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bandonnerent aux plaisirs dans leurs sérails : ils n'en sorAPooo toient que pour appaiser des troubles qui naissoient dans le sein de leur famille. Les Gouverneurs des provinces devenus trop puissans prenoient parti dans ces guerres , & obtenoient toujours pour recompense de leurs services , des Gouvernemens ou des augmentations de terres dans lesquelles ils se rendirent absolus , par-là ils se virent maîtres de l'Empire. Le titre de Sulthan ne fut plus qu'un vain titre auquel ils oserent aspirer. Les guerres § furent obligés de soutenir seuls contre les Princes voisins qui étoient ennemis des Seljoucides, les rendirent encore plus absolus , tous devinrent autant de Souverains, & le véritable Monarque se trouva dépouillé de l'Empire.

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dad, ordonna à Soliman, fils de Coutoulmisch (a) son parent, de se rendre à la tête d'une armée dans les pays qui s'étendent depuis la Syrie jusqu'au Bosphore. Toutes ces Provinces dont il alloit faire la conquête devoient appartenir à Soliman , & former un nouvel Empire des Seljoucides, relevant de celui des Sulthans de Perse. Cette partie de l'Empire Grec déja ruinée par les fréquentes incursions des troupes des Khalifs , & ensuite par celles que plusieurs bandes de Turcs venoient d'y faire, ne résista pas long-tems aux efforts de cette nouvelle armée. Soliman parvint sans beaucoup de peine jusqu'à Nicée dont il s'empara. Cette ville autrefois si célèbre par les Conciles que les Chrétiens y ont tenus, & qui étoit la capitale de la Bithynie, devint la capitale de l'Empire Turc (b), & vit ses Eglises changées en Mosquées. Elle servit alors de retraite aux partis Turcs, qui se répandirent delà dans toutes les provinces voisines, & qui oserent s'avancer jusques sur le bord de la mer, vis-à-vis de Constantinople. Alexis Comnène qui y régnoit, allarmé de l'approche de ces Etrangers, envoya contre eux une armée ; les Grecs victorieux obligèrent les Turcs de quitter la Bithynie, & Soliman fut contraint de demander la paix, que l'Empereur Grec, qui étoit menacé d'une nouvelle guerre du côté de l'Occident, désiroit également. Elle fut signée sans aucun délai de part & d'autre ; mais les Turcs qui ne cherchoient qu'à faire de nouveaux établissemens, & à qui par † paix n'étoit point avantageuse, ne garderent les Traités qu'autant qu'il leur falloit de tems pour réparer leurs forces , & recommencerent aussi-tôt la guerre (c). C'est depuis ce tems-là que tous les pays dont ces peuples ont fait la conquête ont porté le nom de Turquie chez les Historiens. f

Aj l". J. C.

So!.man.

Anne Com24 t'!7('e

L'an 1o81.

Haiton. s1, Paulo.

(a) C'est lui que nos Historiens nomment Cotloumoses , Coutloumous, & Coutloumé. Il étoit fils d'Israil, qu'Aboulfedha nomme Arslan , fils de Seldgiouk. Voyez sa mort dans l'Histoire des Seljoucides de Perse , à l'an 455 de l'Hegire.

(b) Les Historiens Grecs & ceux des Croisades , donnent le nom de Persans à tous ces Turcs , parce que ces peuples étoient venus du côté de la Perse. On

les a appellés dans la suite Sulthans d'Iconium, parce que cette ville devint leur capitale. Joinville les nomme Sulthans de Comue, pour Conie ou Iconium. (c) Tangri-bardi, Historien Arabe, dit que l'an 475 de l'Hegire, de J. C. 1o82, Soliman enleva aux Grecs le château d'Antharsous, & qu'il y établit un Cadhy.Cet Auteur oublie qu'il avoitattribué cette conquête à Toutousch, Roi de Damas , à l'année antérieure

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Un Auteur contemporain qui en fait la description, nous apprend que ce Royaume étoit fort grand; qu'il abondoit en mines d'argent, de fer, de cuivre & d'alun ; en fruits, en vin, en toute sorte d'animaux , & particulierement en bons chevaux. Du côté de l'Orient il étoit alors borné par la grande - Arménie & par une partie du Royaume de Georgie. Il s'étendoit du côté de l'Occident jusqu'à la ville d'Attalie qui est

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située sur le bord de la mer. Il n'avoit d'autres limites du coté

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(a) Haiton la nomme Ligonie. mé ce nom.
(b) Le méme Historien la nomme Sau- (e) Benelathir le nomme Phardrous,
rie. & Aboulfedha lui donne le titre de Ha-

(c) C'est ce qu'il appelle Briquia. kem.
(d) Je ne vois pas d'où peut être for- (f) Appellée Antakia par les Arabes.

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brassant le Mahométisme , non-seulement il arrêteroit leurs † # courses, mais encore qu'il trouveroit en eux des défenseurs. S§" Le fils eut horreur du crime que le pere projettoit , & pour en empêcher l'exécution, il eut recours à Soliman auprès duquel il se rendit à Nicée,& il engagea ce Sulthan à marcher dans la Syrie. Soliman confia la garde de sa capitale à Aboulcasem, & pour mieux cacher ses desseins, il ne marcha que la nuit. Antioche surprise de le voir à ses portes, se rendit aussi-tôt (a). Mais elle fut la derniere conquête de ce Prince ; cette nouvelle acquisition devint la source d'une guerre dans

laquelle il eut le malheur de perdre la vie. Scharfeddoulet Mouslim (b) étoit alors maître des villes de Moussoul & d'Alep. Antioche trop voisine des terres déendantes de cet Emir, dans le tems qu'elle étoit encore sous la domination de Philarete, avoit été obligée de payer tous les ans un certain tribut, qui assûroit à ce Gouverneur Chrétien la tranquillité du côté du Musulman. Soliman devenu maître d'Antioche ne se crut point obligé à la même servitude, & ses prétentions étoient justes. Déja possesseur d'un grand Empire, parent du Sulthan de Perse, # eût été honteux pour lui de devenir le Tributaire d'un simple Emir. Celui-ci cependant l'exigeoit. Les deux Princes se mirent en campagne ; Soliman entra le premier sur les terres de Scharfeddoulet, ravagea tout son pays, & ne fut arrêté que par les plaintes que les habitans lui firent de ces désordres.Comme ils imploroient sa clémence, il crut qu'il étoit du devoir d'un Musulman de ne point répandre le sang de ses freres; il fit restituer tout ce qui avoit été pris, accusant Scharfeddoulet d'être l'auteur de cette guerre. Cet acte de générosité ne toucha point l'Emir, qui s'approcha d'Antioche à la oo tête des Arabes & des Turcomans pour en faire le siége. Les #- deux armées s'étant rencontrées sur les frontieres du territoire #dia.d'Alep (c), se livrerent un sanglant combat que les Arabes : #ri- perdirent, & Scharfeddoulet fut trouvé parmi les morts.

é74 j'dl • • - - A

Soliman se rendit aussi tôt vers Alep, & somma Ben-el

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