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Tchoam-
LES TURCS CHA-TO. Livre VIII.

mais il en confia la garde d econg.

Les Leam

Leam, qui fit rallembler auli-tôt les armées & les envoya Ap:ės 1. C.
vers Te-ching-tching du midi : l'Empereur des Tam vint
au secours de cette place. dre par la négligence. Alors l'ap 923,
Cheou-yn, qui la laissa
les Leam entrerent dans les pays des Tam, toutes les fron
riéres de ces derniers furent à découvert , & ils furent obli-
gés d'abandonner un grand nombre de placu-tching (a),
cependant vinrent échouer devant

Lawtching/a),
dont ils ne purent se rendre maitres. Ils furent ensuite re-
pouflés de tous côtés : la prise de Tçe-tcheou ne les
Officiers qui se retira chez les Tam acheva de les ruiner ,

des Leam.

tching , il avoit voulu faire de grandes provisions de vivres

Depuis que l'Empereur des Tam avoit perdu Te-ching pour entreprendre une nouvelle guerre, mais ses sujets fatoient pas suffisans pour fourniraux dépenses. D'un autre côtigués, désertoient en grand nombre, & les tributs n'éle midi les préparatifs d'une grande expédition qui avoit les Kitans ravageoient le nord, les Leam faisoient dans tsun-hiu accablé de tristesse & d'inquiétude fit assembler l'on devoit prendre. Quelques-uns proposerent de faire la tcheou qui étoit difficile à garder,

pour

objet la destruction entiére des Tam. L'Empereur Litous ses Généraux pour délibérer avec eux sur le parti que pair avec les Leam , & de leur rendre la ville de Yun

en demandant en échanQuei-tcheou & Li-yam; mais ce parti ne fut pas du goût

Se l'Empereur. On prit celui de défendre cette place dont l'abandon paroissoit devoir causer la honte & la perte des Tam. Les troupes s'y rendirent aussi-tôt. On attaqua l'armée des Leam qui fut battue , leur Général Yen -tchang étant tombé de cheval en prenant la fuite , fut fait prison

deux cens autres des principaux de l'armée furent pris. Le Général Yen - tchang parloit avec beaucoup de mépris de l'Empereur des Tam & le traitoit d'enfant & de barbare;

(4) C'est aujourd'hui une forteresse proche Tong-ho-hien dans le district de Tunga

pim-fou dans le Chantong.

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Après J. C.

1 Empereur voulut le gagner par la douceur, il connoifTchoam-“ foit son mérite & fon expérience dans l'art militaire : il le tẹong. fit panser de ses blessures & lui envoya quelques-uns de fes L'an 923

Officiers pour le confoler. Mais ce Général ne put jamais se résoudre à devenir le sujet des Tam , après avoir servi pendant long-tems avec zéle les Empereurs des Leam. L'Empereur regretta de ne pouvoir s'attacher ce Général, dont la prise l'assuroit de la ruine des Leam , & ce ne fut qu'à l'extrêmité qu'il resolut de le faire mourir. On s'avança ensuite à Tcao-tcheou dont le Gouverneur se rendit.

Aussi-tôt que l'Empereur des Leam eut appris la mort de son Général & l'arrivée des Tam , il s'abandonna à la douleur la plus vive , & ne douta plus que l'Empire alloit lui être enlevé. Tous ses Ministres, incertains de ce qu'on devoit faire, versoient des larmes sur le sort de ce Prince & de fa famille & l'Empereur eut quelques reproches à essuyer. Il y avoit encore des troupes dans la Capitale ; mais ce prince,qui craignoit que ses freres ne profitassent de son malheur pour exciter des troubles,ne voulut point que cette garde le quittât : il mit des troupes étrangeres sur les murailles & fit égorger ceux de sa famille dont il se défioit. Ensuite il demanda à se retirer à Lo-yam, dans le dessein d'y rassembler un plus grand nombre de soldats. Ce projet n'ayant point été goûté , ce Prince quitta les ornemens impériaux qu'il renferma dans un endroit secret , & paffa les jours & les nuits à déplorer sa situation. Il proposa ensuite à un de ses Officiers de lui

couper

la tête cet Officier refusant d'obéir , voulut fe percer lui - même de son épée , l’Empereur l'arrêta & lui dit qu'il souhaitcoit mourir avec lui. Alors l'Officier le tua & fe tua ensuite.

Pendant ce tems-là , l'armée des Tam, qui s'étoit approchée de Ta-leam , entradans cette Capitale, l'Empereur des Tam ne fut pas long-tems à venir en prendre poffesfion. Plusieurs Officiers , selon le caractère des Chinois , aimerent mieux se donner la mort que d'aller se foumettre au nouvel Empereur. Le Général Kia-y qui avoit sous ses ordres une armée de cinquante mille hommes se rendit', on détruisit la famille entiére de plusieurs de ceux qui ne voulu

L'an 9230

rent pas suivre cet exemple. On renversa la salle des ancêtres de la Dynastie des Leam, on dégrada les Empereurs Tchoam

Après J.C. de cette famille ; c'est-à-dire qu'on leur ôta le titre d'Empe- tçong. reur , & qu'on les réduifit, quoique morts, à l'état de simple particulier. Les autres Officiers & Généraux d'armées qui vinrent se rendre furent conservés dans leurs charges. Litsun-hiu n'étoit pas encore satisfait, il vouloit pousser la vengeance plus loin & déterrer les corps des Empereurs des Leam pour les brûler ; mais on lui représenta que ce fupplice étoit inutile, puisque ces Princes étoient morts & que leur famille étoit détruite. Ces tombeaux étoient au sud-est des murailles de Ho-nan-fou. On se contenta de les démolir jusqu'à terre & d'y planter des arbres. Alors les roi de Tçou & de Ou envoyerent des ambassadeurs à l'Empereur des Tam , & reçurent de lui des titres. Plusieurs Officiers des Leam vinrent encore se rendre , ensuite l'Empereur fit une reforme dans le trop grand nombre d'Officiers qu'il avoit , il ne voulut plus qu'il y eût de Cour du nord, il donna à Si-gan-fou le titre de Cour d'occident , & la fit appeller Kim-tiao-fou ; enfuite il transporta sa Cour à Lo-yam dans la province de Ho-nan'où il reçut des ambassadeurs du roi de Ou.

Ce Prince n'avoit que des Musiciens au tour de fa personne, il leur faisoit des présens considérables & les élevoit aux premiéres charges de l'Empire , cette conduite excita beaucoup de murmures & les étrangers le mépriserent. Un petit Roi nommé Kao-ki-tchang(a) qui étoit venu à Loyam pour lui rendre hommage, ayant marqué publiquement son indignation, l'Empereur voulut le faire arrêter ; mais on le retint en lui représentant que dans un tems où il ne venoit que d'être reconnu Empereur, & où les Princes tributaires n'avoient envoyé que leurs parens à fa Cour, il devoit avoir plus d'égard pour Kao-ki-tchang qui y étoit venu lui-même, & que par le traitement qu'on lui feroit détermineroit les autres à se foumettre. Alors Kao - ki - tchang ne fut point arrêté, mais il s'en retourna mécontent de 1 Empereur. (a} Il étoit roi de King-nap.

içong.

L'an 924

Les Kitans recommencerent leurs courses du côté de Après J. C. Tchoana". Pe-king, mais le Général Li-ssu-yuen étant venu au secours

de ces Provinces du nord il les obligea de sortir. En mêmetems Li-meou-tchin roi de Ki, ayant appris que les Tam s'étoient emparés de Lo-yam , la crainte qu'il eut qu'on ne vint l'attaquer, lui fit prendre le parti d'envoyer son fils Kiyen pour présenter ses tributs au nouvel Empereur & se déclarer fon vassal. L'Empereur établit quelques nouveaux Officiers qui ne servirent qu'à mettre la division parmi les troupes , parce qu'ils furent continuellement occupés à difputer leur autorité avec d'autres plus anciens & il en resulta un grand désordre. Ensuite l'Impératrice vint à Lo-yam & Tchoam-tçong fit publier un amniftie dans tous ses États afin d'engager tous les Officiers, qui étoient encore attachés aux Leam, à se soumettre; il donna à Li-meou-tchin le titre de Roi de Tsin, à Kao-ki-tchang le titre de Roi de Nan-pim & des charges à quelques autres Officiers. Il fit examiner les poids & les mesures qui avoient été altérés ou contrefaits ; mais ce qui deshonora ce Prince fut les grandes charges de l'Empire qu'il donna à des Musiciens. La ville de Lou-tcheou qui se revolta alors fut cause qu'il fit détruire toutes les places qui n'étoient pas en bon état. Les Kitans firent en même teins une irruption du côté de Pe-king.

Les habitans de Kua-tcheou & de Cha-tcheou & les Tibetans demeuroient alors ensemble sous la conduite d'un chef nommé Tçao-y-kin qui se soumit à ce Prince, l'Empereur lui donna un titre. Il marcha ensuite contre la ville de Lou-tcheou & la soumit, Il envoya des troupes pour faire des digues & arrêter les eaux qui s'étoient débordées sous les Leam; mais ce travail ne put être achevé, ce Prince

de dépenses inutiles , surtout depuis qu'il étoit parvenu à l'Empire , ses plaisirs étoient sa plus grande occupation. Un Ministre lui reprocha de ne point ménager le peuple, de l'accabler d'impôts & de ruiner en mêmetems les campagnes dans les parties de chasse qu'il faisoit. Il reçut aussi l'hommage du roi de Cu-yue , & les Kitans vinrent piller Goei-tcheou. Ces peuples étoient alors très

puissans :

faisoit trop

l'Empere

de troupes.

puissans : tous les Barbares du nord-est leur étoient soumis; cependant ils ne purent empêcher que lesTartaresMo-ko qui fchoam

Après J.C. demeuroient vers le fleuve Amour ne lui envoyassent des tçong. tributs. Ces Tartares avoient alors un Roi nommé Ou-ulh. L'an 925. Les Kitans revinrent faire des courses vers Pe-king; en mêtems tous les autres peuples du nord - eft qui craignoient cette puissance chercherent à s'appuyer de la protection de

reur. Les Mo-ko, les Niu-tche, les Ki, les Coréens; du côté de l'occident, les Tou-ko-hoen & même les Turcs qui avoient alors pour chef Hoen-hiai-dui

chef Hoen-hiai-lui envoyerent des ambassadeurs. Pour arrêter les courses des Kitans il plaça Li-slu-yuen dans le nord avec un corps de

Depuis que les Tam s'étoient rendus maîtres de l'Empire , le petit Roi de Han craignoit pour ses Etats. Dans le dessein de connoître à fond quelle étoit la puissance du nouvel Empereur, il lui envoya un ambassadeur, chargé secrétement de s'informer de la véritable situation des Tam: il apprit pàr-là que l'Empereur étoit un Prince fier, débauché & qui ne prenoit aucun soin des affaires ; il cessa aussi - tốt tout commerce avec lui , & parut ne le plus appréhender. Les vices du Prince l'assuroient de la foiblesse du gouvernement; d'ailleurs la Chine n'étoit pas entiérement soumise à l'Empereur ; il y avoit dans quelques-unes de ses Provincis des Rois qui étoient très-puissans. On peut comparer l'état dans lequel elle étoit alors, à celui de l'Europe entiére , qui est divisée en plusieurs grandes Monarchies. La Chine , à peu près aussi étendue que cette partie du monde, contenoit différens Royaumes aussi grands & aussi puissans que le sont ceux de l'Europe. Le titre d'Empereur n'étoit alors qu'un vain titre. Le Prince qui le portoit aimoit la guerre, & jaloux de son autorité, il ne vouloit pas la confier à ses Ministres ; mais il la déposoit toute entiére entre les mains de ses Musiciens,& les grands Officiers qui déplaisoient à ceuxci étoient déposés ou éloignés de la Cour. Les Eunuques qui regnoient aussi sous ce Prince achevoient de ruiner l'Empire. Pour augmenter leur autorité ils introduisoient dans le palais un grand nombre de concubines; ils devenoient par-là plus nécessaires, & le Prince plus dissipé, ils Tome II,

K

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