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Je n'entrerai pas dans de grands détails sur la vie de Le Sage. Ce qu'on en sait a été dit tant de fois et si bien, que je ne puis mieux faire, dans l'intérêt du lecteur, que de le renvoyer aux travaux de mes devanciers', en me bornant à rappe

1. Voir notamment la Vie de Le Sage (par Ch. Jos. Mayer), suivie d'une lettre du comte de Tressan, en tête de l'édition des Euvres choisies de Le Sage, Paris, 1782; la Notice de Beuchot, en tête de l'édition des Euvres choisies, Paris, 1818; La Notice de François de Neufchateau en tête de son édition de Gil Blas, Paris, 1820; Spence, Anecdotes, London, 1820; Audiffret, Notice historique sur Le Sage, Paris, 1822; Patin, Éloge de Le Sage, Paris, 1822; Malitourne, Éloge de Le Sage, Paris, 1822; W. Scott, Miscellaneous Works, Paris, 1837, t. III; Villemain, Littérature française du dix-huitième siècle, t. I; Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. II; Jules Janin, Notice sur Le Sage, en tête du Diable Boiteux, Paris, Bourdin, 1840, gr. in-8; Biographie Didot, article LE SAGE; Ticknor, Histoire de la Littérature espagnole. (Je me sers de la traduction allemande de N. H. Julius, Leipzig, 1852, 2 vol. in-8.)

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ler ici quelques faits et quelques dates.

Alain-René Le Sage naquit à Sarzeau, petite ville de la presqu'île de Rhuys, près de Vannes, le 8 mai 1668. Il était fils unique de Claude Le Sage, notaire royal, et de Jeanne Brenugat. Resté de bonne heure orphelin, il se trouva placé sous la tutelle d'un oncle par qui sa fortune fut dissipée. Il fit ses études chez les Jésuites de Vannes, vint les terminer à Paris et se fit recevoir avocat. En 1694, 11 épouse une femme sans fortune, fille d'un menuisier de la rue de la Mortellerie. A vingt-sept ans il était père de famille, et la profession qu'il exerçait n'était pas lucrative. Il demanda des ressources à la littérature. Sur les conseils de Danchet, son ancien condisciple au collége de Vannes, il fit une traduction des Lettres d'Aristenète, qui parut en 1695 et n'eut aucun succès. Heureusement l'abbé de Lyonne s'intéressa à Le Sage. Il lui procura quelques ressources et sut lui faire partager le goût très-vif qu'il avait pour la littérature espagnole. Cette littérature, après avoir été en grande faveur chez nous, y était

alors fort négligée. Elle devint bientôt familière à Le Sage, qui trouva là le champ où devait se développer et mûrir son talent. Il commença par traduire quelques pièces de théâtre : Le Traître

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puni, de Roxas, imprimé en 1700; Don Félix de Mendoce, de Lope de Vega; Le Point d'honneur, de Rojas, qui fut joué en 1702. Puis il fit une traduction ou plutôt une imitation des Nouvelles Aventures de Don Quichote, d'Avellaneda, qui parut en 1704, et une comédie en cinq actes et en prose, tirée de Calderon, Don Cesar Ursin, qui réussit à la cour et fut sifflée à la ville.

Tout cela n'avait pas fait beaucoup pour la gloire et la fortune de Le Sage; mais le moment du triomphe approchait. En 1707, l'année la plus heureuse de sa vie, il obtint deux succès magnifiques, au théâtre avec Crispin rival de son maître, dans le roman avec le Diable boiteux.

En 1709, Le Sage fit jouer Turcaret. En 1715, il publia les deux premiers volumes de Gil Blas, son chef-d'oeuvre et le chef-d'oeuvre du genre. Puis, obligé de travailler pour vivre, mécontent des Comédiens français, il se mit à travailler pour le théâtre de la Foire, auquel il donna, dans l'espace de vingt-cinq ans, seul ou en collaboration, près d'une centaine de pièces. Il fit paraître encore quelques romans, et finit par se retirer à Boulogne, auprès de son fils le chanoine, où il mourut dans sa quatre-vingtième année, en 1747.

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M. Ticknor, dans son Histoire de la Littérature espagnole, a peint le développement du talent de Le Sage d'une façon heureuse : « Le Sage, dit-il, procéda comme romancier exactement de la même façon que comme auteur dramatique, et il obtint dans les deux cas des résultats remarquablement semblables. Dans le drame, il commença par des traductions et imitations de l'espagnol, telles

que le Point

d'honneur, tiré de Roxas, et Don César Ursin, emprunté de Calderon; mais plus tard, lorsqu'il connut mieux ses forces et que le succès lui eut donné de la confiance en luimême, il donna son Turcaret, pièce entièrement originale, qui est bien meilleure que celles auxquelles il s'était essayé jusqu'alors, et qui montre combien il avait mal employé ses facultés en s'attachant à des imitations. Il procéda exactement de la même manière pour le roman. Il commença par traduire le Don Quichote d'Avellaneda et par étendre et transformer le Diable boiteux de Guevara; mais Gil Blas, le meilleur de ses romans, qu'il composa lorsqu'il était en possession de tout son talent, lui appartient, pour ce qui le caractérise, aussi complétement que son Turcaret.

Le Diable boiteux a cela de particulier

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