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fer, la fatigue & la blessure lui causerent une fiévre avec un tranf port au cerveau qui pensa l’emporter....pencipta 1, 6. Pourídire le refte en deux mots, il fut quinze jours malade dans ce village. Enfuite il retourna dans fa terre, où sans cesse occupé de son malheur, il perditi insensiblement l'esprit. Les parens d'Aurore n'en furent pas plutôt avertis qu'ils le firent amener à Madrid pour l'enfermer parmi les foux. Sa femme eft encore au Couvent où ils ont résolu de la laisser quelques années pour punir son indiscrer tion'; ou, fi vous youlez, une faute dont on ne doit se prendre qu'à

eux.

1: Immediatement après , Zanu- . bio, continua le Diable, est le Sei.. gneur Don Blaz Desdichado, Ca. valier plein de mérite. La mort de son épouse est cause qu'il est dans la situation déplorable où

vous le voyez. Cela me furprend, dit Don Cleofas. Un mari que la mort de sa femme rend inlensé: Je ne croyois pas qu'on pût pousser fi loin l'amour conjugal. N'allons pas si vite , interrompit Afmodée, Don Blaz n'est pas devenu fou de douleur d'avoir perdu fa femme: Ce qui lui a troublé l'esprit, c'est que n'ayant point d'enfant, il a été obligé de rendre aux parens de la défunte , cinquante mille ducats qu'il reconnoît dans fon contrat de mariage avoir reçus d'elle.

Oh! c'est une autre affaire, repliqua Léandro: Je ne suis plus étonné de fon accident. Et ditesmoi , s'il vous plaît, quel est ce jeune homme qui saute comme un cabri dans la loge suivante, & qui s'arrête de moment en moment pour faire des éclats de rire en se tenant les côtés? Voilà un fou bien gai. Aussi, repartit le Boiteux, fa folie , vient d'un excès de joie.

na.

Il étoit portier d'une personne de qualité; & comme il apprit un jour la mort d'un riche Contador, done il se trouvoit l'unique héritier, il ne fut point à l'épreuve d'une si joyeufe nouvelle; la têté lui tour

Nous voici parvenus à ce grand garçon qui jouë de la guittarre & qui l'accompagne de sa voix. C'est un fou mélancolique, un amant que les rigueurs d'une Dame ont réduit au désespoir & qu'il a fallu enfermer. Ah! que je plains celuilà, s'écria l'écolier !Permettez que je déplore son infortune. Elle arriver à tous les honnêtes gens Si j'étois épris d'une beauté cruelle, je ne sçai fi je n'aurois pas

le même sort. A ce sentiment , reprit le Démon, je vous reconnois pour un vrai Castillan. Il faut être né dans le sein de la Castille

se fentir capable d'aimer jusqu'à devenir fou de chagrin de ne pou

pour

peut

vois plaire. Les François ne font pas fi tendres, & si vous voulez Içavoir la difference qu'il y a entre un François & un Espagnol sur cette matiere, il ne faut que vous direla Chanson que ce fou chante, & qu'il vient de composer tout à l'heure.

CHANSON ESPAGNOLE.

*

* Ardo y lloro sin Sofiego:
Llorando y ardiento tanto,
Que ni el llanto apaga el fuego,
Ni el fuego consume el llanto.

Je brûle & je pleure sans cesses fans que mes pleurs puissent éteindre mes feux, ni mes feux consumer mes larmes.

C'est ainsi que parle un Cavalier Espagnol, quand il est maltraité de la Dame. Et voici comme un François se plaignoit en pareil cas; ces jours passés.

CHAN

CHANSON FRANÇOISE.

L'objet qui regne dans mon caur ,
Es toujours insensible à mon amour fidelle ;

Mes soins, mes soupirs , ma langueur
Ne sçauroient attendrir cetie Beauté cruelle;
O Ciel ! est-il un fort plus affreux que le mien?

Ah ! puisque je ne puis lui plaire,

Je renonce au jour qui m'éclaire ; Venez , mes chers Amis , m'enterrer chez Paien:

Ce Païen eft apparemment un Traiteur, dit Don Cléofas ? Juftement, répondit le Diable. Continuons, examinons les autres foux. Passons plutôt aux femmes , repliqua Léandro, je suis iinpatient de les voir. Je vais céder à votre iinpatience , repartit l'Esprit ; mais il y a ici deux ou trois infortunés que je suis bien aise de vous montrer auparavant.

Vous
pourrez

tis rer quelque profit de leur malheur.

Considerez dans la loge qui suit,
Tome. I.

Z

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