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L'EUCHARISTI E.

1.
Elus - Christ prêt de consommer sa

vie voyagere , ayant réservé exprès à la fin les plus grans effets de fon amour, après avoir accompli la Pâque légale pour terminer l'ancienne loi , voulut substituer la verité figurée aux figures par lesquelles elle avoir été representée;la manducation du vrai Agueau à celle de l'agneau figuratif, & l'impiolation de ce vrai Agneau au facrifice de l'agneau pasca!. Il executa ce grand dellein d'une maniere digne de Dieu. Il ranoigna : les Disciples un delix ardent d'accomplir ce principal de nos myfteres. J'ai defiré avec axdeut, leur dit- Luc: 25 il, de manger cette Pâque avce Dous. Jarnais "s: il ne leur parla plus hautement de cette union ineffable qu'il defiroit avoir avec eux. Mais comme c'eft le propre de Dieu de faire fes phis grandes cuvres d'une maniere fimple , fans, les relever par la pompe des paroles, sans en dire les raisons lans en marquer les fuites , fans en éclaircir les difficultés ; afin d'humilier l'homme,& d'élever les fideles à l'intelligence de ce mystere par le degré de la foi , il pratiqua adınirableinent certe conduite

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dans l'institution de l’Eucharistie. Il voyoit tous les effets de grace qu'il des voit operer dans le cæur des fideles par ce myitere; celt-à-dire qu'il voyoit qu'il alloit établir le principal moyen de la fanctification des ames. Il voyoit tous les sacrileges & toutes les profanations que les mauvais Chrétiens en feroient; c'est-à-dire, qu'il voyoit que l'abus de ce mystere feroit un des principaux sujets de la condannation des réprouvés. Il ne dit rien de tout cela. Il voyoit toutes les herefies qui s'éleverojent,contre tous les efforts que la raison humaine feroit pour le détruire. Il ne se met point en peine de les prévevir. Cest qu'il savoit bien que malgré tous ces efforts, il le feroit croire par toute la terre: & il a jugé plus digne de lui, de triompher de la raison humaine par la sim. plicité de ses paroles soutenues par la force de la grace , que par des précaucions humaines & étudiées. Faites , Seigneur, que la simplicité de vos æuvres & de vos paroles ne les avilisse jamais à nos yeux, & que nous reconnoillions d'autant mieux la grandeur de vos myfteres dans ces paroles simples par lesquelles vous les expriinez, que cette maniere de parler est plus digne de vous , & plus éloignée de l'esprit humain qui fait toujours des efforts pour se relever dans la baflelle.

les

II. Mais il ne laisse pas d'être permis à la foi de tâcher de pénetrer dans les fins de ce inyítere , puisque Dieu veut que l'intelligence en soit la récompense. Si vo145 ssai. 7 me croyez, dit-il par un Prophete , vous felon n'aurez point l'intelligence

. Ce moyen que Jelus-Christ a choili pour témoigner lon amour aux hommes & pour operer leur salut, est véritablement au dessus de leurs pensées, &jainais ne leur seroit venu daus l'esprit. Mais il n'a rien néanmoins que de digue de Dieu, de proportionné à sa charité infinie, & qui ne tende directement à nous faire comprendre la fin de l'Incarnation. Dieu veut être uni aux hommes d'une union ineffable & incomprehensible, être le principe de toutes leurs pensées & de tous les mouvemens de leur cæur d'une maniere quiapproche de celle avec laquelle le Verbe s'est uni à la nature humaine. Il veut que cette union se fasse par Jesus-Christ incarné, & il ne nous en a pu donner une idée plus vive , qu'en voulant que ce J E SUS incarné s’unît à nos corps & à nos amnes par le moyen de ce mystere, qui est ainsi le gage & la plus vive figure de l'union éternelle que Dieu prétend avoir avec les élus par le moyen de son Fils,

III. Ceft par cette fin de l'Educharistie qu'il faut juger du crime de ceux qui reçoivent Jesus-Chritt dans un caur vuide de l'amour de Dieu , & plein de celui du monde. Car ce mystere étant le facrement de la charité de Dieu envers l'homme,& de l'union qu'il veut avoir avec lui, quiconque le reçoit sans amour, déclare à Dieu qu'il ne se soucie pas de son amour; qu'il renonce au dessein de l'Incarnation; qu'il n'y veut point avoir de part ; qu'il mer son bonheur à s'unir par amour aux créatures & non pas à s'unir à Dieu. Ainsi il n'est pas étrange que l'Apôtre le déclare coupable de la protanation d# corps & du fang du Seigneur ; c'est-à-dire , d'avoir rejetcé & rendu inutile l'immolation de ce corps & de ce fang, & le don qu'il nous en à fait dans l'Eucharistie pour les unit à nous par le moyen de ce myftere. C'est proprement là refuser que Dieu regne sur foi ; & lui préferer son ennemi; & c'est là ce qui fait l'énormité de ce crime. On vid

cette disposition dans les Juifs à l'égard de Luc. 19. Jesus-Christ lorsqu'ils dirent: Nous ne vou,

lons point que celui-ci soit notre Roi.

i. Cor.

11:27

L'AGONIĘ DU JARDIN.

I. Nous ne savons que l'exterieur de ce

qui se parla dans ce jardin. Le fond nous en est inconnu. Nous savons

que Jesus Chrift y voulut être frappé de l'image de quelque chose de bien terrible qn'il appelle son calice ; qu'il y pria fon Pere de l'exemter de le boire ; qu'il y fournit néanmoins sa volonté à celle de son Pere ; qu'il accepta ce calice si son Pere ne l'en vouloit pas dispenser ; que l'imprellion en fur si vive & fi violente qu'il en eut une sueur de fang ; qu'un Ange lui apparut pour le consoler & le fortifier ; & enfin qu'il tomba dans une espece d'agonie, c'est-à dire, de combat interieur. Voilà, comme j'ai dir, l'exterieur de ce qui se passa. Mais qu'ily & de choses que nous ignorons ; Et que l'ame de Jesus-Christ y pouvoit bien avoir d'autres objets que ceux qu'on lui attribue d'ordinaire ! Plusieurs Peres ne se sont arrêtés qu'à l'idée de la mort & des tourmens de la croix, & ont cru que la deinande que Jesus-Christ fit à fon Pere, qu'il éloignât de lui ce calice, n'étoit autre chose qu'une répugnance

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