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xaminer attentivement les effets qui resultent de chaque operation. La boule de Verre grostissant les objets , servira comme de Microscope, pour observer plus distin&tement les divers changemens qui arriveront au Mercure dans chaque operation.

I. Il sera facile d'examiner la rondeur spherique des Tourbillons, & sur-tout des plus petits, qui feront rendus sensibles sous la figure du Mercure ; l'applatissement & la compression que louffrent les plus grands ; & l'équilibre qui regne entre tous.

II. On pourra observer qu'en fécoüant la boule , un feul Tourbillon de Mercure se rompt sans peine en cent autres, qui commencent à se réunir, lorsque le mouvement qui a causé leur feparation, vient à cesser.

III. "On aura lieu d'examiner par quelle Mecanique un petit Tourbillon compris entre deux grands, a aflez de force pour les contrebalancer,

IV. Pourquoi lorsqu'il survient quelque mouvementy le petit Tourbillon s'incorpore très-promptement à l'un des deux grands qui le comprimoient , & va rapide ment s'enfoncer jusqu'à son axe.

V. Pourquoi il arrive quelquefois , mais plus rare. ment, que le petit Tourbillon fe glisse avec une grande vîtesse entre les deux grands qui se réunissent, & fouvent s'incorporent à cette occasión.

VI. D'où vient cer ordre uniforme, suivant lequel les Tourbillons de Mercure de differens volumes, viennent

ranger autour de leur centre commun, lorsqu'on les fait tourner en rond.

VII. Quelle pourroit être la cause de ces bouillonemens & tournoyemens rapides des corpuscules du Mercure, que l'on remarque facilement sur les grands Tourbillons vers leurs poles qui sont dans le milieu de leurs surfaces après qu'on les a agitez, ou en rond, ou en divers fens.

VIII. Enfin je fuppose que l'on examinera toutes ces particularitez & autres, avec les yeux d'un Phyficien

fe

S s III.

qui raisonne ayant l'experience , qui raisonne encore après, & qui ne s'en tient pas à une seule ; car une seule pourroit séduire : Que sur toutes choses, on aura bien égard à l'imperfection des Tourbillons du Mercure, à leur pesanteur, à leurs frottemens contre les parois du Verre, à la résistance de l'Eau qui les inonde, à la groffiereté de leurs parties integrantes ; en un mot aux differences infinies qui distinguent un fuide très-imparfait, de celui dont tous les autres doivent emprunter & leur Auidité & leur force. Peut-êçre qu'après cela on ceffera de traiter de chimeriques les Tourbillons grands & petits , dont des Auteurs très-illustres nous ont donné les premieres idées.

M Ais il ne suffit pas d'avoir representé aux yeux imNotion des parfaitement, sous une image sensible, les Tourbillons forces centrifu. de l'Ether, il faut en prouver la réalité : Et avant toutes ges des Tourbil- choses il est nécessaire de se former une idée juste de ce Lons.

que l'on appelle Force centrifuge.

C'est l'effort avec lequel un corps tend à s'écarter du centre d'un cercle qu'il décrit. La force centrifuge dur Tourbillon, dans un de ses points physiques, est celle qu'il a pour s'écarter du centre de ce Tourbillon. Rendons cela sensible par un exemple.

Une pierre que je fais circuler avec une fronde , tend à chaque instant à s'échaper par la qu'elle décrit ; & c'est par

cette tangente qu'elle s'échappe en effet. Mais de plus (& c'est en quoi consiste sa force centrifuge) elle fait effort contre ma main pour s'en écarter à chaque instant, dans la direction de la corde qui la retient.

Si je diminųë la vîtesse circulaire , sans diminuer la longueur de la corde , il est clair

que

la force centrifuge diminuëra. Si au contraire je diminuë la corde fans changer la vîtesse circulaire, il est évident

que

la force centrifuge augmentera. Ainfi en supposant qu’uin même corps, ou des corps

égaux

tangente du cercle

* Art. 71

égaux (car on a coutume de supposer des corps égaux,
lorsque l'on compare les forces centrifuges ) font leurs
revolutions avec des vîtesses égales ; il est évident que
les forces centrifuges augmentent, lorsque les distances
aux centres diminuent ; & qu'au contraire les forces cen-
trifuges diminuent , lorsque les distances aux centres
augmentent.
Ce que je viens de

prouver

ici

par de simples raisonnemens, est une suite évidente du Principe III. des Loix du choc *, lequel est démontré dans plusieurs ouvrages entr'autres à la fin de la Recherche de la verité, de la der: niere édition.

J'aurai lieu d'expliquer & d'étendre ce Principe dans les Traitez suivans, où il sera souvent employé. Dans celui-ci la simple notion des forces centrifuges que je viens de donner, doit suffire au Lecteur ; & il s'agit de l'appliquer dans le reste de ce Traité, aux corpuscules de la matiere qui produit le ressort. DEux corps homogenes à ressort parfait, ou presque IV. parfait, qui se font choquez directement avec des forces Les corpuschégales , rejaillissent avec forces égales, ou presque éga- les du fluide qui les , & toujours proportionnelles à leurs forces primiti- produit le resves , en quelque point qu'ils se choquent, & quels que de très-petits soient d'ailleurs leurs volumes , ou les rapports de leurs cercles avec une volumes. Ils ont donc une égale force élastique dans tou- très- grande via tes leurs parties sensibles.

tele. C'est pourquoi la matiere subtile qui produit cette force, agit également en tous les sens. Elle ne tend donc pas plus vers l'Orient, que vers l'Occident, vers le Zenith, que vers le Nadir. Si elie circuloit d'Orient, par exemple, à l'Occident, avec beaucoup plus de vîtelle que

la Terre , elle emporteroit dans son cours rapide un corps élastique, qu'elle traverseroit avec cette vîtesse. Car quoique par sa fuidité naturelle elle dût dans ce cas, traverser les pores

fans

у résistance ; elle communiqueroit cependant aux parţies

E

de ce corps,

trouver aucune

soit par

foit par

de la malfe de ce corps, au moins une partie de la force avec laquelle elle les choqueroit : De la même maniere que

le vent ou l'Air agité traverse des toiles, qui neanmoins reçoivent l'action du vent, & la communiquent à la machine d'un Moulin , ou au corps

, ou au corps d'un Vaisseau. Mais supposons pour un moment, que toute la matiere subtile qui est dans un corps élastique, le traverse avec beaucoup de rapidité, en allant, par exemple, de l'Orient vers l'Occident : Lorsque ce corps sera choqué à la partie Orientale , comment fon ressort pourra-t-il se débander ? Le point du contact qui a été poussé vers l'Occident dans la compression, doit être repoussé vers l'Orient dans le tems de la restitution. Pourroit-on attribuer la cause de ce dernier mouvement à la matiere fubtile , qui dans cette supposition est dirigée vers l'Occident, soit son mouvement propre,

par le mouvement du point du contact ?

Quelque supposition que l'on fasse , les corpuscules de la matiere subtile qui produit le resfort, n'auront pas un mouvement direct dans le même sens. Mais ont-ils un mouvement direct dans tous les sens ? Sortent-ils d'un corps élastique par tous ses pores, en s'éloignant de son centre de gravité avec toute la force indétinie qui leur convient ? Non, sans doute , puisqu'ils doivent être en équilibre avec ceux qui enveloppent ce corps , & le compriment. Ils tendent donc seulement à sortir de ce corps ; & ils n'en sortent pas en effet, si ce n'est à l'occasion de quelque choc, ou de quelque changement exterieur.

Or cette tendance, qui est toujours conftante & uniforme , ne peut être que l'effet d'un mouvement circulaire : C'est la force centrifuge qui résulte de ce mouvement. Ainsi ces corpuscules doivent décrire de très petits cercles, & ils doivent les décrire avec de trèsgrandes vîtesses , pour remplir tous leurs mouvemens, & former ensemble des forces capables de contrebalancer les plus grandes qui soient dans l'Univers.

Si ces principes revoltent l'imagination, c'eft parce que les

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fens ne lui offrent pas d'objets qui fassent leurs revolutions
dans de si petits cercles avec tant de promptitude. Mais ce
ne font ni les sens ni l'imagination, qu'il faut consulter dans
la recherche des veritez. C'est l'esprit pur lui seul qui doit

i com l'esprit pur voit clairement que les cor-
puscules de l'Ether étant très-petits de très-agitez , peuvent
& doivent faire leurs revolutions aussi facilement dans un
petit cercle, que dans un grand.

A l'égard des mouvemens circulaires , on en trouve des exemples sensibles dans les fluides agitez : Ces mouvemens font communs dans la Nature. On en voit sur les Mers de Jur les Rivieres. Le Feu en produit de très-grands dans les liquides. L'Air pousé en divers sens , tourne en rond avec la pouffiere qu'il entraine dans son cours. Le fluide qui envisonne la Terre , la fait non seulement tourner * sur son * Je m'exprimo contre en vingt-quatre beures ; mais outre cela lui fait par- toujours dans courir chaque année plus de deux cens millions de lieuës, ces Traitez, dans une orbite à peu près circulaire

. Saturne & Fupiter (ces suivant l'idée corps mille fois plus gros que la Terre ) leurs Satellites & toutes les autres Planetes, emportées par un fluide dans des orbites qui approchent assez du cercle, font leurs revolutions suivant des regles invariables (a). LEs mêmes raisons qui prouvent que les corpuscules de la mariere subtile, doivent décrire des cercles, prouvent aufli qu'ils doivent former des spheres très-fluides, subtile eft comou des Tourbillons de toutes sortes de grandeurs ; des posée d'une infi

de Copernica

corper 'aurea Mais es orteni-1

(a) Les tems des revolutions de deux Planetes qui tournent autour billons , d'un même centre étant connus ; on a deflors le rapport de leurs distan- Spheres très-flui. ces à leur centre : Et cela par une regle qui depuis un fiecle qu'elle est des, de toutes connuë par les Observations de Kepler, s'est toujours trouvée conforme fortes de granaux Observations de Mrs Cassini e des autres Astronomes , & qui eft deurs , qui se une suite évidente de mes Principes, comme j'espere le faire voir ail- contrebalancent leurs. Il suffit , par exemple, que l'on sçache que la Terre fait envi, par leurs forces ron trente revolutions autour du Soleil, pendant que Sarume en fait centrifuges. une seule ; on en conclura par la regle de Kepler (qu'il ne s'agit pas d'expliquer ici) que Saturne est environ dix fois plus éloigné du Soleil

E ij

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Hennie

V.
La matiere

ou de

Hoivent orps, di rtir de a

à l'occa nt ex optance uvemei lre de a décrire i e avec

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que la Terre.

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