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corps à ressort parfait , sont exactement spheriques.

Chaque pore contient un ou plusieurs Tourbillons; & les pores communiquent entr'eux & au dehors par plusieurs canaux qui doivent être assez étroits, pour ne donner passage à aucun autre fluide , qu'à la matiere subtile: Et c'est de la principalement que dépend la perfection des ressorts.

Les tourbillons inondent de toutes parts les parties du solide , & par leurs forces centrifuges leur donnent de la consistance, & les unissent ensemble. Quand les particules grossieres, dit M. de Fontenelle *, sont en repos les * Dans l'Hist: unes auprès des autres, & se touchent immediatement i elles de l'Academie, sont comprimées en tous sens par les petits Tourbillons qui les Année 1715. environnent , & ausquels elles ne résistent par aucune force i po 110 & de vient la dureté des

corps. Je ne repete pas ici ce que j'ai dit dans les Loix du choc *, * Art. 34.8354 touchant la dureté des corps , & la promptitude des resforts. On doit voir que je n'y ai rien dit que d'exact , & on le verra encore mieux dans les Traitez suivans.

Les parties integrantes des corps à ressort , sont ellesmêmes de petics corps à ressort, lesquels ont encore leurs parties integrantes : Ces secondes parties integrantes (s'il m'est permis de m'exprimer ainsi) ont encore leurs pores, leurs canaux, leurs Tourbillons, toutes ces choses proportionnées à leur petitesse: Ces secondes parties sont composées de troisiémes parties integräntes, &c. Car puisque l'on m'a accordé des corpuscules, soit solides, soit Auides, divisibles à l'infini, je ne pense pas que l'on puisse me contester un corps mixte, partie solide, partie Aui. de, en un mot un corps à ressort qui soit divisible à l'infini ou à l'indéfini, en d'autres petits corps à resm fort.

Je pourrois ajoûter quelques traits à cette description, qui est fort refsemblante à celle de la Piece qui a remporté le Prix : Mais je ne crois pas en oublier aucun qui soit essentiel , ou auquel il ne soit facile de suppléer avec un peu d'attention,

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F

II.

L ne peut arriver de changement dans les parties foliChangemens I des d'un corps élastique, que les petits Tourbillons qui qui arrivent

sont cachez dans ses pores , ne changent aussi de figure aux petits Tourbillons , lorsque & de volume : Soit qu'ils s'applatissent en forme de Ipheles corps qui les roïdes elliptiques, vers les parties qui sont les plus comcontiennent font primées, & s'allongent dans les autres : Soit qu'ils se di. comprimez.

visent en plusieurs Tourbillons plus petits.

I. Concevons qu'un petit Tourbillon étant comprimé dans quelque corps élastique à l'occasion du choc, prenne la figure du pore qui le contient ; c'est-à-dire , qu'il devienne à peu près un spheroïde elliptique, de sphere qu'il étoit auparavant: Un corpuscule qui passera par l'extremité du petit diametre du spheroïde, n'aura pas moins de vîtesse pendant le tems de la compression, qu'il en avoit dans l'instant qui l'a precedé. Il sembleroit même qu'il devroit en avoir davantage, par la même raison, que les endroits du lit d'une riviere qui font les plus étroits, sont ceux ou l'Eau coule avec plus de rapidité. Mais quoiqu'il en soit, il est clair

que

la pression, dans le cas que j'examine ici, ne diminuë pas la vîtesse du corpuscule, & qu'elle diminuë fa distance

au centre de la circulation. D'où il s'enfuit évidemment *V. Chap.IV. * qu'elle augmente la force centrifuge. Ainsi cette force 'Art. III. augmente dans le sens que le Tourbillon est applati ; &

il est facile de prouver qu'au contraire elle diminuë, dans le sens qu'il est allongé.

II. Concevons que la compression soit assez considerable

pour rompre un petit Tourbillon , & le séparer en plusieurs autres : il sera facile de faire voir en raisonnant toujours sur les mêmes principes, que la force centrifuge des corpuscules qui circulent sur la surface de chaque petit Tourbillon, ne sera pas

pas moindre

que

celle des corpuscules qui circuloient avant la compression sur la surface du Tourbillon, dont ceux-ci étoient les parties.

Ainsi de quelque maniere qu’on le prenne, il est clair que la force centrifuge des Tourbillons augmente dans le sens

que leurs diametres diminuent, & qu'elle diminuë dans le sens qu'ils augmentent.

com

ز

C'est le sens * du Corollaire I. de la Proposition VI. *V. Loix du J'ai dit à la fin de l'Avertissement qui la precede, que choc. Art. 30. i’Article 30. me suffisoit pour résoudre la question proposée ; c'est ce qu'on va bientôt voir *. J'ai ajoûté dans le * Art. IV, même Avertissement, qu'il est facile de prouver l'Article 30. par par l'Art.

7. Mes Juges l'ont vû d'abord. La plûpart des Lecteurs auroient pû y trouver des difficultez: J'ai crû devoir les applanir. Mais j'espere mettre encore tous ces Principes en un plus grand jour, dans un Traité qui est destiné pour la Proposition VI. & celles qui y ont rapport. Lorsque deux corps à ressort se choquent, ils se com- III. muniquent leurs mouvemens primitifs successivement Lamatiere fuba dans un tems très-court. Ainsi les pores doivent succes- tile fort des corps fivement s'applatir dans le sens qu'ils sont comprimez; du Choc, & s'allonger dans l'autre : Ils doivent continuer de s'al du choc , sans

faire aucune réa longer & de s'applatir jusqu'à l'instant précis que les sistance, par un deux corps, après avoir perdu toutes leurs forces pri- effet de la flui mitives par ces compressions mutuelles , ayent leurs res- dité naturelle. sorts entierement bandez. Cependant la matiere fubtile, par un effet de la fluidité naturelle, doit ceder au mouvement qui lui est communiqué, & à mesure qu'il lui est communiqué, ou (ce qui revient au mêmes à mesure que les pores changent de figure.

Pour prévenir une objection que l'on pourroit me faire, je prie le Lecteur de remarquer , que je dis ici, & dans les Loix du choc, suivant mes Principes , que la matiere fubtile sort des

corps solides sans aucune résistance dans le tems de la compression. D'ou il s'ensuit qu'aucune partie de la force primitive du choquant , n'est employée à chasser la matiere subtile du choqué. La force primitive d'un corps est employée à pousser successivement dans sa direction les parties solides de l'autre corps : Elle у est employée toute entiere , lorsque les reffores de deux corps sont parfaits, comme on le suppose ici.

Il sort des corps qui se choquent quelques corpuscu

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mêmes corps,

ma

les de matiere fubtile , & il en fore plus ou moins des

suivant

que

leurs parties solides sont plus ou moins comprimées. Mais encore une fois, il ne se fait aucune dépense de force pour faire sortir cette matiere; parce qu'elle est parfaitement fluide.

Lorsque vous vous promenez , vous poussez devant vous la matiere subtile, da des pellicules , ou de petits floccons, je veux dire les parties propres de l'Air. Ces petits floccons ou pellicules vous font quelque résistance, sur-tout s'ils sont agitez dans un sens contraire à votre direction, c'est-à-dire , lorsqu'il fait du vint, & qu'il vous est contraire. Mais la matiere subtile , dans quelque sens que vous marchiez, ne vous fait aucune résistance ; ou si elle en fait, elle est indefiniment plus petite que celle que font les floccons ou pellicules d' Air.

En faisant donc abstraction de la résistance de l’Air, c'està-dire , en supposant que vous n'étes environné

que

de tiere subtile ; lorsque vous marcherez, vous ne ferez pas une double dépense de force, l'une pour marcher, & l'autre pour traverser la matiere subtile. Vous remuerez vos membres, e la matiere subtile cedera à leurs mouvemens sans aucune . sistance. Appliquez vous-même la comparaison.

LA matiere subtile qui est sortie des corps dans le preLamatiere sub- mier tems du choc tile rentre dans

par
sa Auidité naturelle, doit

y rentrer dans le second par la force centrifuge des petits corps elle étoit sortie, Tourbillons qui restent dans les

des
corps

élastipar un effet de ques. Je vais tâcher de le faire voir avec le plus de netla force centri- teté & de précision qu'il me fera possible. fuge de ses petits A l'instant que la compression cesse ou a ceßé, ( car ces Tourbillons.

pores

deux expressions sont équivalentes; les parties integrantes des deux corps sont dans un repos mutuel, & tous les Tourbillons tant exterieurs qu'interieurs, c'est-à-dire, soit ceux qui environnent ces corps, soit ceux qui font au dedans, gardent un exact équilibre. Car si les parties solides continuoient encore de se déranger , & les Tourbillons interieurs de sortir , & d'éloigner les exterieurs des centres de gravité des deux corps, les

corps

I V.

les

dont

pores, &

par conse

se comprimeroient encore contre la fupposition.

Comment donc la restitution pourroit -elle differer d'un seul instant ? Les forces centrifuges des Tourbillons exterieurs, sont précisement les mêmes qu'auparavant la compression ; * celles des Tourbillons interieurs sont * Art. II. augmentées dans le sens qu'ils sont retrécis, & elles sont diminuées dans le sens qu'ils sont allongez. Ainsi au dehors rien ne peut mettre obstacle au rétablissement ; & tout y concourt au dedans. Les corpuscules qui passent par

les petits diametres de chaque Tourbillon, changé en spheroïde elliptique, ont plus de forces centrifuges, que ceux qui passent par les grands diametres. Ceux-ci doivent donc agir plus fortement que ceuxlà contre les parois des pores qu'ils occupent. Les pores doivent donc commencer à s'élargir dans le sens qu'ils ont été retrécis, & à se retrécir dans le sens qu'ils ont été élargis. En un mot tous les

, quent tous les Tourbillons qu'ils contiennent, doivent commencer à reprendre & la figure & le volume qu'ils avoient avant la compression ; & par consequent la matiere subtile doit commencer à rentrer dans les

pores qu'elle avoit abandonnez en partie. Mais deslors que la matiere subtile commence à rentrer dans les

C'eft par un ef pores, elle doit

les mêmes raisons con- fet de cette

par tinuer d'y rentrer successivement. Elle

y rentre,

mais dans un ordre renversé de celui suivant lequel elle en les corps parfaia est sortie ; & à mesure qu'elle rentre, chaque pore doit tement élasti- . reprendre la premiere figure ; & toutes les parties in- ques qui se sont tegrantes doivent en consequence se rétablir dans leur choquez avec

des forces éga

les, retournent Or à chaque instant de la restitution, les deux corps en arriere avec aquierent les inêines degrez de forces qu'ils avoient per- des forces égales du dans chaque instant correspondant de la compres- à leurs forces sion. Ainsi dans l'instant précis que les parties compri- primitives. mées sont entierement rétablies, les corps ont aquis les mêmes dégrez de forces qu'ils avoient perdu à la fin

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me force, que

premier état.

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