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13.

у à des Auteurs qui divisent les Dieux en trois Clafses seulement : ceux que les Poëtes ont inventés, sont dans la premiere ; ceux-des Philosophes occupent la seconde ; & ceux des Legislateurs & des Politiques, la troisiéme (a).

11. D'autres divisoient le ciel en seize demeures , & plaçoient des Dieux dans chacune (b), appellant ä(wy01 ceux qui n'étoient renfermés dans aucune de ces Spheres.

12. Ciceron (1) diftribue tous les Dieux en trois Classes ; la (:) De Legib. premiere est celle des Dieux Celestes , qu'on peut appeller Liv. 2. ausli Majorum Gentium Dii : la seconde est celle de ceux que leur merite a élevés à ce rang, & qu'on peut appeller les demi-Dieux & les Indigetes; la troisiéme est celle des Vertus, qui nous élevent jusqu'au Ciel, & qui ont été elles-mêmes divinisées.

Varron foutenoit qu'il y avoit des Dieux connus, & des Dieux inconnus, & il reduisoit à ces deux Classes tous ceux de la Gentilité. Dans la premiere étoient ceux dont on sçavoit les noms, les fonctions, &c. comme, le Soleil , la Lune, Jupiter , Apollon, & les autres. Dans la seconde étoient placés ceux dont on ne sçavoit rien d'affùré, & ausquels on ne laissoit pas d'élever des Autels , & d'offrir des Sacrifices. Le Philosophe Alboïcus (2) regardoit les sept Planetes, com- (2) De Imag: me les sept premiers Dieux du Paganisme , qu'il arrangeoit dans cet ordre, Saturne, Jupiter , Mars, Apollon, Venus , Mercure & la Lune. Pausanias (c), Ciceron, Hesychius , & plusieurs autres Auteurs , parlent des Autels élevés aux Dieux inconnus; & l'on voit dans les Actes des Apôtres que S. Paul dic aux Atheniens : Ayant en pasant un Autel consacré au Dieu inconnu , arreção Oi, je viens vous précher celui que. vous adorez sans le connoître. C'étoit Epemenidès, ce grand Prophete des. Cretois , qui avoir été l'auteur de cette superstition. Consulté par les Atheniens comment ils pourroient appaiser les Dieux, & faire cesser la peste qui ravageoit leur pays, il repondit qu'il falloit laisser aller dans les champs des brebis noires, & les faire suivre

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des Prêtres

pour

les im

Deor.

(a) Varron & Scevola , apud Aug. de Civitate Dei. L. 4:
(6) Martianus , voyez Lylio Geraldi, Synt, 10.
(c) Rausanias in Eliacis, anno'swn Oswv Bwege's, Deorum ignotorum aras:

trept.

moler dans les lieux où elles s'arrêteroient ; & c'est depuis ce temps-là, comme le remarque Diogene Laerce , que l'on voyoit dans la campagne plusieurs Autels élevés aux Dieux inconnus (a); c'est-à-dire, depuis la vingt-septiéme Olympiade, selon cet Auteur, ou la quarante-deuxième si nous en

croyons Suidas. (1) In Pro

14. Clement d'Alexandrie (1) a cru pouvoir renfermer tous les Dieux du Paganisme dans sept Classes. Il met dans la premiere les Aftres ; dans la seconde les Fruits de la terre , & les Dieux qui y president, Cerès , Pomone, Vertumine, Bacchus, &c. La troisiéme comprend les Dieux des peines & des châtimens, comme les Furies, & quelques autres. Il plaçoit dans la quatrième les Dieux des passions & des affections, tels que l'amour, la pudeur , &c. Les Dieux des vertus, comme la Concorde, la Paix, &c. formoient, selon lui, la cinquiéme Classe. Les Grands Dieux, qu'on nommoit Dii Majorum Gentium, n'occupoient que la sixiéme. Enfin: les Dieux Salutaires, conime Esculape , Hygieia , Telefphore, & quelques autres, étoient ceux de la septiéme.

15. Jamblique Philosophe Platonicien divisoit les Dieux (2) De Myft. en huit Classes (2). Il mettoit dans la premiere les Grands Seite 2, c. 1. Dieux, qui invilibles de leur nature, fe trouvent dans toutes riels , & 1ooo, ou materiels , occupoient la premiere; & ceux qu'ils appelloient Mondains , ou Supramondains , la seconde.

les parties du monde ; c'est-à-dire sans doute, cet Esprit universel dont nous avons déja parlé. Des Esprits Superieurs, qu'il nommoit Archanges, occupoient la seconde. D'autres Efpries d'un rang inferieur, les Anges , formoient la troisiéme. Dans la quatrième étoient les Demons. Ceux qu'il appelle Archontes Majeurs, c'est-à-dire , les Genies qui presidoient sur le monde sublunaire & sur les élemens, étoient dans la cinquiéme; & les Archontes Mineurs, dont le pouvoir ne s'étendoit que sur la matiere grosiere & terreftre, dans la fixiéme. Les Heros formoient la feptiéme ; & enfin les ames des hommes mis au rang des Dieux, la huitiéme & la derniere. Voyez là-dessus le Chapitre fuivant. - 16. D'autres Philosophes de la même Secte renfermoient tous les Dieux du Paganisme, ou si on veut tous les Genies, dans deux Classes. Ceux qu'ils nommoient düros, immate(a) Ex eo tempore per agros Atticæ, aræ fine nomine Dei vifebantur. Diog. Laert.

riels,

17. On assure que Mercure' Trismegiste admettoit trois Classes de Dieux. Dans la premiere étoient ceux qu'il nommoit Celestes ; dans la seconde les Empyrées, & dans la troifiéme les Etherées. Ce celebre Auteur , dit-on, avoit composé mille volumes fur les Dieux de cette premiere Classe, & cent fur ceux de chacune des deux autres.

18. On divisoit encore les Dieux, en Dieux Publics, & en Dieux Particuliers. Les premiers étoient ceux dont le culte étoit établi , & autorisé par les Loix. Les seconds, ceux que chacun choisissoit pour être l'objet de son culte. Tels étoient les Dieux Lares, les Penates, & les Ames des Ancêtres , qu'il étoit permis à chaque particulier d'honorer comme il vouloit.

19. La division la plus generale, est celle qui partage les Dieux, en Dieux naturels, & en Dieux animés. Par les

premiers on entend les Aftres & les autres Etres Physiques ;

; par les seconds , les hommes qui par leurs belles actions meritorent les honneurs divins. Cependant elle ne renferme pas encore tous les Dieux, puisque ces Genies de differens ordres dont nous venons de parler après Jamblique , ne s'y trouvent pas.

20. La derniere enfin, & en même temps celle que je suivrai en parlant des Dieux des Grecs & des Romains , est celle qui les divisoit en Dieux du Ciel, en Dieux de la Terre, & en Dieux de l'Enfer.

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CH A P I TRE V I.
De la Nature des Genies ou des Demons.
Ous avons rapporté dans le premier Chapitre de ce

Livre , les sentimens des Philosophes sur la Nature des Dieux ; dans le second & dans le troisiéme ce qu'en pensoient les Poëtes & les Historiens. On a dir dans le quatriéme qui étoient ceux qui passoient pour être les Enfans des Dieux. Dans le cinquiéme on a vû la Division des Dieux en plusieurs Classes. Il faut maintenant examiner ce que quelques Philosophes entendoient par les Genies, ou par les Demons.

Les Philosophes Platoniciens des derniers temps du Paganisme , attachés à la Magie Theurgique , qui , selon eux, éles voit l'ame à la plus fublime speculation, & la mettois en état de contempler la Divinité elle-même avec laquelle elle l'unissoit de la maniere la plus intime, ainsi que nous l'avons dit dans le Livre précédent , donnerent cours à l'opinion qui enseignoit qu'il y avoir des Genies ou des Demons, dont le pouvoir s'étendoit fur le bas monde , & en particulier sur l'homme. Porphyre, le plus celebre de ces Philosophes, écrivit une longue Lettre à Anebo Prêtre Egyptien, pour lui demander des éclaircissemens fur les matieres les plus importantes de la Religion , & en particulier sur celles de ces Genies. Jamblique fon disciple sous le nom d'Abamon, autre Prêtre Egyptien, & le maître d’Anebo, repondit à cette Lettre ; & c’est cette réponse qui fait la matiere du Livre des Mysteres de cet Auteur.

Comme la Lettre de Porphyre n'est qu'une consultation, ce Philosophe n'y fait pas toujours entendre ce qu'il pense; car voulant ménager la delicatesse d'Anebo, qui regardoit toutes les questions qu'il lui propose comme des myfteres de Religion, il semble ne les lui faire que pour s'en éclaircir

. Je n'ai besoin pour

de ce qui regarde les Genies; ainsi laissant les autres sujets qui sont traités dans cette Lettre, je dis que Porphyre, sans trop se déclarer, nous y apprend bien des particularités sur la Nature de ces Esprits, & sur les

le present que

effets qu'on leur attribue. Dabord, dit-il, on ne doit point établir leur fejour dans l'Æther, ou cer air pur qu'habitent les Dieux, mais dans un air plus grossier, ou dans le globe même de la terre. Il n'ofe pas même artribuer aux Demons toutes les impoftures & les mauvaises actions qu'on met fur leur compte, & dont ce Philosophe est justement choqué ; mais ne voulant

pas

fe declarer ouvertement contre une opinion reçue, il avoue qu'il y a de bons Genies,

quoiqu'il soit persuadé en même temps qu'en general tous les Demons ont de l’impudence & de la folie.

Après avoir distingué les Demons & les Dieux, en ce que ceux-là ont des

corps,

&

que ceux-ci n'en one point, il demande à Anebo si les hommes qui prédisent l'avenir, ou qui produisent quelqu'autre effet merveilleux & extraordinaire, doivent en regarder leur ame, ou ces Intelligences, comme la caufe : mais il décide lui

même la question, & paroît perfuadé qu'il faut attribuer ces effets à ces Genies ; ce qui lui fait dire que quelques perfomes croyent qu'il y en a d'un certain ordre qui entendent nos prieres, mais qui après tout ne sont propres qu’à imposer & à feduire ; que ces Esprits prennent toutes fortes de formes , fe changent en differentes figures , & imitent les Dieux mêmes , les Demons , & les ames des morts : que ce sont ces Esprits qui operent tout ce qu'il y a de mauvais , fans produire rien de bon ; qu'ils donnent de mauvais conseils , s'opposent de tour leur.pouvoir aux bonnes actions, & ont une haine marquée pour les perfonnes vertueuses; qu'ils aiment l'odeur de la chair & du fang des animaux, & qu'ils fe plaisent à être flattés. Il parle enfin de toutes les autres impostures de ces Esprits malins qui fone illusion aux hommes, soit qu'ils veillent ou qu'ils dorment. Cette Lettre est écrire avec art, & on ne peut pas

douter que Porphyre ne s'y declare contre l'existence & le

pouvoir de ces Genies dont il parle. Cependant il paroît en quelques endroits qu'il en admet, & que ce n'est pas toujours le fentiment des autres, mais le fien qu'il expose, ainsi que le dit S. Augustin , qui a fait l'analyse de cette Lettre (1). Que les (!) De Civ. s hommes faffene des menaces aux Dieux, que ces menaces c. 11. les épouvantent, & les reduisent à faire ce qu'on desire,

Dei. Lib. 10.

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