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hommes pour
s'en emparer.

Tcheou-te-goei tenta vainca
Après J.C.
Li-tlun-hių ment de l'arrêter : on ne l'écouta pas , & on se mit en
L'aa 918. marche : les ennemis avoient également quitté leur camp

& s'étoient rendus à Hou-lieou - po où les Tcin comptoient aller. Li-tsun-hiu marcha à l'ennemi, suivi de Tcheoute-goei qui auguroit mal de ce combat & qui étoit persuadé qu'on seroit battu. Dans la route il disoit même à son fils qu'il alloit à la mort. Les Tcin eurent d'abord quelque avantage & obligerent les Leam à se retirer à Po-yam (a); mais ceux qui conduisoient les bagages des Tcin, en apperçeyant l'armée ennemie , se replierent sur les troupes de Pe.king, & rompirent ce corps. T cheou-te-goei ne put

le rallier : les Leam qui profiterent de ce désordre, l'environnerent de tous cótés & firent un grand carnage. Le Roi des Tcin avec ce qui lui restoit de troupes s'empara d'une petite montagne qui commandoit sur toute l'armée ennemie. Comme l'infanterie des Leam étoit au pied, & que la cavalerie étoit déja entrée dans Po-yam, on refolut de tomber sur l'infanterie ; on la surprit & on tua en peu de tems trente mille hommes. Par cette viEtoire, l'armée des Tcin retourna dans son camp & alla prendre ensuite Po-yam. Il y avoit deux places de ce nom que les Tçin venoient de faire construire sur le bord

du Hoam. L'en 919.

La défaite des Leam j'etta l'épouvante jusques dans la Capitale de l'Empire appellée Ta-leam ou Kai-fong-fou, Déja l'Empereur le disposoit à se retirer à Lo-yam. Ses troupes ne laisserent pas d'aller afliéger les deux forteresses de Te-ching-tching (6), l'une située au nord & l'autre au midi, c'est cette derniere que les Leam attaquerent : leur Général nommé Ho-hoan fit faire plusieurs petites barques qu'il mit fur le Hoam pour arrêter_les secours qui pourvoient venir de la part des Tcin. Elles incommoderent beaucoup les assiégés qui proposerent de grandes récompenses à ceux qui pouroient les détruire. Un Officier de. manda trois cens hommes armés de cuirasses & de haches

( a ) Aujourd'hui Po-tcheou qui dépend de Tong chang-fou dans le Chenfi.
1b) Au midi de Kai-tchcou dans de territoire de Ta-mim-fou.

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suivre les conseils de ceux qui voudroient l'élever à l'EmAprès J. C. Li tsun-kia pire ; il se rappelloit alors ces paroles , mais tous ses Of L'an 921. ficiers l'ayant exhorté à profiter de la fortune , il fit ache

ter les ornemens impériaux qu’un Bonze de Goei-tcheou avoit conservés dans la prise de Si-gan-fou par Hoam-tchao. . Tchang-tching-nie n'eut pas plûtót été inftruit que le roi des Tcin songeoit à se faire déclarer Empereur, qu'il se rendit en diligence à Goei-tcheou , & vint lui reprocher de ne pas suivre les traces de son pere , qui n'avoit eu d'autre dessein que de soumettre les rebelles pour rétablir ensuite la famille impériale. Le roi des Tcin lui fit voir que c'étoit le võu de tous les peuples , & non le sien : alors Tchang-tching-nie se retira à I cin-yam en soupirant ; le Roi pendant ce tems-là s'appliqua à connoître quelles étoient les différentes charges de l'ancien Empire des Tam, afin de les rétablir dans sa nouvelle Cour ; il envoya ensuite des troupes pour foumettre le rebelle Tchangven-li qui paroissoit vouloir attirer les Kitans dans l'Empire, & qui avoit demandé du secours aux Leam. Ce rebellé ne tarda pas à être repoussé , & mourut quelque tems après. Dans le même-tems l'Empereur des Leam rassembla ses troupes pour venir assiéger la ville de Te-chingtching du nord, forteresse située proche Ta-mim-fou. Lifsu-yuen se mit en ambuscade à Mie-tching (a) proche Kaitcheou , & tomba sur les Leam qui furent battus & qui perdirent vingt mille hommes.

Le roi des Tcin , qui avoit intérêt de garderles forteresses de Te-ching-tching , y envoya de nouvelles troupes , & avec une autre armée il alla attaquer Tchin - tcheou dont put

se rendre maître. Les Kitans revinrent alors faire de courses dans les environs de Pe-king. Le dessein de leur Roi étoit de s'emparer de Tchin-tcheou où il esperoit trouver des femmes dont on lui avoit vanté la beauté. Il prit Tcho-tcheou, & marcha vers Ting-tcheou qui auroit été également soumise , si le roi des Tcin ne fut venu promptement au secours avec une armée. Lorsque ce Prince fut arri

il ne

(4) Dans le cerritoire de Ta-mim fou.

vé à Sin-tching,il trouva l'avant-garde des Kitans qui passoit le Heuve Cha (a) : ses soldats prirent aussi - tôt la fuite , & Apres ! C. ses Officiers vouloient qu'on s'en retournât, parce que l'an 927. les Leam étoient entrés dans le Royaume. Mais le roi des Tcin ne laissa pas de s'avancer & lorsque les Kitans le virent ils se retirerent; il les fit poursuivre & on fit prisonnier le fils de leur Roi. Alors ces Tartares allerent camper sous Vamtou (6), où il se rendit. Il y fut alliégé par les Tartares de Ki; mais Li-fsu-tchao le dégagea de ce mauvais pas. On battit les Kitans & on les poursuivit jusqu'à Ye-tcheou. Les neiges qui tomberent alors en quantité acheverent de ruiner l'armée desTartares,Li-tsun-hiu délivra Yeou-tcheou ou Pe-king & chassa les Kitans de ses frontiéres.

Le roi des Tcin fut bientôt obligé de quitter le canton de Pe - king pour accourir au secours de Ġoei - tcheou

que l'armée impériale étoit venue assiéger. A l'approche des troupes des Tcin, celles de l'Empereur décamperent; elles ne furent pas plus heureuses devant Te-ching-tching du nord , leur camp fut brûlé, & elles se retirerent en défordre. Cependant le roi des Tcin n'avoit pas encore pâ prendre Tchin-tcheou : un de ses Généraux la tenoit alliégée, & la ville manquoit de provisions ; mais l'imprudence de cet Officier rendit inutile les travaux , il se laissa surprendre

par la garnison qui l'obligea de se retirer à Tchaotcheou & on fut contraint d'y envoyer un autre Général qui fut tué. En même-tems les Leam vinrent prendre Goeitcheou ou Goei-kiun-fou & plufieurs autres villes voisines, par-là tout le pays qui étoit à l'occident de Tan-tcheou & au midi de Siam-tcheou tomba sous la domination des Leam. D'un autre côté le Gouverneur de Tchin - tcheou, voulant profiter de la négligence de Li-fsu-tcin Général des Tcin le fit attaquer par lept mille hommes qui furent repoussés & la garnison de Tchin-tcheou qui manquoit de vivres fut contrainte de capituler. Le Gouverneur fut remis entre les mains des habitans de Tcha-tcheou qui poufferent

(a) Ce Fleuve est à 21 li à l'Occident de Tço-tchcou dans le territoire de Pao-ting-fou. (6) Aujourd'hui Pao-tim-fou.

la cruauté jusqu'à le manger. On laissa un Gouverneur dans Après J. C. Tchin-tcheou.

Li-tsun-hig

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i

Tchoam

Le roi des Tcin employa le commencement de cette antcong née à nommer quelques Officiers , il fut ensuite occupé de L'an 923. la revolte du Gouverneur de Lou-tcheou qui avoit livré

cette ville aux Leam. Ce contre tems ne l'empêcha pas cependant de prendre le titre d'Empereur à Goei-tcheou il voulut

que sa Dynastie fût appellée Tam ( a ), nom sous lequel nous le désignerons désormais ; il choisit un lieu pour faire le sacrifice à ses ancêtres , & donna à ceux-ci les titres d'Empereur & d'Impératrice, suivant l'usage des Empereurs de la Chine fondateurs d'une nouvelle Dynastie. Il établit sa Cour orientale à Goei-tcheou qu'il appella Hingtam-fou, & à Tai-yuen-fou la Cour occidentale. Il donna à Tchin-tcheou le nom de Tchin-tim-fou,& il y mit fa Cour du nord. Ce Prince étoit maître alors de treize provinces qui contenoient cinquante Tcheou. Depuis ce tems , les Historiens ne donnent plus à Li-tsun- hiu que le titre de Tchoam-tçong, qui est son titre d'Empereur.

Les Kitans étoient venus plusieurs fois faire des courses dans les environs de Yeou-tcheou , la ville de Goei-tcheou avoit été prise par les Leam, celle de Lou-tcheou s'étoit revoltée. 'Telle étoit la situation de ce pays, lorsqu'un Officier de Yun-tcheou passa chez les Tam, & les informa que cette derniere place, qui n'avoit pas plus de mille hommes de garnison, pouvoit être prise en peu de tems. Le roi des Tcin ou plûtôt l'Empereur des Tain, chargea Lissu-yuen de s'y rendre avec cinq mille honimes. On s'approcha pendant la nuit des murailles sans que les habitans s'en apperçussent : on tua les sentinelles , & on pénétra dans la ville, mais le Général défendit qu'on fît le moindre. dégât. Cette conquête amigea beaucoup l'Empereur des

(a) Les Historiens l'appellent Heou-tam , c'est-à-dire les Tam posterieurs,pour difa tinguer cette famille de celle des Tam qui avoit été détruite quelque tems auparavant.

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