Imágenes de páginas
PDF
EPUB

Benjamin

Zeineddin (a) eut le gouvernement du château de Moussoul,

Apr. J. C. Azzeddin aboubekr, le Dgeziret ben omar. Alors tout l'Em- L'an 11450 pire de Zenghi forma deux Royaumes. Le premier , soumis Noureddin à Seifeddin, avoit Moussoul pour capitale. Cette ville est située sur le bord occidental du Tigre, qui la sépare de l'an- de Tud. cienne Ninive, dont il ne reste que quelques ruines. Elle Schulteus. est grande, bien peuplée, & une des plus célebres villes de l'Orient. Elle est nommée Moussoul, c'est-à-dire , la jonction, parce que dans cet endroit la Mésopotamie & l’Eraque fe touchent. Alep, capitale des Etats de Noureddin , est la même qu'Aram-tsoba ou Berrhæa. Il y avoit alors un superbe château , & elle n'étoit pas moins célebre que Moussoul.

Pendant que Noureddin & Seifeddin partageoient entre Aboulfed!:a eux les Etats de leur pere , Modgireddin abc, Roi de Damas , alla s'emparer de Baalbek; Nodgemeddin ayoub, pere du fameux Saladin, qui en étoit le Gouverneur , ne voyant aucune apparence de secours de la part des deux Princes, livra cette ville ; & après avoir obtenu en échange quelques villages, il se retira à Damas.

La nouvelle de la mort de Zenghi, qui s'étoit répandue Guillaume parmi les Francs, leur fit concevoir quelques espérances de denemaa délivrer des mains des Turcs la ville d'Edesse. Ils choisirent Aboulfedha le moment que Noureddin étoit occupé à établir fa puissance dans Alep. Joscelin , Comte d'Edesse, qui demeuroit alors dans la ville de Tell-bascher , fit proposer (6) aux habitans d’Edesse de lui livrer leur ville ; la garnison Turque étoit peu nombreuse, & le peuple étoit Chrétien, ainsi 'ils lui promirent de lui ouvrir les portes. Aussi-tôt Joscelin , accompagné de Baudouin de Mares & d'un corps considérable de troupes ; passa l’Euphrate, & se présenta pendant la nuit au pied des murailles de cette višle , il y fut introduit ; toute la garnison Turque & les Musulmans se réfugierent promptement dans la citadelle, mais Joscelin, faute de munitions & de machines , ne put les y forcer. Ils députerent aussi-tôt un courier à Moussoul vers Seifeddin , pour l'instruire de leur situation. Le courier rencontra dans le ter

les habitans qui folliciterent ce Comtes

(a) Il possédoit alors Arbel.
b) Guillaume de Tyr dit que ce fut

Tom. II. Part. II,

Y

ritoire de Moussoul Azzeddin aboubekr el dobaïsi , qui alloit Noureddin prendre possession de quelques biens dans le Dgeziret , il prit Seifeddin. aufli-tôt la route d'Edesse avec le corps de troupes qu'il

avoit, & il ordonna au courier de continuer son chemin afin de demander de nouvelles troupes à Seifeddin , mais tous ses soins devinrent inutiles,par la prudence de Nouredding qui en apprenant à Alep la perte d'Édesse , s'étoit mis aussitôt à la tête de ses troupes, & avoit investi la ville. Les Francs qui n'étoient point en état de se défendre, prirent le seul parti qui leur restoit, c'étoit celui de se faire jour au milieu des ennemis , & de sortir de la ville. Les citoyens qui avoient contribué à la reddition, ne se croyant pas en fûreté, réfolurent d'accompagner les Francs. Tous se mettent en marche , les troupes de Noureddin les attendent à la porte,

, la garnison Turque fort du château, & les attaque par derriere, les Francs gagnent avec peine la plaine ; les vieillards , les malades, les femmes & les enfans des deux fexes furent foulés sous les pieds des chevaux ; presque tous les habitans qui suivirent les Francs , furent tués, Edesse fut reprise par Noureddin , & Joscelin fe fauva à Samosath , & de là à Tell

bascher. Ce fut la prise de cette ville d'Edeffe , & celle de hafen. quelques autres places, comme Artésie, Mamoula , BaAboulfedha sarfout , & Kafarlatha (1), qui donnerent lieu à la Croisade,

que S. Bernard, Abbé de Clairvaux , prêcha dans l’Occi-dent. Elle attira dans la Syrie un grand nombre de François & d'Allemands , qui se joignirent aux Francs , & allerent faire le siége de Damas.

Pendant que ces choses fe passoient ainsi du côté d'Alep, Benelahir

. Seifeddin étoit occupé à recevoir dans Moussoul le ferment Aboulfedha de fidélité de la plûpart de ses Emirs ; il passa ensuite dans

la Syrie , tant pour faire la visite de ce pays, que pour se racommoder avec son frere Noureddin. Ces deux Princes vivoient dans une défiance continuelle l'un de l'autre ; Noureddin qui étoit le plus puissant , profitoit de la foiblesse de son aîné, & exigeoit de lui des Places que celui-ci lui accordoit , pour conserver le reste de son pays, & gagner les

Aboulma

و

L'an 11470

(a) L'an 542 de l'Hegire.

que les

bonnes graces d'un frere ambitieux. Ces deux freres suivis chacun de cinq cens Cavaliers , eurent une entrevûe dans Ahan

. Jiacs les environs d'Alep; Noureddin donna de grandes marques Noureddin d'amitié à son frere , descendit de cheval vint baiser la

Seifeddin. terre devant lui , & l'embrassa; il revint ensuite à Alep d'où il partit peu de tems après avec son armée pour accompagner Seifeddin , sous prétexte qu'il étoit important qu'ils demeurassent ensemble pendant quelque tems , afin Francs inftruits de leur union , n'ofassent rien entreprendre.

Ceux-ci étoient alors très-puissans, ils venoient de recevoir d'Europe de grands secours sous la conduite de Louis VII. Roi de France, & de l'Empereur Conrad. Toutes ces armées réunies étoient alors devant Damas , dont elles faisoient le siége ; mais les liaisons des Francs de Syrie avec les Musulmans, & la jalousie qu'ils avoient contre les François & les Allemands, avoient fait échouer cette entreprise; parlà Damas fut conservée aux Musulmans. Noureddin & Seïfeddin étoient venus au secours de cette ville. Après que le siége eut été levé , Noureddin alla à Baalbek'où Anar Régent du Royaume de Damas l'avoit invité, pour prendre ensemble des mefures sur la situation des affaires. Dans le tems qu'ils y étoient ils reçurent une lettre du Comte Benela:hira de Tripoli , par laquelle ce Comte les exhortoit de venir assiéger le Château d'Arima. Le fils du Roi (a) de Sicile qui avoit suivi les Princes Croisés dans la Syrie , venoit .de lui enlever cette Place, & paroissoit vouloir s'emparer aussi de Tripoli. Cette conduite des Croisés indisposa tellement le Comte , qu'il s'unit aux Musulmans contre les Chrétiens. Noureddin & Anar allerent faire le siége de ce Château, & Seïfeddin leur envoya de nouvelles troupes sous la conduite de Seifeddin Aboubekr el dobaïsi. Le Prince de Sicile repoussa ces Musulmans , mais Noureddin ayant fait sapper les murailles , il s'en rendit maître fit prisonniers les hommes , les femmes, les enfans qui y étoient, avec les soldats, & le Prince de Sicile luiniême; ensuite il fit raser le Château & se retira vers Seifeddin.

de tems, en peu

6a) Les Arabes nomment ce Roi de Sicile Phatsch, ou Alphonsch.

Aboulmakafen.

[ocr errors]

Ce Prince n'étoit pas moins ardent que Noureddin à reApr. J. C. L'an 1147: couvrer les pays qui lui avoient été enlevés depuis la mort Noureddin de Zenghi. Il reprit (a) le château de Dara & plusieurs autres Benelathir. Timourtasch s'étoit rendu maître. Il fit même le siége de

qui sont dans le pays de Maredin , & dont Housam eddin Maredin dans le dessein d'entrer ensuite dans le Diarbekr, & de reprendre tout ce qui avoit appartenu à Zenghi. Pendant qu'il étoit devant cette place, un autre corps d'armée ravageoit tout le pays des environs ; Timourtasch fut obligé de capituler, & de recevoir les conditions

que

Seifeddin voulut exiger. Il promit de lui donner sa fille en mariage,

alors Seifeddin reprit le chemin de Moussoul ; mais lorsque la L'an 1149. Princesse de Maredin s'y rendit dans la suite , elle trouva

que. Seïfeddin étoit malade & près de mourir ; en effet ,

il mourut presque aussi-tôt (6). Il étoit âgé de quarante ans, Aboulfedha Benelaihir. il avoit regné trois ans, un mois & vingt jours. Il fut enAboula

terré dans le superbe Collége qu'il avoit fait bâtir dans radge. Bensii10:- Moussoul, Ce Prince étoit doux, fage & généreux, il avoit

beaucoup de soin de sa milice. II avoit laissé de grands biens à son collége de Moussoul, & des appointemens pour les Docteurs de la Secte Schaféenne & Haniféenne. C'est lui qui le premier a fait porter devant lui , quand il étoit à cheval, le Sandgiac ou l'Etendard. Il voulut aufli que ses soldats ne montassent jamais à cheval sans le sabre & la masse d'arme à côté de l'étrier ; ordonnance qui fut imitée par tous les autres Princes voisins. Seifeddin laissoit un fils en bas âge , dont Noureddin prit soin ; dans la suite il le maria à la fille de Cothbeddin maudoud frere de Seifeddin , mais. ce jeune Prince mourut sans enfans.

Après la mort de Seifeddin , Cothbeddin Maudoud reçut le serment de fidélité du Grand Vizir Dgemaleddin , du Général Zeïneddin & de toute l'armée ; il fut reconnu Roi de Moussoul, & it épousa la fille de Timourtasch. Il ne fut pas plûtôt affermi sur le trône

,. que quelques Emirs, envieux de la puissance de Dgemal eddin & de Zeïneddin , chercherent à mettre la division entre lui & fon frere (a) L'an 542 de l'Hegire.

de l'an 544. Il étoit âgé, suivant Aboul$6) Sur la fin de Dgioumadi elakher mahalen , de 54 gps,

Cothbeddine

1

din.

Noureddin. Parmi ces Emirs étoit Almocaddem , pere de

Apr. J. C. Schamseddin, Dizdar ou Gouverneur du château de Sand- L'an 1149. giar. Il s'engagea envers Noureddin de le rendre maître de Noureddin

Cothbed, cette ville. Noureddin qui ne négligeoit aucune occasion d'augmenter ses Etats , partit aussi - tôt d'Alep suivi de soixante-dix personnes, parmi lesquelles étoient Àfad eddin Schirkouh, oncle du fameux Saladin. Il alla se présenter devant Maksin où il fut reçu par le Gouverneur; de-là il marcha vers Sandgiar. En arrivant, la lallitude l'obligea d'aller se jetter dans un fossé, & après s'y être reposé il fit fçavoir fon arrivée au Gouverneur , Mocaddem étoit alors à Moussoul, fon fils Schamseddin reçut Noureddin qui prit possession de la place.

Ce Prince fut sollicité dans le même tems par Phakreddin cara arslan, Roi du château de Khipha qui lui demandoit des secours, & offroit de lui remettre le château de Haïtan. Noureddin s'y rendit aussi-tôt. Alors Cothbeddin qui apprit toutes ces entreprises de son frere sur ses Etats, rassembla ses armées & marcha vers Sandgiar, accompagné de Dgemaleddin & de Zeïneddin. Quand ils furent arrivés à Tell-yafar , ils envoyerent faire des reproches à Noureddin sur ce qu'il envahissoit ainsi des pays qui ne lui appartenoient pas. Noureddin répondit qu'il étoit plus en état que son frere de gouverner les Etats de son pere ; que d'ailleurs il s'étoit déterminé à le faire, tant à la follicitation des Emirs de Moussoul, que par la crainte qu'il avoit qu'ils n'en appellassent d'autres

. Le grand Vizir Dgemal eddin conseilla
à Cothbeddin de s'accommoder avec son frere, pour ne',
point s'exposer au sort d'une bataille , dont les suites lui se-
roient toujours désavantageuses , parce s'il étoit vainqueur
il attireroit contre lui le Sulthan & le Khalif , & que s'il
étoit vaincu , les Francs viendroient l'attaques. Dgemal-
eddin vint trouver Noureddin , lui offrit Hemelle à la place
de Sandgiar. Noureddin l'ayant acceptée , & la paix étant
faite , il s'en retourna à Alep, & emmena avec lui six cens
chameaux, fans

compter les mulets , tous chargés, de chos
ses précieuses qu'il avoit prises dans Sandgiar.
La puissance des Francs diminuoit considérablement dans

« AnteriorContinuar »