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tousch, & qui l'avoit accompagné dans le combat, où ce # Prince avoit été tué. Alors le Turkoman Baghi-sian, Emir † §. d'Antioche, & Aboulcassem Hassan se déclarerent en faveur Redouande Dekak, & se rendirent à Damas, où Aboulcassem Hassan Dekak. fut fait Grand-Vizir. - Redouan étoit alors sollicité par les Egyptiens de reconnoître Mostaali en qualité de Khalif, & de le nommer au lieu du Khalif des Abassides dans la priere publique, & il y avoit consenti ; le Khalif s'étoit engagé à lui fournir des fecours pour recouvrer Damas que son frere venoit de quitter, pour aller faire des courses avec son armée sur les Côtes maritimes. .. Redouan partit accompagné de Baghi-sian, Emir d'Antioche, qui étoit venu se joindre à lui , & forma le fiége de la ville. Mais les habitans se défendirent courageusement, & une pierre lancée par une machine, ayant atteint un des Principaux de l'armée de Redouan, ce malheur rallentit le courage des troupes, Dekak eut le tems de venir au secours, & Redouan décampa, irrité de ce que le Khalif d'Egypte ne lui avoit pas envoyé les troupes qu'il lui avoit promises; il cessa de faire la priere publique en son nom , & la rétablit au nom des Abbassides. Il § ensuite se dédommager sur Jérusalem qui appartenoit aux Ortokides ; mais il ne fut pas plus heureux , & il fut obligé de s'en retourner (a) à Alep. Baghi-sian le quitta pour aller faire contre lui un traité avec Dekak. Ces deux Princes vinrent aussi-tôt attaquer Redouan qu'ils rencontrerent proche Kennaserin ; mais Dekak ayant été battu se vit forcé de permettre que l'on fît la priere publique au nom de son frere dans Damas. Dans ce tems le bruit se répandit dans tout l'Orient que L'an ro97. 1es Francs (h) s'avançoient dans le dessein de se rendre maî- zonare. tres de Jérusalem Cette ville venoit d'être enlevée l'année #o * récédente aux Ortokides par les Egyptiens; Sokman fils G# ms d'Ortoc s'étoit retiré à Roha , & son frere Ilghazi à Bagdad. # # d Les Chrétiens après avoir pris Nicée & traversé l'Asie mi- #o neure, entrerent dans le territoire d'Antioche. Godefroy de a#" Bouillon, Boëmond, Raimond, Robert Comte de Flandres, quensîs. .

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(a) L'an 489 de l'Hegire. (b) L'an 49o de l'Hegire. . - L iij

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(a) Guillaume de Tyr dit que cette xian ; Albert d'Aix, Darsian; Foulques ville étoit encore appellée Calquis, & de Chartres, Gracian. # de même que § , elle étoit (c) Ce nom & celui des autres Emirs

uffragante d'Antioche. sont corrompus, (b) Guillaume de Tyr le nomme Ac

originaire du Khorasan, & qui marchoit toujours à la tête des armées avec une troupe d'Archers choisis; Boezas, un # # autre Amasa de Géorgie , Balak , Emir d'Emed & de Redouane Saroudge, Balduc Emir de Samosath , Karageth Emir de Dekak, Harran, se préparerent à venir à son secours. Le onze d'Octobre, les Chrétiens dont l'armée montoit à trois cens mille hommes commencerent le siége; mais malgré leur grand nombre, de cinq portes qu'il y avoit, ils ne purent en bloquer que trois. Boëmond en garda une; Robert Comte de † mandie, un autre Robert Comte de Flandres, Etienne Comte de Blois & Hugues le Grand avec les Normans , les François, les Bretons s'étendoient depuis le camp de Boëmond jusqu'à la porte du Chien ; & depuis cette porte jusqu'à celle du Duc étoient Raimond Comte de Toulouse & l'Evêque du Puy avec les Gascons, les Provençaux & les Bourguinons; le Duc Godefroy avec son frere Eustache, le Comte #§ de Toul, Conon de Montaigu accompagnés des Lorrains, des Frisons, des Sueves, des Saxons, de Franconiens & des Bavarois, s'étendoient depuis cette derniere porte jusqu'à celle du pont. * - * --" Tous ces Chrétiens obligés d'aller chercher des vivres au-delà de la riviere qu'ils traversoient à la nâge faute de pont dans le voisinage, étoient souvent incommodés par les troupes d'Antioche qui passoient sur le pont qui étoit dans la ville, pour venir les attaquer. Comme ses Chrétiens écha poient rarement de ces petits combats, les Princes Croisés prirent le parti de faire construire un pont de bateaux; d'un autre côté, ils entreprirent de rompre un autre pont dont les habitans se servoient pour faire des sorties sur les troupes du Comte de Toulouse. Cet ouvrage résista par sa grande solidité à leurs efforts, & on ne trouva d'autre moyen pour arrêter ces sorties que de faire construire une grande machine en façon de tour que l'on remplit de troupes. On l'approcha des murailles; mais les assiégés écarterent par le grand nombre de leurs fleches tous les soldats qui gardoient cette machine énorme, ils firent en même tems une sortie par la porte voisine, & mirent le feu à la tour qu'ils réduisirent en cendres. Le lendemain les Chrétiens éleverent trois balistes avec lesquelles

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ils lancerent des quartiers de rochers. Toutes ces machines étoient détruites en peu de tems par les Turcs qui avoient cette porte libre; ce qui obligea les Chrétiens à traîner à force de bras d'immenses rochers, & à les accumuler tellement devant la porte qu'il ne fut plus possible de l'ouvrir. Les Turcs faisoient de fréquentes sorties par les autres portes ; le siége duroit déja depuis trois mois, & les Chrétiens qui n'avoient pas d'abord ménagé leurs vivres, commençoient à en manquer. Cette disette ranimoit le courage des assiégé. Les pluies continuelles qui tomboient en abondance avoient fait un marais du lieu où les Chrétiens étoient campés, tentes & habits tomboient en pourriture, la faim & les maladies emportient un grand nombre de soldats, ceux qui se sentoient encore quelque force en profitoient pour se retirer ailleurs, & l'armée Chrétienne étoit réduite à la moitié. Dans cette extrémité, les Princes croisés convinrent d'envoyer Boëmond & le Comte de Flandres avec une partie des troupes dans les pays circonvoisins pour y ramasser des vivres, pendant que le Comte de Toulouse & l'Evêque du Puy resteroient à garder le camp. Le Comte de Normandie étoit absent, & Godefroy Duc de Lorraine étoit malade. Les assiégés qui profitoient de tous les malheurs dont les Chrétiens étoient accablés, tenterent une sortie en l'absence d'une partie des troupes, mais ils furent repoussés. Après cette action quelques soldats se mirent à poursuivre un che

· val dont le maître avoit été tué, les autres Chrétiens crurent

qu'ils prenoient la fuite & la prirent eux-mêmes ; aussi-tôt
les Turcs firent une nouvelle sortie & les poursuivirent jus-
qu'au pont de bateaux ; les Chrétiens qui avoient eu dans
la premiere action tout l'avantage, le perdirent entierement

dans celle-ci. - o
Pendant ce tems-là Boëmond & le Comte de Flandres
revinrent dans le camp avec des provisions considérables, ils
avoient été obligés de combattre les Turcs ; mais le grand
nombre de Chrétiens eut bientôt consumé tous les vivres,
& les courses que l'on faisoit chez les ennemis n'empêchoient
pas que la famine ne commençât à se faire sentir une secon-
de fois. De plus , le libre accès que l'on donnoit aux Grecs,
- dUX

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& croyant que ces Chrétiens mangeoient des hommes, ne

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sur les Chrétiens qui les reçurent la lance à la main, les re

pousserent jusques dans un angle formé par un lac & une riviere; les Turcs se sauverent comme ils purent; les Francs en tuerent un très-grand nombre, & les poursuivirent.jusqu'à Harem éloignée de dix milles du champ de bataille. Les habitans de Harem à la vûe des Francs, mirent le feu à la ville, prirent la fuite, & les Arméniens & les autres Chrétiens s'emparerent de la place qu'ils livrerent aux Croisés.

Les Turcs perdirent dans cette action (a) environ deux mille

(a) Cet événement arriva le 7 de Février de l'an I o97•

Tom. II. Part. II. M

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