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gardent un profond silence, & ne nous apprennent que
l'époque de sa mort ; il eut pour successeur son fils Teng-
li-pi-kia-khan , qui reçut , suivant l'usage , les patentes de
l'Empereur de la Chine. Ce Prince envoya des tributs
aux Chinois. Son ambassadeur avoit à sa suite des Bon-
ces de Fo que ces Tartares appelloient Mo-ni. L'Empe-
reur leur fit bâtir un temple & les logea ; mais quelques
années après, leurs débauches obligerent ce Prince à les
chasser. Historiens ne s'expriment pas d'une maniere
assez détaillée pour nous faire connoître quels sont les
Religieux appellés Mo-ni (a). Ils étoient non - seulement
repandus dans la Tartarie, mais il y en avoit encore en
Perse, & il semble qu'ils venoient de ce pays ; dans ce
cas ils sont ou Chrétiens ou Mahometans. Je les soup-
çonne Chrétiens Manichéens.
La Princesse Chinoise qui avoit été envoyée autrefois
en Tartarie vint à mourir , le grand Khan en informa la
Cour de la Chine, & il mourut lui-même presqu'aussi-tôt.
Alors l'Empire fut déféré à Pi-kia-pao-y-khan. Ce Prince
leva une armée avec laquelle il alla attaquer les Tibetans
proche la riviere Pi-ti, située au nord de Si-cheou-kiang-
tching. Dans la suite il fit demander plusieurs fois une
Princesse de la Chine en mariage, mais l'Empereur qui
étoit occupé d'affaires plus importantes ne voulut point
alors y consentir, & quand il le permit le grand Khan
fut surpris par la mort. La Princesse fut donnée à son suc-
cesseur nommé Pi-kia-tçong-te-khan. Ce Khan à l'occa-
sion de quelques troubles qu'il y avoit dans la Chine voulut y
envoyer des secours;mais l'expérience avoit fait voir aux Chi-
nois combien il étoit dangereux d'introduire ces barbares
dans l'Empire, & on les renvoya. Après sa mort, ce Khan
eut pour successeur son frere Ko-sa-te-le, l'Empereur de la
Chine lui donna quelque tems après le titre de Pi-kia-tchao-
li-khan. Il fut tué dans la suite par ses sujets qui donne-
rent l'Empire à Hou-te-le : ce nouveau Khan reçut de

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de malheurs, capables de causer la ruine de cet Empire,

l'affoiblirent considérablement.
Le regne de ce nouveau Khan ne fut pas tranquile ,
un de ses Officiers nommé Kiu-lou-mo-ho avec cent mille
Siberiens appellés Kie-kia-su, qui demeuroient vers le lac
Paikal, & s'étendoient du côté l'occident par de-là l'Ir-
tisch , le vint attaquer & le tua ; toutes les Hordes furent
dispersées, & une partie vint se soumettre aux Chinois.
Ces Kie-kia-su, depuis près de cent ans, étoient soumis
aux Hoei-ke dont l'Empire parconséquent devoit s'éten-
dre bien avant dans la Siberie, jusqu'aux environs de To-
bolsk. Cette revolte donna naissance à un nouvel Empi-
re. Les Kie-kia su nommerent un grand Khan de leur na-
tion comme on l'a vû dans l'histoire des Turcs occiden-
taux. Treize Hordes des Hoei-ke donnerent à Ou-hi-te-le le
titre de Ou-kiai-khan & camperent sur les frontieres du
Chensi pendant que les Kie-kia-su s'emparerent de leur
pays. Les Hoei-ke furent battus en plusieurs rencontres
par les Kie-kia-su, & obligés pour avoir des vivres d'im-
plorer le secours de l'Empereur Vou-tçong. Les Chinois
eurent bientôt lieu de se repentir d'avoir donné une re-
traite à ces peuples ; le grand Khan vint faire des cour-
ses aux environs de la riviere Hong - choui où il enleva
beaucoup de prisonniers. L'Empereur fut obligé d'en-
voyer contre lui des troupes. Cette guerre venoit de ce
qu'un des Officiers du Khan nommé Ou - mo-su, après
avoir tué un des principaux de la nation, s'étoit retiré
à la Chine avec environ trois mille hommes , & on lui
avoit donné le nom de Li-su-tchong. Dans le même tems
un autre Officier nommé Na-kie-tcho se revolta contre
Tome II. : D

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leKhan, se retira du côté de l'orient , & de-là vint faire des courses dans le Petcheli. Les troupes Chinoises furent obligées de marcher contre lui : dans sa retraite il fut fait prisonnier par le Khan, & ensuite mis à mort. Ce Prince redemanda ensuite Ou-mo-su & tous les autres fugitifs qui l'avoient suivi. Les Cninois ne voulurent pas les rendre ; ce fut le prétexte qu'il prit pour entrer aulli-tôt dans le Chansi vers Ta-tong-fou, où il enleva un butin immense. Toutes les prieres & les ménaces de l'Empereur furent inutiles : on écrivit à la Princesse Tai-ho qui étoit dans l'armée du Khan , afin qu'elle engageât ce Prince à se retirer ; mais il fallut envoyer des troupes. Alors les Hoeike s'en retournerent ; mais ils rentrerent l'année suivante, & vinrent piller les environs de Tchin-vou (a). Le Général Lieou-mien envoya Che-hiong à la tête de trois Hordes des Turcs Cha-to pour s'emparer # campement des Hoei-ke,& suivitlui-même de près cette armée. Che-hiong s'avança jusqu'à Tchin-vou, & vit de dessus les murailles de cette ville tout le camp des Hoei-ke ; il fit reconnoître la tente de la Princesse, afin qu'elle ne fût pas exposée ; ensuite par des souterrains qu'il avoit fait creuser, il conduisit des soldats qui ailerent attaquer pendant la nuit la tente du Khan. Ce Prince qui ne s'attendoit pas à cette surprise, se sauva † & abandonna tous ses bagages. Les Chinois le poursuivirent & le battirent à la montagne Chahou-chan proche le lac Kir-nor. Il fut blessé dans sa retraite, on reprit la Princesse Chinoise, on coupa la tête à dix mille prisonniers, vingt mille hommes se soumirent & un plus grand nombre vinrent se rendre dans la suite au Gouverneur du Petcheli. A l'égard du Khan il se retira dans la Horde des He-tche-tse : beaucoup d'Hoei - ke dans cette déroute périrent de misére. Le grand Khan fut tué ensuite par un § ses Ministres, & on mit à sa place son frere O-nie. Ce Prince n'avoit plus qu'un petit nombre de sujets. Il avoit fait alliance avec les Tartares Ki ; mais ceux-ci ayant été défaits par les Chinois, il voulut

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· envoya des tributs aux Chinois, qui , en considération des

services qu'ils avoient reçus autrefois des Hoei - ke, lui
donnerent le titre de Pi-kia-hoai-kien-khan.
L'Empire des Hoei ke finit à cette époque dans l'orient.
Les Kie-kia-su étoient maîtres alors § tOlltCS CeS COn-
trées orientales. La plûpart des Hordes des Hoei-ke fu-
rent soumises ou détruites, & il n'y eut que celles qui s'é-
toient retirées du côté de l'occident qui subsisterent en-
core pendant long-tems ; mais comme elles étoient assez
éloignées de la Chine , les Chinois ont negligé d'en con-
server l'histoire. Ces Hoei-ke,gouvernés par différens Khans,
s'étendoient alors depuis Cha-tcheou & Kua - tcheou jus-
u'aux-frontiéres de l'Empire des Mahometans ; c'est-à-
§ jusqu'au Maouarennahar. Ce voisinage & les liai-
sons † avoient eu de tout tems avec les Mahometans
leur avoient fait connoître la Religion de Mahomet. Ces
Tartares sont ceux que le Géographe de Nubie appelle
Odhkos. Sous le regne du Khalif Ouatheq-billah, vers l'an
842 de J. C. Salam fit un voyage dans leur pays , y trouva
des Mahometans, & apprit de ces peuples qu'ils avoient
toujours observé la Religion de Mahomet , depuis qu'un
Musulman étoit venu anciennement la leur faire connoî-
tre ; mais ils n'étoient pas tous Mahométans, plusieurs ado-

roient le feu, ce qu'ils avoient apparemment pris des

Perses. • *
Les Hoei-ke depuis leur défaite avoient envoyé plu-

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sieurs fois des ambassadeurs à la Chine. Leur chef nom-
mé Pou-kou-tsun désiroit avoir de l'Empereur l'investitu-
re de ses Etats & le titre de Khan L'Empereur Hi-tçong,
dans le dessein de lui donner cette satisfaction, fit partir .
un de ses Officiers ; mais les Hoei-ke ayant été battus de
de nouveau par les Toufans ou Tibetans , ils furent obli-
gés se retirer encore plus vers l'occident, & l'envoyé
Chinois, qui ignoroit le lieu de leur retraite, s'en revint à
la Chine § les avoir vus. Ils se rapprocherent cepen-
dant l'année suivante , & envoyerent des tributs à l'Em-
pereur ; mais comme ces peuples s'étendoient alors beau-
coup plus du côté de l'occident, ils commencerent à être
plus en liaison avec les Mahometans.
Depuis quelque-tems les Khalifs de Bagdad n'étoient
plus maîtres absolus de ces vastes pays qui les rendoient
voisins de l'Empire des Tibetans. Les Samanides s'étoient
emparés du Maouarennahar;les états de ceux-ci étoient con-
tigus à ceux des Hoei-ke. La # ne tarda pas à se mettre
entre les deux nations. Ismail II, Prince de la Dynastie des
Samanides entra dans leur pays , s'empara de la ville où le
Khan faisoit sa § fit prisonnier avec la Kha-
toun & environ dix mille Turcs ou Hoei-ke. Les Histo-
riens Chinois & Arabes nous instruisent peu du sort de ces
peuples. Les Chinois sont mention des tributs qu'ils leur
ont apportés en différens tems ; mais nous croyons devoir
les passer sous silence. Il y a beaucoup d'apparence que
ce sont ces peuples qui firent une grande irruption dans
le Maouarennahar où ils furent battus par les armées Mu-
sulmanes. -
Les Hoei-ke prirent part dans la suite aux guerres ci-
viles que les Princes de la Dynastie des Samanides se fi-
rent entre eux.Après la mort d'Ahmed, Aboul Hassan Nasr
étoit monté sur le thrône, son frere Ishac gouverneur de
Samarcande , & Elias fils d'Ishac prirent les armes & mar-

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| contres. Elias se retira à Ferghana : les Hoei - ke étoient

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alors gouvernés par un Prince nommé Gin - moei, à qui l'Empereur de la Chine donna le titre de Ing-y-khan. Il

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