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vinces de la Chine. Tche-sin avec ses Turcs se joignit aux Généraux Chinois & les aida à appaiser les troubles. Ces services lui valurent de nouvelles dignités & surtout le nom de famille Li, qui étoit celui de la Dynastie des Empereurs des Tam ; l'Empereur y ajouta le nom de Koue-tchang. Depuis ce tems Che-sin n'est plus appellé par les Historiens Chinois que Li-koue-tchang. On le plaça ensuite avec ses sujets à Kuei-hoa-tching ou Kou-kouho-tun dont il eut le gouvernement ; il abusa bientôt de la confiance que les Chinois avoient en lui , & tua quelues-uns de leurs Officiers; mais ce premier mouvement † Li-koue-tchang ne fut rien en comparaison de ce que son fils Li-ke-yong fit dans la suite. Il y avoit alors dans la Chine un fameux rebelle nommé Hoang - tchao (a). Ces troubles & la disette porterent deux Officiers qui commandoient quelques troupes des Cha-to à former le projet d'engager Li-ke-yong à se mettre à leur tête. Un d'eux le vint trouver, lui fit connoître ce que la plûpart des troupes pensoient en sa faveur, s'assura de ceux de la Nation dont on pouvoit se défier; Li-ke-yong rassembla dix mille hommes,& alla joindre son parti.La revolte n'étoit pas encore entiére,Li-ke-yong ne souhaitoit que d'obtenir quelques nouveaux grades, & surtout d'être confirmé dans le poste dont il venoit de s'emparer ; il l'envoya demander à l'Empereur qui le refusa, quoique la situation de l'Empire eût dû engager ce Prince à fermer les yeux sur ce qui venoit de se passer. Li-koue-tchang demanda la même grace pour son fils à l'Empereur & promit que jamais la tendresse aternelle ne lui feroit rien entreprendre contre l'Empire, si † s'écartoit de son devoir, & qu'il seroit le premier

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à marcher contre lui ; mais l'Empereur en persistant à ne pas
accorder ie pardon à Li-ke - yong, voulut donner à Li-
koue-tchang le gouvernement de Ta-tong-fou ; celui-ci
le refusa , alla se joindre à son fils , & ils remporterent en-
semble une victoire sur les Généraux Chinois.
Dans la suite Li-koue-tchang entra par le détroit de
Yen-muen - kouan (a) & vint ravager le pays de Hin-
tcheou ( 4) & de Tai-tcheou (c); il assiegea la ville de Tcin-
yam (d). Les troupes chinoises vinrent à sa rencontre &
Kao-ven-tçi qui commandoit dans Tço - tchecu pour Li-
4e-yong leur remit cette place. Ce contre-tems obligea
Li-ke-yong de venir faire le siège de cette place; mais il fut
battu par les Chinois qui allerent aussi-tôt assiéger Goei-
tcheou (e). Li-koue-tchang éprouva le même sort que son
fils ; toutes ses troupes furent dispersées, & il se sauva avec
son fils dans le nord , chez les § ou Ta-tche , Hordes
des Mo-ko qui demeuroient alors dans la montagne In-
chan. Les Chinois firent demander à ces Tartares les
deux chefs des Turcs : alors Li-ke-yong, dans la crainte
que les Ta-ta ne le livrassent, se retira avec les plus bra-
ves de ses amis dans les forêts où il se forma un parti ;
mais quelque tems après, dans un festin qu'il leur donna,
il avoua crime envers l'Empereur, & parut souhai-
ter de rentrer en grace. Il offrit de prendre le rebelle Hoam-
tchao qui s'étoit retiré dans le nord ; c'étoit par-là qu'il
vouloit mériter son pardon ; mais les Ta-ta ne paroissant
pas être disposés à armer en sa faveur, il s'adressa à quel-
ques Officiers Chinois qui firent connoître ses sentimens à
l'Empereur : ses services furent acceptés, & il vint joindre
avec ses troupes celles des Chinois qui marchoient contre
le rebelle Hoang-tchao. Ilavoit quarante mille hommes qui
étoient tous habillés de noir. Il rendit de grands servi-
ces à l'Empereur, battit les troupes du rebelle en plu-

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sieurs rencontres, s'avança jusqu'à Si - gan-fou où il rem-
porta une nouvelle victoire au midi de la riviere Kuei ,
& obligea Hoam-tchao à prendre la fuite ; pour récom-
ense de tant de services, l'Empereur Hi -tçung lui donna
§ titre de Kong de Long-si : Li-ke-yong étoit alors. âgé de
28 anS. -
Dans la suite ce Chef des Turcs se rendit à Pien-tcheou
(a) dans le Ho-nan ; un des pricipaux Officiers de l'Empire
nommé Tciuen-tchong l'ayant engagé dans un festin, ces
Généraux s'enyvrerent tellement qu'ils en vinrent aux in-
vectives. Pendant la nuit Tciuen-tchong fit mettre le feu
à la maison dans laquelle logeoit Li-ke-yong ; ce dernier
courut un grand danger dans cette occasion ; mais il fut
assez heureux pour échapper ; il s'en retourna à Tcin-yam
& fit demander à l'Empereur la permission d'aller atta-
quer Tciuen-tchong. L'Empereur Hi - tçong s'efforça de
1'appaiser, & lui donna le titre de Roi ; mais cès deux
Officiers garderent toujours l'un pour l'autre une haine
ui n'éclatta dans la suite qu'au désavantage de l'Empire.
ð après Li-ke-yong perdit son pere Li-koue-
tchang- -
Tçiuen-tchong cherchoit alors à s'emparer de toutes les
villes voisines de son gouvernement, & Li-ke-yong avoit
levé des troupes pour s'opposer aux progrès de ce rebelle.
Cette guerre se faisoit sans la participation de l'Empereur
dont l'autorité étoit alors peu respectée. Lorsque Tchao-
tçong fut monté sur le thrône imperial les ennemis de Li-
ke-yong & principalement Tçiuen-tchong se réunirent tous
& solliciterent l'Empereur de déposer Li-ke-yong & d'en-

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voyer des troupes contre lui. Ils représenterent ce chef .

des Turcs comme un rebelle qui causeroit la ruine de l'Empire. L'Empereur qui n'avoit pas oublié tous les services que Li-ke-yong avoit rendus aux Chinois, ne vouloit pas permettre que l'on opprimât cet Officier ; mais trop foible pour résister aux sollicitations de ses Ministres,

& trop aveugle pour ne pas voir que ceux-cine cherchoient

, (a) Aujourd'hui Cai-fong-fou dans le Honan , & la même que Ta-leam.

Tome lI. - E

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qu'à vanger leurs querelles particuliéres aux dépens de

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ces deux Officiers fit beaucoup de tort à Li-ke-yong, son Parti s'affoiblit & celui de Tciuen-tchong n'en devint que Plus redoutable. Li-ke-yong battit ensuite les Tou - kohoen dont il tua le chef nommé He-lien-to qui s'étoit toujours déclaré contre lui auprès de l'Empereur. De-là il mar

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les Provinces de son gouvernement ; il détruisit Voutcheou ou Kou-kou-hotun, assiégea Sin - tcheou (a) qu'il prit, après avoir battu les troupes que Li-kuam-tcheou avoit † pour la défendre ; il mit en fuite ce Général dans une seconde action & vint attaquer Yeou-tcheou ou Pe-kim où il entra au commencement de l'année suivante.

L'entreprise hardie de quelques Officiers de l'Empereur qui s'étoient mis à la tête des troupes sans aucun ordre, & qui paroissoient vouloir disposer à leur gré du gouvernement de l'Empire, obligea de nouveau Li-ke - yong d'offrir ses services à l'Empereur Chao-tçong. On peut juger, par l'indépendance dans laquelle étoient la plûpart de tous ces Généraux, de la véritable situation de l'Empire de la Chine. Li-ke-yong s'avança aussi - tôt jusqu'à Kiang-tcheou dans leChansi dont il s'empara. Les Généraux rebelles n'eurent pas plûtôt appris sa marche qu'ils se retirerent vers Si-gan-fou, où s'efforçant de faire passer Like-yong pour un rebelle , ils voulurent engager l'Empereur à quitter cette Capitale, pour se retirer dans Fongsiang-fou ou dans quelqu'autre place ; il y eut beaucoup de troubles à cette occasion dans Si-gan-fou, tout le peuple étoit sous les armes, le trop foible Empereur, qui mettoit toute sa confiance dans ses propres ennemis, crut devoir aller se renfermer dans la forteresse de Che-muen. Les troupes de Li-ke-yong qui s'approchoient de la Capitale désirent celles de Vam-him-yu un des rebelles, & envoyerent à l'Empereur un officier qui avoit été fait pri· sonnier. Alors Li-meou-tchin, autre rebelle que cet éxem

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& l'envoya à l'Empereur afin d'obtenir sa grace. L'empe

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Après J. C.
Li ke yong.

L'an 895.

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