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funt , qui pendere ipsi ve&tigal sine publicano non potuerunt , quod iis æqualiter Sylla descripserat.

47. Non esse autem leniores in exigendis vectigalibus Græcos, quàm noftros publicanos , hinc intelligi poteft quòd Caunii nuper omnes , ex insulis , quæ erant ab Sylla Rhodiis attributæ , confugerunt ad Senatum , nobis ut potiùs vectigal, quàm Rhodiis penderent.

48. Quare nomen publicani neque ii debent horrere, qui semper vectigales fuerunt: neque ii aspernari , qui per fe pendere vectigal non potuerunt: neque ii recufare, qui poftulaverunt. Simul & illud Afia cogitet , nullam à se neque

a Pour lever la Ca- rapporte Plutarque pitation que Silla a- étoit de vingt mille voit imposée á toute talens , qui faisoient l'Italie Bc. Cette Ca- selon Mr Dacier la pitation , comme le somme de soixante peuvent avoir pour mépriser fi fort les Publicains d'autant plus qu'ils fe font deja servis de leur ininiftere, pour lever la capitation a que Silla avoit imposée à toute l’Asie.

47. Au reste lorsqu'il s'agit de lever des impôts, les Grecs sont ausfi durs que les Fermiers de la Républi-. que. Les b Cauniens m'en fournissent une preuve convaincante; car ces in. sulaires, voyant que Silla leur avoit ordonné de porter leurs Tributs aux Rhodiens , eurent recours au Sénat & le supplierent de trouver bon que ce ne fût pas à eux mais à nous qu'ils euffent affaire.

48. C'est pourquoy, puisque les Grecs ont de tout temps payé des taxes , & qu'ils ne les ont pû lever sans le secours des Publicains, ils ne doivent point tant marquer de mépris ny d'aversion pour eux : D'ailleurs pourroient-ils refuser ce qu'ils

millions.

Caune étoit une Ines b Les Cauniens m'en fituée sur la côte de fournissent une preu- la Carie proche l'Inc ve convaincante c. de Rhodes.

belli externi

, neque discordiarum domesticarum calamitatem abfuturam fuisse, si hoc imperio non teneretur. Id autem imperium cùm retineri sine vectigalibus nullo modo poffit , æquo animo parte aliquâ fuorum fructuum pacem sibi sempiternam redimat , atque otium. Quod fi genus ipsum , & nomen publicani non iniquo animo sustinebunt: poterunt iis confilio & prudentiâ tuâ reliqua videri

mitiora. Possunt in pactionibus fai ciendis non legem fpectare cen

foriam, sed potiùs commoditatem conficiendi negotii , & liberationem molestia.

* En leur insinuant étoient d'avoir foin qu'ils doivent moins de la Police , & de prendre garde à la ri- réformer les meurs, gueur des Reglemens de faire le dénombrede nos Censeurs . ment du peuple , & Les principales fonc- l'estimation des biens cions des Censeurs de chaque particn

ont eux-mêmes demandé? & ne doivent-ils pas considerer , qu'ils seroient continuellement exposés aux troubles des guerres civiles & étrangeres, s'ils n'étoient pas sous la domination des Romains ? Et comme ce sont les impôts qui soûtiennent la République, ils ne seroientpas raisonnables,s'ils faisoient difficulté de donner quelques portions de leurs biens, pour se procurer une paix & une tranquillité durable. Que fi dans la suite la haine qu'ils ont pour les Publicains vient à se ralentir , vous pourrés alors leur rendre le joug des impôts.plus supportable, en leur insinuant qu'ils doivent moins prendre garde à la rigueur des reglemens de nos a Censeurs, qu'à l'avantage qui leur en revient de pouvoir vaquer à leurs affaires en repos & en liberté, & de se delivrer par - là de bien des soins , & de bien des inquietudes.

lier : c'étoient ausfi judication des reves ces Magistrats qui nus de la République. impofoient les taxes, Rofin. l. 7. chap. 10, & qui faisoient l'ad- Jufte Lipfe chap. 18

49. Potes etiam tu id facere, quod & fecisti egregiè , & facis, ut commemores , quanta sit in publicanis dignitas, quantum nos illi ordini debeamus , ut remoto imperio, ac vi potestatis & fascium , pue blicanos cum Græcis gratiâ atque auctoritate conjungas: Sed & ab fis de quibus optimè tu meritus es, & qui tibi omnia debent hoc petas, ut facilitate fuâ, nos eam necessitudinem, quæ eft nobis cum publicanis , obtinere & conservare patiantur.

50. Sed quid ego te hæc hortor, quæ tu non modo facere potes tuả fponte sine cujusquam præceptis, fed etiam magnâ jam ex parte perfecisti ? non enim defiftunt nobis agere quotidie gratias honestislimx & maximæ focietates : quod quidem mihi idcirco jucundius eft, quòd idem faciunt Græci. Diffie

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