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voulut de plus se mettre publiquement au rang despénitens , & faire une profession publique de pénitence ; le batême de faint Jean n'étant qu'une profesion publique que ceux qui le recevoient faifoient de vouloir purifier leur ame de leurs pechés par de dignes fruits de pénitence. Il n'avoit aucun peché propre à expier, & ainsi c'étoit une grande humiliation pour lui de se mettre à l'exterieur au nombre des pécheurs. Mais il étoit chargé des pechés de tous les hommes. Il les vouloit expier par une pénitence continuelle , c'est-à-dire, par une douleur continuelle, une souffrance continuelle, & enfin

par

la mort. C'est en cette maniere que Jesus-Christ est le premier des pénitens & le modelle de route vraie pénitence. Il en est l'auteur & le confommateur comme de la fui; & c'est de lui feul que nous la

II. Notre barême n'est pas un batême de pure pénitence comme celui de faine Jean, puisqu'il remet les pechés, ce que celui de saint Jean ne faisoit pas : inais c'est pourtant un barême de pénitence, puisqu'il doit en être précedé, selon ces

paroles de faint Pierre rapportées dans les 18.2. Actes des Apôtres : Faites pénitence,

que chacun de vous feit batisé au nom de

pouvons obtenir.

48.

Jesus Christ , pour obtenir la rémission de vos pechés, & qu'il nous engage à une pénitence continuelle pour tout le reste de notre vie: car le vieil homme y est enfeveli sous les eaux, selon Saint Paul, Rom. 6 mais ce vieil-homme enseveli n'y perd ** actuellement que la domination fur l'homme nouveau. La concupiscence , qui est ce vieil homme, ne laissant pas de demeurer vivante tont le reste de la vie, l'exercice continuel d'un Chrétien doit être d'y réflter, de la combattre, de l'affoiblir , de la diminuer. Or cela ne se fait que par une pénitence continuelle. On ne résiste à l'orgnieil qu'en s'huiniliant; à la sensualité,

qu'en se mortifiant ; à la curiosité, qu'en renonçant aux connoislances inutiles. C'est ce qui a fait dire au Concile de Trente, que la vie d'un ser: 147 Chrétien doit être une pénitence continuelle;

de Extra & le défaut de cette pénitence est la call- und. se ordinaire de l'affoiblissement & de la chute des Chrétiens.

III. Il ne fait pas penser qu'il y ait aucun état dans le monde qui ait droit de s’ex. emter de cette forte de pénitence. Ni les Rois, ni les sujets, ni les hommes, ni les femmes , ni les riches, ni les pauvres ne s'en peuvent dispenser. La maladie de la concupiscence étant une mala,

decret.

die génerale,

il n'y a personne qui ne soit obligé de câcher à s'en guérir, & de faire au moins ensorte qu'elle ne s'augmente pas, & qu'elle ne devienne

pas

plus
forte. Ainsi vivre sans pénitence, donner
à ses sens tout ce qu'ils defirent , s'éle-
ver dans le monde autant que l'on peut ;
c'est proprement la voie de l'enfer, par-
ceque c'est un moyen certain d'augmen-
ter la concupiscence, dont l'accroissement
tend directement à étouffer la charité
dans le cæur.
說著說著就業競業
LA FONCTION DE DOCTEUR
des hommes exercée par Jesus Chrift.

I.
I .

E Verbe de Dieu eft le Docteur im-
mediat de tous les hommes par

la nature même, parce qu'étant la verité & la sagesse, il faut que cette sagesse & cette verité se découvre à notre esprit, afin que nous la puissions connoître &aimer en quoi confitte la réformation de l'homme. Cependant comme il est de la nature de l'homme, ou du moins de l'état où il est tombé, que les connoissances des verités spirituelles soient précedées

d'une instruction exterieure qui frappe Heb.1.1,

les sens, Dieu s'étoit fervi pour cela dans

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l'ancienne loi, des Propheres, comme dit faint Paul. Mais ces Prophe res n'étant que des hommes , obscurcilloient ea quelque sorte cette instruction du Verbe sur les ames. On croyoit avoir appris de l'homme ce qu'on ne pouvoit avoir appris que de Dieu même. Ainsi le Verbe éternel & le Fils de Dieu a voulu exercer par

lui-même la fonction de Docteur non seulement interieur, mais aussi exterieur : & c'est ce qu'il a fait en se faifant homme, & en prêchant visiblement & effectivement aux hommes les verités du salut. Les paroles qu'il leur a dites & qu'il a fait écrire dans son Evangile', ont été les canaux divins par lesquels il leur a communiqué les veritės : & comme il n'a pas parlé seulement pour les hommes de son tems, mais pour ceux de tous les siecles futurs, il faut que les fidelles qui y naissent, regardent toutes fes paroles comme pleines de grace, & qu'ils prennent tous Jesus-Christ comme leur Docteur en toutes les manieres qu'il l'a voulu être , non seulement en ouvrant leur cæur à ses verités ; mais en s'attachant au moyen qu'il a choiG pour les leur communiquer, qui eft d'écouter avec soin les paroles de l'Evangile qu'il a prononcées exterieurement pour inltruire tous les hommes.

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II. Jesus-Christ pour fe préparer à inftruire les hommes, n'a point voulu rien apprendre d'eux ni par leur instruction, ni même par le cominerce & par l'experience. Il s'est occupé pour cela jusqu'à trente ans au métier de charpentier dans une bourgade peu connue. Ainsi l'on avoit tout sujet de s'étonner qu'il parlât avec connoislance de ce qu'il n'avoir point appris. Cependant cet homme deftitué de toutes les instructions des hommes , leur propose d'abord ce qui n'avoit jamais été proposé par aucun homme. Il leur enseigne une doctrine infiniment plus relevée, plus raisonnable, plus suivie, que cont ce que les Philosophes avoient produit au inonde. Il leit parle un langage fi divin, li saint, liéloigné de toutes les passions humaines , que jamais les hommes n'avoient rien conçu de pareil. Il prend la voie unique de faire une impression raisonnable sur la multitude, qui est de l'instruire avec autorité, & sans prétendre la perfuader par des raifonnemens humains, mais en s'attirant cette autorité par des miracles certains & visibles. Ainsi en considerant bien le choix de ces moyens , on est forcé d'avouer que de tous les miracles que Jelus-Chrilt a faits en prêchant l'Evangiles

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