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Dekak,

mes, au secours d'Antioche (a). Il étoit accompagné de DéApr. J. C. kak Roi de Damas, de Thoghteghin , de Dgenah ed doulet Redouan." Roi d'Hemesse, de Sokman, fils d'Ortoc, Roi de Maredin,

d'Arslan schah Roi de Sandgiar, & de plusieurs autres Emirs Turcs. Il vint camper dans le territoire d'Edesse ou Roha, qui.appartenoit alors aux Francs. Il fit le siége de cette place, mais Baudouin l'obligea , après trois semaines, de décamper. Pour couvrir sa honte il prétexta la nécesité d'aller promptement délivrer Antioche, remettant la prise d'Edesse à son retour. Pendant ce tems-là les Princes Francs envoyoient de tous côtés des espions pour s'informer de la marche de cette puissante armée. Ils cachoient aux troupes qui étoient occupées au siége d'Antioche l'approche des ennemis. On proposa dans le Conseil de lever le fiége pour aller à la rencontre de Kerboga ; d'autres vouloient qu'on laissât des troupes

devant la ville: Boëmond profita de l'embarras dans lequel étoient tous les Chefs de l'armée, pour fair valoir les liaisons qu'il avoit ménagées dans la ville, & la nécefsité d'accepter les offres de Phirouz. Le seul Comte de Toulouse ne voulut rien relâcher des droits qu'il prétendoit avoir sur Antioche; mais on passa outre , & Boëmond se prépara à exécuter. son projet la nuit suivante. Il fut arrêté qu'à la neuvieme heure les Princes Croisés sortiroient à la tête de leurs troupes, sous prétexte d'aller au-devant de Kerboga , & que vers la premiere veille , ils rentreroient en filence dans le

camp. Dans le tems que ce projet alloit être exécuté, les Turcs qui étoient dans Antioche soupçonnerent qu'il se tramoit quelque trahison, & en accuserent les Chrétiens; Baghi-fian les interrogea tous, & Phirouz comme les autres ; mais cet Officier répondit avec tant de confiance , en proposant de changer tous ceux qui avoient la garde des tours & des murailles, qu'on le jugea innocent. On résolut de suivre son conseil; mais on ne le fit pas

assez laissa à Phirouz le tems de livrer la tour à Boëmond. Dans le moment qu'il étoit à conférer avec ce Prince du haut

promptement. On

(a) L'an 491 de l'Hegire.

Dekak.

des murailles, un des principaux Officiers de Baghi-sian passa avec un grand nombre de soldats &. de flambeaux, pour l'an Joos:

Apr. J. C. examiner li les sentinelles n'étoient pas endormies. Il recom- Redouan, nianda à Phirouz de veiller avec soin sur les mouvemens des Chrétiens. Aussi-tôt qu'il fut passé, Boëmond & les autres Princes se rapprocherent de la tour en silence ,avec leurs troupes. Après leur avoir donné le mot du

guet,

Phirouz lâcha une échelle de corde; mais aucun soldat n'osa' s'y risquer; Boëmond indigné de leur lâcheté, monta avec une intrépidité sans exemple & parla à Phirouz, personne ne fut encore assez hardi pour le suivre , & il fut obligé de descendre

pour les encourager & les faire revenir de l’étonnement dans lequel il les voyoit. Alors, tous coururent à l'échelle, monterent sur les remparts , égorgerent les sentinelles de dix autres tours & ouvrirent une porte. Les Francs entrerent en foule dans la ville, les assiégés se réveillerent & n’apperçurent partout que des Francs ; les Grecs , les Syriens & les Arméniens, qui pendant le siége avoient reçu mille avanies , se joignirent aux Croisés; on égorge de tous côtés les Turcs qui cherchent à se fauver. Plus de dix mille hommes sont passés au fil de l'épée. Baghi-sian prend la fuite & s'éloigne Aboulma

hafen. de cette ville qui étoit au pillage. Une playe qu'il avoit s'étoit ouverte , la force du mal & le désespoir d'aban- de Tyro ner sa famille & tous les Musulmans, lui cause le transport Aboulfedha au cerveau , il tombe de cheval, quelques cavaliers qui laccompagnent veulent le faire remonter, mais la foiblesse ne lui permet plus de se tenir ; les cavaliers le quittent pour se sauver eux-mêmes & le laissent à terre. Un Arménien occupé à couper du bois le rencontra comme il alloit rendre les derniers soupirs , lui coupa la tête & la porta aux Princes Francs. Le siége d'Antioche (a) avoit duré neuf mois. Les Francs y trouverent des richesses immenses. Les Historiens Orientaux disent qu'il périt dans le sac de cette ville cent mille, hommes.

Il restoit encore à prendre la citadelle dans laquelle trois Guillaume mille hommes s'étoient retirés avec Sansadonia (6) & Bul

Jacques de (a) Elle fut prise le 3 de Juin de l'an Dgioumadi elaoual. 1098, Aboulfedha dit, dans le mois (6) 'Peut-être Schamseddounia,

Guillaume

de Tyr.

Vitry.

Dekak,

nene. Aboulma

par

dag, fils de Baghi-sian. Elle étoit située sur le sommet d'une Apr. J. C. montagne & bien munie de provisions. Les Francs l’alliéRedouans. gerent inutilement. L'approche de Kerboga & de tous les

autres Princes Turcs les obligerent de songer à se défendre, Anne Com- & à rassembler à la hâte des vivres dont ils manquoient ;

le
pays

étoit ruiné le long séjour des armées. Le second mahasen

. jour de la prise d'Antioche, on commença à voir paroître Aboulfa

les troupes de Kerboga. Trois cens cavaliers bien armés s'aradge.

vancerent jusqu'aux portes de la ville, & le lendemain toute l’armée parut & investit la place. Les Princes Croisés partagerent entre eux les différentes portes ; mais ils ne purent empêcher que les Turcs ne fiffent entrer des troupes dans la citadelle; ơn commença les attaques qui ne furent point avantageuses aux Francs. Les Turcs pénétroient par la

porte de la citadelle jusques dans la ville , & on fut obligé de tirer un large foffé

que

l'on fortifia de bastions. Les efforts des Turcs pour enipêcher ces travaux , firent répandre beaucoup de fang de part & d'autre; quelques Chefs des Croisés abandonnerent la ville, & on fut contraint de leur faire prêter serment à tous , qu'ils resteroient jusqu'à la fin de la guerre. Les Francs enfermés de toutes parts, étoient réduits à mangerce qu'il y a de plus vil, les plus robustes n'étoient point en état de supporter la fatigue & la faim. La garde des murailles étoit tellement négligée, que peu s'en fallut que les Turcs ne furprirent une des tours. La famine augmentoit de plus en plus, & obligeoit la plâpart des soldats à déserter ou à s'exposer au milieu des ennemis pour aller chercher des vivres au bord de la mer, où il y avoit quelques vaisseaux Grecs & Latins. Mais les Turcs s'en étant apperçus, en arrêterent un grand nombre dans le passage, & envoyerent vers la mer deux mille cavaliers qui tuerent les matelots, & mirent le feu à la plûpart des vaisseaux. Ceux qui purent échapper prirent le large, publierent les malheurs des Francs , & porterent la désolation fur toutes les côtes. Aucun vaisseau n'ofa apporter du fecours dans Antioche.

Cette ville souffroit une famine horrible lorsque l'on apprit que l'Empereur de Constantinople s'avançoit à son secours

Aboulma

avec une armée considérable. Il étoit campé à Finiminis , où on le pressoit de hâter sa marche , en lui représentant l'état Apr. J. c. malheureux d'Antioche; mais ce Prince qui haiíToit intérieu- Redouan. rement les Francs, qui craignoit d'attirer sur lui toutes les Dekak, forces des Turcs , & de perdre les conquêtes qu'il venoit de faire dans l'Asie mineure, reprit le chemin de Nicée, ravageant tout ce qui étoit sur son passage, afin que les Turcs qui voudroient le poursuivre, ne trouvassent point de quoi subsifter. Cette retraite mit les Princes Croisés au désespoir. Kerboga avoit été inquiet de la marche de l'Empereur. Après que les soldats Chrétiens eurent, perdu cette elpérance, ils ne voulurent plus obéir à leurs Chefs, ni marcher à leur poste. Boëmond, pour les faire sortir des maisons où ils s'étoient retirés, fut obligé de mettre le feu en quelques endroits de la ville. Dans cet abbatteinent universel , un Prêtre dit au Comte de S. Giles que Jesus-Christ lui avoit apparu en ha'en. fonge , & lui avoit appris qu'il étoit resté en terre dans une Aboulfaéglise, le fer de la lance qui avoit servi à lui percer le côté; Guillaume que si les Chrétiens le trouvoient, ils devoient être assurés de Tyr. de la victoire; mais qu'il falloit auparavant passer trois jours en prieres & en jeûnes; tel est le récit d'Aboulmahafen & de plusieurs autres Historiens Orientaux, conformes en cela à la plậpart de ceux qui ont écrit parmi nous l'Hiftoire des Croisades; Aboulfaradge dit au contraire que c'étoit le fer d'une lance que portoit Saint Pierre ; quoi qu'il en soit, après que

l'on eût observé le jeûne on se rendit le quatrieme jour dans.l'Eglise, & on trouva dans la terre cette lance. Toutes les troupes persuadées de la vérité de ce miracle, reprirent courage, & demanderent à marcher au combat.

Les Chefs des Croisés s'assemblerent & résolurent d'envoyer Pierre l'Hermite au Général ennemi pour lui proposer de lever le fiége, & de laisser les Francs maîtres de la ville, ou d'accepter le combat seul à seul avec un des Princes Chrétiens, ou avec un petit nombre de soldats choisis. Pierre l'Hermite partit. Kerboga rejetta ses propositions, & le renvoya avec hauteur. Alors les Croisés se déterminerent à livrer un combat le lendemain. A la pointe du jour , après que les Prêtres eurent célébré la Messe; & que les Chrétiens eurent fait

leurs dévotions, toute l'armée se mit sous les arines. Les apr. J. C. Prêtres revêtus de leurs ornemens, parcouroient les rangs le Redouan. crucifix à la main, & animoient les soldats. Les troupes Dekak,

Françoises commencerent à sortir de la ville, & à se ranger en bataille au pied des murs. Les ennemis envoyerert d'abord deux mille hommes pour empêcher que les Francs ne palfassent le pont: Hugues le Grand les chargea vivement, les obligea de reculer , & les poursuivit jusqu'à leur camp. Cette petite actioni laissa le tems à toute l'armée Chrétienne de passer le pont & de s'avancer dans la plaine. Elle marcha en bon ordre, & à pas lent , vers des hauteurs dont il étoit important de se rendre maître, pour avoir toujours communication avec la ville, dans laquelle on avoit laissé quelques troupes. Le Sulthan d'Iconium (a) qui étoit venu au secours de Kerboga, avoit déja traversé la plaine avant que les Francs fissent ce mouvement, & étoit allé se poster du côté de la mer, afin d'arrêter ceux qui voudroient se fauver par cet endroit. Les trois premiers bataillons Francs s'avancerent à l'ennemi avec la lance & l'épée; toutes les troupes les suivirert, & le combat devint général. Les Ennemis plioient déja.. Le Sulthan d'Iconium vint fondre par

derriere , après avoir fait une décharge épouvantable de fleches, avec la masse & le fabre, sur Boëmond qui n'avoit pas encore donné. Boëmond alloit fuir; le Duc & Tancrede accoururent à son secours , & rétablirent fa troupe., Les Turcs prêts à être mis en déroute, jetterent des feux dans du foin & des écoupes qu'ils avoient préparés dans la campagne; aussi-tôt l'air fut rempli de fumée, ils firent un grand carnage de l'infanterie; mais la cavalerie s'étant dégagée de ce nuage épais, elle revint à la charge, & repousta les Turcs. Toute l'armée ennemie s'étoit retirée au-delà d'un torrent , les Francs marcherent à elle, & l'obligerent une seconde fois à prendre la fuite. Kerboga voyant que la bataille (b) étoit perdue se sauva avec une diligence extrême jusqu'au-delà de l'Euphrate; toute son armée fut dissipée, son camp pillé par les Francs

(a) Guillaume de Tyr le nomme So (6) Ce combat fut donné le 28 de liman ; mais il se trompe ; c'eft Kilidge Juin 1098, arflar,

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