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. Redouan. Dekak.

qui y trouverent toutes sortes de provisions, ils rentrerent dans la ville chargés de dépouilles, la citadelle se rendit, Apr, J. c. & Boëmond fut fait Prince d'Antioche. La prise de cette ville ouvroit aux Francs toute la Syrie.

Aboulmas Les deux Princes Seljoucides Dekak & Redouan qui alloient

hafen. être le plus exposés, écrivirent au Khalif de Bagdad nommé Mostadher , pour lui faire sçavoir ces malheurs & implorer son secours. Le Khalif qui n'avoit aucune autorité dans la Syrie, & qui ne pouvoit rien par lui

même, en donna avis au Sulthan Barkiaroc; mais les plaintes des Musulmans ne furent point écoutées. Dans le tems que l'armée Françoise se disposoit à partir d'Antioche, (a) l'Emir d'une forteresse

L'an 1094 voisine nommée Ezaz (b) implora le secours des Croisés, contre Redouan. Cet Emir faisoit depuis long-tems des courses sur le territoire d'Alep. Depuis l'arrivée des Francs , plufieurs femmes Chrétiennes étoient tombées en sa puissance, entre autres celle d'un nommé Foulques qui avoit été tué. Un des Officiers de l'Emir, épris de la beauté de cette femme, alla ravager les Etats du Roi d'Alep, dans le dessein de l'obtenir de l’Emir, comme une récompense de ses services. Ces courses devenues plus fréquentes obligerent Redouan à rassembler toutes ses troupes pour aller attaquer l'Emir d'Ezaz , & celui-ci moins puissant , eut recours aux Guillaume

Aquens. Francs, leur envoya en ôrage son fils Mohammed, & fit de Tyr. avec eux un traité. Trente mille Chrétiens conduits

par

le Duc de Lorraine & par plusieurs autres. Princes s'approcherent d'Ezaz qui étoit assiégée par une armée de quarante mille hommes. Redouan leva aussi-tôt le siége & reprit le chemin d'Alep. Sa retraite précipitée & ignorée des Chré. tiens fut cause que plusieurs de ceux-ci; en sortant d’Antioche , furent faits prisonniers, & que le Duc de Lorraine fut obligé de s'arrêter pour les délivrer. Il

attaqua

les
troupes

de Redouan qui emmenoient captifs un grand nombre de ces Chrétiens , obligea ce Prince à prendre la fuite, & après avoir rendu la liberté aux prisonniers, il se rendit à Ezaz où il reçut l'hommage de l'Enir. Ce château fut en quelque façon

(a) Aboulmahafen dit un vendredi 23 (6) Nos Historiens la nomment Hay de Schaban de l'an 492 de l’Hegire. Tome II. Part. II,

N

Albertus

fart.

Dekak.

corum.

Albertus Aquenf.

réduit par-là sous la puissance des Francs ; dans la suite ceuxApr. J. C. ci en abuserent & s'y rendirent en si grand nombre qu'ils Redouan." devinrent incommodes aux Turcs. L'Emir se repentit de

les avoir appellés. Les habitans avec les Turcs des environs formerent une conspiration, & résolurent de tuer Baudouin , ou au moins de le chasser; mais le projet ayant été éventé, les Chefs furent aveuglés, & les moins coupables

payerent des sommes considérables. Gela Fran Pendant le tems que l'armée Françoise se préparoit à se

mettre en marche pour se rendre à Jérusalem , le Comte

de Toulouse étoit venu assiéger Bira (a), ville forte, située Guillaume dans le territoire d'Apamée, & éloignée de deux journées de Tyro

d'Antioche; cette ville fut prise ; ensuite tous les Croisés s'étant réunis , ils allerent attaquer (b) la ville de Mara el nooman, à huit milles de Bira. Cette ville ne put être emportée le second jour , faute d'un assez grand nombre d'échelles; mais l'arrivée de Boëmond avec de nouveaux secours, mit les Croisés en état de pousser plus vivement les attaques. On lança de part & d'autre des feux grégeois, des pierres & d'énormes rochers ; malgré la résistance des habitans, la ville fut forcée, les Francs y pénétrerent l'épée (c) à la main, & elle fut livrée à la fureur du foldat. Les Historiens Chrétiens reprochent

aux Francs d'avoir poussé la cruauté jusqu'à ouvrir les corps Gesia Fran- morts pour y trouver des piéces d'argent, & d'avoir mangé

de la chair humaine ; les Historiens Arabes, d'avoir manhafen, qué aux traités qu'ils avoient faits avec les habitans, c'est

à-dire, de ne point entrer dans leur ville, & de se contenter d'y envoyer une garnison. Il y avoit eu à cette occasion quelques troubles dans la place, les Francs en avoient

profité pour s'en rendre maîtres , & ensuite égorger les deux Gesta Fran- partis

. Quelques-uns échapperent au massacre général. Boë; mond leur avoit fait dire de se retirer dans un Palais, on les fit tous prisonniers. Ensuite Césarée, Hama, Hemesse, Ramla

& un grand nombre d'autres villes de Syrie livrerent passaAboulfedha ge aux Francs. Les Croisés ne rencontroient point d'en

corum. Aboulmas

sorum,

Guillaume

de Tyr.

(a) Les Historiens des Croisades la pomment Al-bira.

(6) L'an 492 de l’Hegire.

(c) Leu de Décembre. Selon Aboulmahalen, ils en décamperent sur la fin de Redgeb de l'an 492

1

Dekak. Aboulmahasen.

Aboulmas

hemis ; toutes les places, pour se racheter du pillage, leur apportoient des vivres , quelques-unes qui oferent résister, l'an

. 1oss: furent prises d'assaut. C'est ainsi qu'ils traverserent les Etats Redouan. des Princes de la Syrie , Seljoucides & Ortokides , entrerent dans ceux des Khalifs d'Egypte, & parvinrent jusqu'à Béït el cods , autrement Jérusalem qui appartenoit alors à ces Aboulfaderniers Princes.

radge.

Elmacin. Quoique les détails de ce siége & les conquêtes des Francs dans cette partie de la Syrie foient étrangères à l'Histoire des Seljoucides, on me permettra de rapporter ici en peu de mots ce que les Historieus du pays en ont

hafeno dit. Cette fameuse ville étoit alors gouvernée par un Emir nommé Iftikhar eddoulet, qui y avoit été mis par

Mostaali
Khalif d'Egypte. Les Francs qui l'assiégerent pendant qua-
rante jours, firent construire deux tours qu'ils approcherent
des murailles. La premiere fut placée à la porte de Sion ,
la seconde entre les portes d'Amoud & d'Asbath. Les
Musulmans brûlerent la premiere; mais par la seconde les
Chrétiens pénétrerent jusques sur les murailles, & s'empa-
rerent de la ville. Alors les Musulmans se retirerent dans
les deux Mosquées appellées Sakhra & Acsa. Cent mille

у
périrent. Les Francs firent cent mille prisonniers, tuerenr
tous les vieillards & les gens infirmes , prirent les femmes,
& pillerent les deux superbes Mosquées de Sakhra & d'Acsa.
Ils y trouverent soixante-dix chandeliers , dont vingt étoient
d'or, & du poids de mille mithcals, les cinquante autres
d'argent, pesant trois mille six cens dragmes Syriennes , un
bassin d'argent du poids de quarante rothì Syriennes.
La

perte de tant de villes & de richesses, répandit la
consternation parmi tous les Musulmans; les peuples dif-
perfés ne sçavoient de quel côté ils devoient chercher un
asyle. Une troupe considérable, avec un Cadhy nommé Zér-
neddin, partit de Damas pour se rendre à Bagdad. Lorsqu'ils
furent introduits dans le Divan du Khalif, ils arracherent
leur barbe en jettant de grands cris, le Cadhy fit pleurer
par son discours tous ceux qui étoient présens : mais on ne
leur donna que des larmes , & point de secours pour chasser
de la Syrie les Francs,

Apr. J. C.

L'an 1100.

Tout ce pays enlevé d'abord aux Khalifs par quelques 1'an 1099. Emirs Arabes, conquis ensuite par les Turcs , étoit alors partaRedouan. gé en plusieurs Royaumes. Les Khalifs d'Egypte en occupoient

une partie, les Seljoucides possédoient les Royaumes de Damas & d'Alep, les Ortokides étoient maîtres de la partie Septentrionale , & de ce qui est voisin de l'Arménie. Les Francs avoient fondé un Royaume à Jérusalem. Antioche, Edesse ou Roha, & dans la suite Tripoli formoient des Prins cipautés particulieres , qui relevoient des Rois de Jérusalem.

Il s'établit encore dans le même tems (a) un nouveau RoyauAboulfedha me dans la partie de l'Arménie voisine de la Syrie, c'est-à-dire,

dans Khelath , ville qui avoit appartenu long-tems aux Grecs, & qui leur fut enlevée par les Mérouanides, dont la domination s'étendoit jusques dans le Diar-bekr. Ces Princes de venus odieux à leurs sujets par la tyrannie qu'ils exerçoient, obligerent les habitans de Khelath d'avoir recours à un Turc nommé Sokman, & surnommé el Cothbi, parce qu'il avoit été esclave de Cothb-eddin Ismail, Prince de la famille des Seljoucides qui étoit établi dans l’Adherbidgiane. Sokman follicité

par

les habitans de Khelath, se rendit dans cette ville, en chassa les Mérouanides & y fut proclamé Roi. Il porta le titre de Schah-arman, c’ett-à-dire, Prince d'Ar

ménie (b). Il y avoit encore dans le Royaume de Moussoul Aboulma- quelques Emirs Turcs assez puissans, & les Bathéniens ou kafen. Assassins commençoient à s'établir en Syrie. Telle étoit la situation de ce pays dans le tems que

les Francs y entrerent, ils étendirent leurs conquêtes de tous

côtés. Ils avoient tenté quelque tems auparavant de prendre Aboulfedha la ville de Dgiabala, gouvernée par un Cadhy nommé Aboulma- Abou Mohammed Obeïdallah (c). Pour conserver cette ville kajen.

aux Musulmans, le Cadhy offrit de la remettre à Thoghteghin, Atabek ou Ministre de Dekak Roi de Damas. Thoghteghin y envoya aussi-tôt son fils Tadge el moulouk Bouri qui en prit possession. Mais la mauvaise conduite de cette Officier fut cause que les habitans engagerent Abou-aly (d) (a) L'an 493 de l'Hegire.

(c) Fils de Mansour. Il étoit plus (6) D'Herbelot place mal-à-propos connu sous le nom de Ben soulaihah. cet événement à l'an 578 de l'Hegire, (d) Fils de Mohammed, fils d'Amde J. C, 11827

mar; il étoit surnommé Phakhr el moulk.

Guillaume

Gouverneur de Tripoli, pour les Khalifs d'Egypte, de venir prendre possession de Dgiabala. L'armée d'Abou aly. battit Apr. J. C: Bouri qui fut conduit à Tripoli, & de-là renvoyé à son pere. Redouan. Dgiabala fut foumise aux Egyptiens , & presque aulfi-tôt Dekak. aux Francs, de même qu'Arlouf & Césarée.

Godefroy de Bouillon Roi de Jérusalem venoit alors de de Tyr: mourir, & Baudouin Comte d'Edesse son frere s'étoit mis en chemin pour aller prendre possession du Royaume. Des kak Roi de Damas instruit de la marche, rassembla ses troupes dans le dessein de lui dresser quelque embuscade, & de se faisir de fa personne. Il s'empara d'un passage dangereux & fort étroit, situé proche le fleuve du Chien (a), entre des montagnes & des rochers inaccessibles sur le bord de la mer. Le nouveau Roi de Jérusalem ayant appris par ses coureurs le dessein & la position des Turcs, les vint attaquer avec ses troupes , & les dislipa ; mais le passage étoit si étroit, qu'il fut obligé de s'arrêter pendant la nuit, exposé continuellement aux fleches de l'ennemi. A la pointe du jour il continua sa marche , ayant toujours les Turcs qui le harceloient , & il ne s'échappa qu'après de violentes escarmouches. Pendant que Dekak s'efforçoit de combattre ainsi les Chrétiens, son frere Redouan , peu sensible aux troubles L'an 11011 dont la Syrie étoit agitée, faisoit (6) périr ceux qui avoient le Benschoumieux combattu pour la défense des Musulmans. Le Comte nah.

Aboulfedha de Toulouse (c) ou de S. Gile étoit venu assiéger Tripoli, où Aboulmacommandoit l’Emir Abou-aly, fils d'Ammar; ce Gouver- halene neur appella à son secours le Roi de Damas, & Dgenah eddoulet , Emir d'Hemesse; il y eut une action dans laquelle les Müfulmans furent vaincus, & Abou-aly ne trouva d'aus tre moyen pour conserver encore sa ville aux Egyptiens, que de donner aux Francs une somme d'argent ; le Comte alla prendre Antarados, dont il tua tous les Musulmans ; de-là il marcha vers le château des Kurdes. Dgenah eddoulet Houssaïn, (d) Emir d'Hemesse , un des plus braves Capitaines des Musulmans, informé du dessein des Francs, rassembla

Elmacin.

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Sandgil.

(d) Fils de Moulaïb.

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