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portoit en Tartarie celui de Kuen-tchi-khan. Il mourut cette
année, & son frere Tcieou-in lui succeda sous le titre de
Gin-yu-khan. Il obtint des Chinois en différens tems les ti-
tres de Chun-hoa-khan & de Fong-hoa-khan. C'est à ce
Prince probablement qu'Elias s'adressa pour avoir des se-
COurS ; # le mirent en état de soutenir sa revolte. Une
troupe de Turcs prit les armes en sa faveur ; mais toute
l'armée d'Elias qui montoit environ à trente mille hommes
fut mise en déroute. Elias se sauva de rechef à Ferghana,
& après une seconde déroute , à Kaschgar qui appartenoit
aux Hoei-ke. Le Khan de ces Turcs étoit prêt à prendre
part encore dans une revolte contre les Samanides. Ab-
dallah fils d'Aschkam qui en étoit le chef, implora son se-
cours ; mais Nouh Sulthan des Samanides qui retenoit à
Bokhara un fils de ce Khan, le lui renvoya sur le champ.
Il sçut engager par-là ce Khan à ne point prendre les ar-
mes & le rebelle abbandonné, fut obligé de quitter le Kha-
risme, & de se rendre. Fong-hoa-khan eut pour succes-
seur son fils King-kiong qui envoya cette année des pré-
sens aux Chinois. Il en renvoya dans la suite en même-
tems que les peuples de Khoten.
Les Historiens Arabes donnent alors aux Turcs un Khan
appellé Schehab-eddoulet, Bogra-khan-illik surnommé Ha-
roun ; ils nous apprennent que ce Prince s'approcha de
Bokhara dans le § de s'en emparer. Nouh Sulthan
des Samanides fut vaincu , mais dans une seconde action
il battit le Khan & l'obligea de s'en retourner à Balasgoun
Capitale de son Empire. L'année suivante Bogra - khan
rentra dans les Etats des Samanides , & prit Bokhara. On
remarque qu'il possedoit alors † 2 #§ , Kho-
ten, Tharas, & que ses Etats s'éten
tiéres de la Chine, ce qui ne convient qu'au Khan des
Hoei-ke. Quoiqu'il en soit † , à l'instigation de
Semjour gouverneur du Khorasan pour les Semanides , s'a-

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vança, dans cette expédition, jusques dans le Giorgian ; .

mais peu de tems après qu'il eut été maître de Bokhara , il tomba malade , & voulut reprendre la route de ses Etats. Les habitans de Bokhara pillerent toute l'arriére-garde de

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Lorsque ce nouveau Khan eut appris la mort de Nouh

Prince des Samanides, il accourut à Samarcande où il
fut joint par le rebelle Phaiq qu'il envoya à Bokhara. Mais
la mort de Phaiq qui arriva peu de tems après, obligea
Illik-il-khan d'aller lui-même à Bokhara avec tous les Turcs.
Plusieurs Emirs,entre autres Bactouroun se rendirent à lui,&
il entra dans cette ville (a). Alors la Dynastie des Sama-
nides qui avoit regné pendant 129 ans fut détruite. Ab-
d-ol-melek qui en étoit le dernier Prince fut fait prison-
nier. Un reste du parti des Samanides commandé par Abou-
Ibrahim Prince de la même famille, qui avoit trouvé le
moyen de s'échapper de la prison , entreprit de se sou-
tenir dans le Kharisme ; il envoya des troupes contre les
Turcs, & reprit Bokhara ; maisIllik-il-khan les enchassa une
seconde fois & les obligea de se retirer à Nisabour. Ces Sa-
manides se joignirent ensuite aux Uzes , autre race de
Turcs ; ils attaquerent ensemble Illik-il-khan dans les envi-
rons de la ville de Samarcande ; tous ces combats ne servi-
rent qu'à retarder la ruine des Samanides. L'année d'au-
† un Khan des Hoei-ke que les Chinois nomment
am-lou-ching,& qui doit être le même qu'Illik-il-khan en-
voya des tributs à l'Empereur des Song. Les Chinois re-
marquent que ses Etats s'étendoient depuis les frontieres
de la Chine jusqu'au Maouarennahar.
Un autre Khan des Hoei-ke nommé Ye-la-li, qui rési-
doit à Kan-tcheou fut battu par les Tartares Khitans, qui
lui enleverent So-tcheou. Depuis environ l'an 9o7 ces
Tartares avoient établi un puissant Empire dans le nord
de la Chine. Ils tiroient leur origine de ces anciens Sien-
pi que les Huns avoient vaincus autrefois. Ils étoient gou-
vernés par des chefs , & demeuroient au nord du Leao-
tong & du Petcheli. A-pao-ki les fit sortir de l'oubli dans
lequel ils avoient été jusqu'alors. Il devint puissant &

( a ) Le 1o ded Zoulcada de l'an 389 de l'Hegire.

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chef de toute la Nation ; il soumit toute la Tartarie qui
est au nord de la Chine , & succéda à la puissance des
Hoei-ke. Ses successeurs firent de grandes conquêtes dans
la Chine , y prirent le titre d'Empereur, & donnerent
alors à leur §e le nom de Leao. Ils obligerent in-
sensiblement les Hoei-ke à se retirer davantage du côté
de l'occident, en leur enlevant les places qu'ils occupoient
sur les frontiéres de la Chine.
Ces Hoei ke étoient gouvernés par différens Khans.
Un d'eux nommé Ye-lou-ke demeuroit à Kan-tcheou, un
autre appellé Gan-mi à Tsin - tcheou , & l'un & l'autre
recherchoient la protection des Chinois contre les Leao.
Il y en avoit un autre qui résidoit à Aksou , son Empire
étoit très-considérable & s'étendoit jusques aux pays des
Mahometans. On lui donnoit le titre de Sse-tse-vam. C'est
apparemment Illik-il-khan qui laissa en mourant son Em-
pire à son frere Toghan-khan. Sous le regne de ce Prin-
ce les Khitans firent une grande irruption du côté de l'oc-
cident ; leur armée montoit à plus de trois cens mille hom-
mes , ils s'approcherent de Balasgoun où ils mirent tout
au pillage. † rassembla aussi-tôt ses armées ,
les obligea de retourner dans leur pays, les défit †
tous, & leur enleva un butin immense , beaucoup de vases
& plusieurs autres raretés de la Chine. Ce Prince mourut
uelque tems après, & Aboulmodhaffer Arslan - khan lui
uccéda. Les Khitans firent une nouvelle irruption vers
Kan-tcheou, & furent battus par les Hoei-ke. Mais dans
la suite les Princes de la Dynastie de Hia qui s'étoient
établis sur les frontiéres occidentales de la Chine enleve-
rent aux Hoei-ke-So-tcheou, Kua-tcheou & Cha-tcheou.
Il est encore fait mention d'un Khan de ces Turcs nom-
mé Scharf-ed-doulet qui partagea ses Etats entre ses parens
Bogra-khan, Toghan-khan & Aly-teghin. C'est sous † pre-
mier que les Turcs Seljoucides commencerent à paroitre.
Les Hoei-ke d Orient envoyerent alors des tributs aux
Tartares Khitans. L'histoire nous apprend que deux de
leurs Khans, l'un nommé Ho-li-khan, l'autre Houo-la-san
qui regnoit à Cha-tcheou en envoyerent ensuite aux Tar-

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§ Ta tares de Niu-tche qui succéderent aux Khitans ; ils conti"" " nuerent à le faire pendant tout le regne de cette Dynastie. Enfin ils en envoyerent aux Mogols sous le regne de Mangou-khan ; depuis ce tems ils ont été confondus avec tous les autres Tartares. L'Empire de la Tartarie passa successivement auxTartares Khitans & aux Niu-tche qui le possederent jusqu'au tems de Genghis-khan. Les Hoei-ke furent les premiers peuples de la Tartarie qui eurent des liaisons plus § avec les Maho- . metans ; ils ont été § par les Historiens Arabes & Persans, avec les autres Turcs qui étoient venus établir leurs campemens dans le Maouarennahar. , Tous ces Turcs ne cesserent plus de faire des courses dans l'Empire des Khalifs. Dans la suite ils pénétrerent d'avantage du côté de l'occident, & formerent un grand nombre # Dynasties qui enleverent aux Khalifs la plûpart de leurs Provinces. De simples esclaves Turcs s'emparerent de l'Egypte , où ils s'établirent sous le nom de Thoulounides & d'Ykhschidites ; d'autres appellés Ghaznevides se rendirent maîtres du Khorasan & d'une partie des Indes. Après eux parurent les Seljoucides qui se partagerent en plusieurs branches ; l'une s'établit dans la Perse & prit Bagdad, sa domination s'étendoit depuis Antioche jusqu'au Turkestan. Une seconde branche regna dans le Kerman, & dans quelques autres Provinces de Perse voisines des Indes. Une troisiéme ne fut arrêtée que par le détroit de Constantinople, & enleva aux Grecs toute l'Asie mineure. Enfin une quatriéme s'établit dans Alep & Damas. Une foule de Turkomans se répandit en même-tems dans l'Armenie & dans toutes les Provinces voisines où ils fonderent plusieurs petites Principautés. Quelques Officiers des Seljoucides, connus sous le nom d'Atabeks, formerent de puissans Empires dans la Syrie. L'invasion de tant de barbares désola toutes ces contrées orientales ; la Terre-Sainte conquise & reduite dans une dure captivité par les Turcs anima les Chrétiens ; presque toute § mit sur pied des armées innombrables , qui sous le nom de Croisés

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L'an 1257. .

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Tome II. 1E

ortirent de leur re- .

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