte Vierge à l'impression de Dieu. Elle agit selon qu'il la remue , sans faire aucune avance plus loin. Et rien ne nouis peut mieux servir que la confideration de la perfection de son état & de fon repos, pour retrancher la mauvaile activité & les emprellemens de l'amour propre.

III. On demande souvent des méthodes d'oraison proportionnées aux mysteres que nous honorons. En voici une qui ne peut être plus convenable. Il n'y a qna se tenir en esprit dans un coin de cette grotte en jouillant du spectacle de ce qui s'y palle. Jelus, Marie, Joseph y vivent dans un commerce muet & tout interieur. Adorons aussi en esprit les difpositions du Verbe incarné, & prions le qu'il verse dans nos cænrs quelque goutte de cette abondance de graces qu'il a versées dans le cæur de Marie & de Jafeph. Oublions tout le reste du monde, comme Marie & Joseph l'oublierent: & prions les qu'ils en éreignent l'amour & le souvenir dans nos cœurs, en nous ob. tenant d'êrre arrachés uniquement à Jesus-Chriil. Pour cela il n'est point nécefsaire de parler. Il n'y a qu'à le tenir dans cette grote en Glence en la présence de JESU s. Il verra bien ce qu'il nous faut, & il connoît bien mieux nos besoins

que nous.

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LA CIRCONCISION

I.
Esus-Christ sans peché reçoit par

la Circoncision la marque du peché. C'est une humiliation prodigieuse pour un Dieu qui est la pureté inêine. Mais il falloit qu'il s'y soumît pour marquer qu'il s'étoit chargé des pechés des hommes , & qu'il étoit venu pour les répaparer, non par puislance, mais par juftice, en prenant sur lui la peine qu'ils méritoient. Que li Jesus-Christ a dû se revêtir de ces marques du peché, combien sommes-nous plus obligés à nous en revêtir nous mêmes , c'eit-à dire, à nous reconnoître fincerement pécheurs ? Ceft-là le fondement de l'humilité, de la pénitence, & de la patience chrétienne; & au contraire tout l'orgueil , toute l'impénitence, & toute l'impatience des homines ne viennent que de ce qu'ils oublient qu'ils sont pécheurs, & qu'un pécheur comme pécheur doit se juger digne de toutes sortes de iniseres & d'ignoinįnies, selon qu'il est dit: Impro

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