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se rendre entre leurs mains & on lui fit aussi-tôt couper
la tête. L'Empereur de la Chine , dans la crainte que les
Hoei-ke ne se revoltassent entiérement contre lui, leur
envoya le Président du tribunal de la guerre pour les pa-
cifier , donner des titres suivant leur coutume à Tou-mi-
tou, fournir aux frais de ses funerailles & installer son
fils Po-jun à sa place. Kiu-lo-po qui avoit eu part à l'as-
sassinat de Tou-mi-tou fut en même-tems arrêté à la Chi-
ne. A la faveur de ces troubles, le Turc Osuna-ho-lou
s'empara du campement du nord situé entre les sources de
l'Orgon & du Selinga, où demeuroit le chefdes Hoei-ke ;
mais Po - jun ayant rassemblé cinquante mille hommes ,
battit Ho-lou, reprit sa Cour du nord ; ensuite avec le Gé-
néral des armées de la riviere d'Ili il remporta une se-
conde victoire sur Ho-lou à la montagne Kin-ya-chan, &
obtint de l'Empereur le titre de Capitaine des gardes im-
périales. Il suivit l'Empereur dans l'expédition de la Co-
rée. -
L'exemple des Hoei-ke avoit engagé plusieurs autres
peuples de la Siberie à se soumettre à la Chine. Les Kie-
kou autrement Kien-kuen furent des premiers à recon-
noître la domination Chinoise. Ces peuples demeuroient
au nord-ouest des Hoei-ke vers j§ où est aprésent
Yrkutskoi : c'étoit de grands hommes qui avoient les che-
veux roux & les yeux bleus. Ils pouvoient mettre envi-
ron quatre-vingt mille hommes sur pied, ils étoient voi-
sins des Turcs & ils avoient été soumis autrefois aux Sie-

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ce Chinoise. -
Après la mort de Po-jun chefdes Hoei-ke, son fils Pe-
li lui succeda , mais il ne suivit pas les traces de son
ere & négligea l'alliance des Chinois. Avec les Tum-lo &
† Pou-ko , il vint ravager les frontiéres de la Chine.
L'Empereur envoya contre ces rebelles plusieurs Géné-
raux à la tête de cent mille hornmes. Les Hoei-ke au-
roient été entiérement vaincus si les Chinois ne s'étoient
pas engagés trop avant vers le Selinga (a) & les monts

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Altai , où les neiges, le froid & la disette des vivres firent périr la plus grande partie de leur armée.Alors Ho-li de la Horde des Ki - pi se rendit par ordre de l'Empereur chez les Hoei-ke dans le dessein de rétablir la tranquilité parmi eux ; en même-tems les Généraux Chinois marcherent contre le reste des rebelles & acheverent de les soumettre. On fit alors quelques changemens au sujet des lieux dont ces pays septentrionaux relevoient. Ensuite Pe-li étant venu à mourir, † fils To-hiai-tchi fut chef de la nation.Sous son regne les Tong-lo, les Pou-ko & autres Hoei-ke se révolterent contre l'Empereur de la Chine; mais les troupes Chinoises qui vinrent par le lac Sopou-nor les disperserent entierement. D'un autre côté, Me-tchou Empereur des Turcs s'étoit emparé de tous les pays de Hoeike ; la Horde particuliere de ce nom se joignit à celles des Ki-pi , des Sie-kie & des Hoen passa au midi du désert & vint s'établir entre les villes de Kan - tcheou & de Leam - tcheou , à l'extrémité du Chensi vers l'occident. Toutes ces Hordes servoient dans les armées Chinoises , & formoient une excellente cavalerie.

To-hiai-tchi eut pour successeur son fils Fou - ti - fou. L'année d'après qu'il eut été proclamé chef de de la nation , le Khan des Turcs appellé Me-tchou battit dans le nord les Pa-ye-ko, mais ensuite il se laissa surprendre par ces peuples qui lui couperent la tête & l'envoyerent aux Chinois : alors cinq Hordes des Hoei-ke se soumirent à l'Empereur de la Chine , & on les sit camper au nord d'un endroit appellé Ta-you-kiun.

Après Fou-ti-fou son fils Tching-tçong fut déclaré chef de la nation ; il êut quelques démêlés avec le Gouverneur de Leam-tcheou, on l'accusa de plusieurs fautes , & il fut envoyé en exil où il mourut. Les Hoei - ke commencerent aiors à se dégouter du goiivernement Chinois, Hou-chu parent de Tching-tçong profita du mécontentement où il voyoit sa nation pour venir attaquer le Gouverneur de Leam-tcheou. Il tua cet cflicier, fit fermer les chemins qui pouvoient conduire dans la Tartarie , & se sauva dans la suite chez les Turcs où il mourut. Il eut pour successeur son fils Ko-li-si lo.

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Ce nouveau Chef des Hoei-ke envoya des ambassadeurs à l'Empereur de la Chine qui lui donna le titre de Fong-y-vam. Ensuite à la faveur des troubles qui regnoient parmi les Turcs , auxquels jusqu'alors il avoit été soumis , il se révolta avec le chef des Ko-lo-lou : ils attaquerent ensemble les Pa-si-mi qui venoient de défaire le Khan des Turcs. Ko li-fio-lo prit alors le titre de Ko-tolou-pi-kia-kiue-khan. C'est à cette époque que commence la grandeur des Hoei-ke qui avoient toujours été les sujets des Turcs & des Chinois. Ce Khan obtint de l'Empereur le titre de Hoai-gin-khan ; il s'empara de tous les pays que les Turcs occupoient & mit sa Cour entre la montagne Ou-te-kien-chan & le fleuye Kuen-ho. Toutes les Hordes des Hoei-ke étoient sous sa domination , il réduisit ensuite les Pa-si-mi & les Ko-lo-lou , & il établit partout dans son nouvel Empire des Officiers ; mais ce qui assuroit le plus sa puissance, c'est qu'ilavoit été reconnu grand Khan par l'Empereur de la Chine de la maniere la plus authentique & la plus solemnelle. Ses ambassadeurs avoient reçu d'un des premiers Ministres de l'Empire les lettres patentes dans la Cour Impériale au bruit des tambours, ayant devant eux leurs étendarts † Après que Ki-li-fi-lo eut été ainsi installé Khan de la Tartarie, il défit & tua Pe-moei-khan Empereur des Turcs : alors ses Etats s'étendirent du côté de l'Occident jusqu'aux monts Altai & à l'Irtisch , & vers l'Orient jusqu'au pays des Che-goei ou Tongouses qui habitoient le long du fleuve Amour. Mais il ne jouit pas long-tems du fruit de ses conquêtes, il mourut presque aussi - tôt qu'il fut GrandKhan de Tartarie. Son fils Mo-yen-tcho § succeda sous le titre de Ko-le-khan. Ce Prince envoyoit reguliérement tous les ans à l'Empereur de la Chine des ambassadeurs & il rendit de grands services aux Chinois. Ce fut lui qui offrit d'envoyer à leur secours des troupes pour dcmpter le rebelle Gan-lo-chan qui venoit de prendre le titre

d'Fmpereur , & qui ménaçoit d'enlever l'Empire à la Dy

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Hiuen-tçong à qui ce Prince avoit laissé prendre trop d'autorité dans l'Empire. Il le combloit tous les jours de nouveaux bienfaits, & lui laissoit rendre des honneurs qui n'étoient dûs qu'au Souverain. Cet Officier étoit le maître dans le palais imperial , & sous prétexte qu'il avoit été adopté par l'Impératrice, il pouvoit y entrer librement de jour & de nuit, & s'entretenoit avec les Princesses. L'Empereur reçut mal les avis qu'on lui donna sur la revolte que Gan-lo-chan méditoit. Les Ministres & les Officiers qui étoient opposés à Gan-lo-chan furent exilés, & ce Prince ne commença à se défier de son favori que quand celui-ci fut assez puissant pour ne le plus craindre. Gan-lo chan s'étoit formé une armée de plus de cent cinquante mille hommes , composée pour la plus grande partie de Khitans & d'autres Tartares Orientaux. II commença par venir insulter Lo-yam où l'Empereur étoit alors, & il s'empara de presque toutes les Provinces de Chantong, de Chansi & de Honan. Les mauvais conseils auxquels l'Empereur se laissoit entraîner, achevoient de ruiner l'Empire. Si-gan-fou fut prise, & l'Empereur fut contraint de se sauver dans la Province de Ssetchouen. C'est dans ces circonstances & après la perte d'une grande bataille que Hiuen -tçong eut recours au Khan des Hoei-ke & des Toufan. Ko-le-khan donna le commandement des troupes qu'il envoyoit au secours de l'Empereur à Ko-lo-tchi qui se joignit au Général Kou-tse y ;ils marcherent ensemble contre les Tong-lo. Cette Horde des Hoei-ke qui demeuroit vers le Kerlon avoit pris le parti de Gan-lo-chan. Les soldats de ce rebelle quitterent les environs de Si-gan-fou où ils étoient campés

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joindre aux autres Tartares , & de revenir ensuite ravager les frontiéres de la Chine, mais ils furent défaits par les troupes Chinoises & Hoei-ke. L'Empereur pour reconnoître les services qu'il venoit de recevoir de ces Tartares donna à la fille de leur Khan le titre de Princesse, comme si elle eût été une Princesse de la famille Impériale. Dans l'extrême besoin où il se trouvoit , il étoit

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, nommé Ye-hou se rendit à la Chine avec un corps de
troupes de quatre mille hommes Il s'aboucha avec Kou-
tse-y qui regala tous ces Tartares , mais Ye-hou ne vou-
lut avoir aucune part à cette fête, sous prétexte que dans
la situation où étoit alors l'Empire, on ne devoit s'occu-
per qu'à le délivrer de ses ennemis ; il se trouva dans
llIlC §e qui fut donnée sur le bord de la riviere Fon
où les rebelles avoient mis quelques troupes en #
cade. Les Hoei-ke fondirent dessus & les § 2VCC
leurs fléches. Ils s'approcherent ensuite de Si-gan-fou avec
le reste de l'armée impériale qui étoit composée de Chi-
nois , de Tartares , § & d'Arabes (a). Les rebel-
les furent vaincus, les Hoei-ke surtout, qui les prirent par
· derriere, en firent un † carnage : Gan-king-su fils de
Gan-lo - chan & qui lui avoit succédé après l'avoir fait
poignarder, fut obligé d'abandonner la § orientale ;
c'est-à-dire Lo-yam , & de se retirer vers le nord. Quel-
ques ennemis secrets de l'Empereur porterent les Hoei-
ke à mettre cette ville au pillage. Ces Tartares y firent
endant trois jours de grands désordres & dissiperent tous
§ magazins ; ils ne s'arrêterent qu'à force § présens.
Cette conduite n'empêcha pas Ye-hou de se rendre ensui-
te à la Cour, où la nécessité & le besoin des secours obli-
gerent l'Empereur d'oublier cette insulte. Ce Prince en-
voya au-devant de lui tous ses † Officiers & lui
donna un grand festin. Ye-hou lui proposa de laisser ses
troupes à la Chine &°de repasser en § our y ras-
sembler des chevaux , remonter la Cavalerie Chinoise &
reprendre ensuite les villes qui étoient encore entre les
mains des rebelles. L'Empereur le remercia de ces of-
fres, lui donna le titre de Tchong-y-vam, & y joignit beau-
coup de présens qu'il promit de lui envoyer tous les ans
CIl #§
Le Grand Khan qui venoit de rendre aux Chinois des
services si importans fit demander en mariage une fille de

( a) Les Arabes avoient alors un grand commerce avec les Chinois

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