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CONGREGATION DE SICILI..

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Comme la Congregation de sainte Justine augmentoit de jour en jour , & que l'Observance Reguliere y étoit exactement gardée, le Pere Gregoire de la Marina, Abbé de saint Martin delle Scale à Palerme, fit son possible en 1475. pour у faire unir son Monastere, aussi-bien que le Pere Leonard Cacciola , Abbé de celui de saint. Placide , qui sçachant que le Pere Gregoire de la Marina postuloir cette union, se joignit à lui pour le même sujer en 1476. Les Abbés de sainte Marie del Parto , de saint Nicolas de Catane, & de sainteMarie de Licodia , firent aussi la même chose , y. emploïant le credit du Viceroi & du. Senat de Palerme , qui écrivit pour

l'obtenir. L'Abbé de sainte Marie del Parto fur député pour

la demander aux Superieurs de la Congregation de sainte Justine , qui envoïerent en Sicile les Abbés de saint: Severin de Naples, de saint Ange de Gaïete, & de Perouse, pour s'informer de l'état des Monasteres qui demandoient l'union:

Mais l’Abbé de saint Placide changeant de sentiment, soba licita les Monasteres de Sicile à travailler de nouveau à l'érection d'une Congregation particuliere en ce Roïaume: ce qui lui réüslit en partie ; car les Abbés de saint Nicolas d'Arenes, de Carane, de sainte Marie de Licodia, & le Prieur de l'Eglise Metropolitaine de Montreal s'unirent à lui, & s'adreslerent au Pape Sixre 1 y. qui par une Bulle du 3. Juil. let 1483. leur permit d'ériger une nouvelle Congregation de l'Observance de saint Benoît en Sicile,& d’élire unPrésident General avec deux: Visiteurs ; ordonnant qu'ils eussent à garder les mêmes Constitutions & Usages que les Moines de la Congregation de sainte Justine, dont il leur communiqua les Privileges, avec pouvoir d'unir à leur nouvelle Congregation tous les Monasteres du Roïaume qui voudroient embrasser ses Observances : ce qui eut un heureux fuccès : car les anciens Abbés se demirent entierement du gouvernement de leurs Monasteres , qu'ils soûmirent à cette même Congregarion, se contentant du simple titre d'Abbés pendant leur vie.

Ainsi commença la nouvelle Congregation de Sicile, qui prir le nom de saint Nicolas d'Arenes, à cause de l'antiquité de ce Monaftere sur les autres , dont il fut le Chef. Le premier Chapitre General devoit s'y tenir la même année:

il

CONGRE: GATIONS

,

MOUTIER

il fut neanmoins celebré dans celui de saint Placide, où on n'élur d'abord que des Prieurs, à cause que les Abbés des FRANCE, ET Monasteres s'étoient refervé ce titre pendant leur vie, & le MBu Mar. premier General fut Doin Eusebe de Messine, Moine du Monastere de saint Placide. L'Abbé de Saint Martin delle Scale , qui n'avoit pu obtenir de la Congregation de sainte Justine d'y pouvoir aggreger son Monastere, l'unit à celle de Sicile ; & cette anion fur requë dans le Chapitre General qui se tint l'an 1485. Le Monastere de fainte Marie de Fondro y fut aussi uni san 1486. & celui de sainte Marie de Cangi en 1490. Ce furent là tous les Monasteres qui composerent cette Congregation. Le General yoïant que l'an 1904 le Monastere da Mont-Cassin avoit été uni à la Congregation de sainte Justine, qui avoit pris le nom de ce Monastere , Chef de l'Ordre de saint Benoît , demanda que toute la Congregation y fût aussi unie : ce que le Pape Jules I I. accorda l'an 1506. & l'Abbé D. Ignace Squarcialupi du Monastere de Florence , prit poffeiñon des Monasteres de cette Congregation de Sicile au nom de celle du Mont-Callin.

Vožez Bulteau , Hist. de l'ordre de faint Benoît. Mabillon, Annal. Bened. Tom. 1. Pietro Ant. Tornamira , Origin. Prog. della Cong. Casinense. Bullar. Caffin. & Ascag. Tam, bur. de Fur. Abbat. Difput. 24. quaft. Gen. 4.

CH A P I I R I V I I.
Des anciennes Congregations de France et de

Marmoutier,

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Omme il s'est trouvé des Critiques qui ont combattu

martyre de saint Placide en Sicile, il s'en est trouvé aussi sur la fin du dernier fiécle qui ont combatcu. la verité de la Mission de faint Maur en France. M. Baillet dans son recuëil de vies des SS. dic au sujet de cette Mission de saint Maur , qu'il ne veut point entrer en disputesur cette matiere ; & fait assez connoître dans la suite du discours que son sentiment n'est pas que ce Saint soit venu en France. C'est ce qui a donné lieu à la sçavante dissertation qued, Thierry Ruinart Benedictin de la Congregation de saint Tome V.

H

CATIONS DE

CONGRE. Maur a donnée au public l'an 1702. où il prouve par des argumens

très forts i dont M. Bailler n'a pas neanmoins été FRANCE, ET

7 DE MAR convaincu ) que S. Maur Fondateur de l'Abbaïe de Glan

. MOUTIER. feüil en Anjou , est le Disciple de saint Benoît,& qu'il fur

envoïé en France par ce faint Patriarche des Moines d'Oc-
cident.
: C'est donc ce Disciple de saint Benoît que nous recon-
noissons pour le Fondateur de l’Abbaïe de Glanfeüil

. Il étoit parti du Mont-Cassin avec trois Religieux que

saint Benoît lui avoit donnés,& il avoit été accompagné par Flodegard Archidiacre de saint Innocent, Evêque du Mans,& par Harderad fon Intendant, qui avoient été les demander à ce faint Patriarche de la part de ce Prélat qui vouloit les établir dans son Diocése. Mais étant arrivés à Orleans, & y asant appris la mort de saint Innocent,& que celui qui avoit usurpé son Siége n'étoit pas disposé à les recevoir, ils allerent en Anjou sur les assurances que leur donna Harderad qu'ils pourroient s'y établir

par

le crédit d'un Seigneur nommé Flore , qui étoit en faveur auprès de Theodebert Roi d'Austrasie, à quicette Province obéïfsoit en partie. En effet Flore eut tant de veneration pour saint Maur , que non content d'avoir fondé pour lui un Monastere à Glanfeüil sur la riviere de Loire dans le Diocese d'Angers , il lui offrit encore son fils Bertulfe âgé de huit ans, pour être élevé sous sa discipline;& n'étant pas encore satisfait d'avoir fait bâtir ce Monastere & d'y avoir donné son fils, il s'y donna luimême , après avoir demandé permission au Roi de se retirer de la Cour : ce qu'il obrint de ce Prince,qui s'y étant trouvé le jour qu'il devoit prendre l'habit pour honorer la ceremonie de la présence, lui coupa lui-même les cheveux , donna au Monastere une terre considerable , & confirma les donations que Flore y avoit faites.

Huit ans après l'arrivée de saint Maur en France, l'Abbaïe de Glanfeüil fut dédiée par Eutrope Evêque Diocé. sain accompagné de plusieurs autres Evêques de la Provin. cc. On y avoit bâti quatre Eglises dont la premiere fut consacrée en l'honneur de faint Pierre,la seconde en l'honneur de faint Martin , la troisiéme qui étoit la plus petite , porta

le nom de saint Severin , Apôcre des Bavarois,& la quatrieme qui étoit en forme de tour quarrée, à l'entrée du Mona

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DE

ET
DE MA ka
MOUTIER.

fere eut pour titre saint Michel Archange. Les Religieux CONGRI-
qui y étoient pour lors , au nombre de quarante, se multiplie- FRANCE IF
rent beaucoup dans la suite, de sorte que vingt-six ans après
la construction de ce Monastere , il y en avoit cent quaran-
te ; lequel nombre fut fixé par saint Maur , parce que le re-
venu de l’Abbaïen'en pouvoit pas nourrir davantage. Sainc
Maur aïant gouverné ce Monastere pendant plusieurs an-
nées, & sentant ses forces diminuer, résolut de ne plus sortir
du Monastere,& de se reposer pour le gouvernement de sa
Communauté,fur le Prieur,& sur les autres Officiers de la
Maison. Il se démit ensuite de la Charge d'Abbé,& aïant fait
élire en la place Bertulfe, fils de Flore Fondateur de ce Mo-
nastere , il se renferma dans une cellule proche l'Eglise de
saint Martin , avec deux Religieux qui voulurent bien de-
meurer avec lui,& le soulager dans la vieillesse. Ce fur dans
ce lieu qu'il eut une révelation que Dieu devoit bien-tôt re-
tirer du monde la plûpart de les Disciples. En effet il en
mourur , en cinq mois, cent seize; ensorte que la Commu-
nauté fut réduite à vingt-quatre personnes. Ce saint Abbé
ne survêquit pas long-tems à cette perte , étant mort le 15.
Janvier 584.
Ce

que Bucelin & quelques autres Auteurs ont avancé que saint Maur avoit bâti jusqu'à cent soixante Monasteres en France, & reformé encore un plus grand nombre, est sans aucun fondement : il n'y a pas non plus d'apparence que le Monastere de Glanfeüil ait été le Chef d'une Congregation à laquelle plusieurs Ecrivains ont donné le nom de Congregation,de France. Il est bien plus croïable que pendant que saint Maur vivoit, ce Monastere dépendoit de ce lui du Mont.Calkin s.puisqu'il lui a été encore loûmis dans la suite, jusques en l'an 755. que le Roi Pepin aïant donné ce Monastere de Glanfeüil avec tout les biens qui en dépendoient à Gaidulfe originaire de Ravene, homme très cruel, il le ruina entierement , & perfécuta cruellement les Religieux qui y étoient au nombre de cent quarante , comme il avoir été fíxé par saint Maur. La plûpart ne pouvant supporter les mauvais traitemens de ce tyran qui leur refusoit jusqu'aux choses necessaires pour la vie , abandonnerent le Monastere. Il y en eut seulement quatorze qui y resterent pour

chanter l'Office Divin ; mais à la fin étant abbatus de

a

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GATIONS DE

DE MARMOU TIER.

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Congre faim & de misere, & ne pouvant observer la Regle, ils priFRANCI, ET rent l'habit de Chanoines.

Gaidulphe se servit de cette occasion pour les chasser du Monastere, & mit en leur place cinq Chapelains. Il ruina entierement les lieux Reguliers , commençant par l'Eglise qu'il renversa de fond en comble , afin que les Religieux n'y pussent pas revenir.11 brûla ou jetta dans la riviere de Loire les titres & les actes des donations qui avoient été faites à cette Abbaïe, à la réserve de quelques-uns qu'il mit en dépôt dans saint Aubin d'Angers,où ils furent aussi perdus pendant les ravages des Normans. Mais il ne joüit pas long-tems du fruit de ses crimes ; car aïant appellé ses amis pour se réjouir avec lui de l'extinction de l'Ordre Monastique dans Glanfeüil , il mourut au milieu du festin. Après fa mort tous les biens de cette Abbaïe furent en proïe à tous les Seigneurs de la Province : le Comte d'Anjou , & plufieurs autres personnes , s'emparerent des terres & des revenus de l'Abbaïe , qui demeura déserte & inhabitée jusque sous le regne de l'Empereur Loüis le Debonnaire ; quoique dès l'an 78 1. elle eût été restituée au Mont-Cassin,

7 comme étant de sa dépendance, par le Pape Adrien I. & par l'Empereur Charlemagne , comme nous avons dit dans lę Chapitre quatriéme.

L'Empereur avoit donné cette Abbaïe au Comte Rorignon, qui touché de compassion de l'état pitoïable où elle étoit reduite , en fit relever les bâtimens , fit venir des Religieux de Marmoutier , pour rétablir les Observances Regulieres dans ce Monastere , qu'il soûmit quelques années après à celui de saint Pierre des Fossez , appellé depuis saint Maur, & en obrint la confirmation de l'Empereur. Mais Pepin I. Roi d'Aquitaine, aïant donné ce Monastere de Glanfeüil à Ebroïn, qui fut ensuite Evêque de Poitiers,du vivant même du Comte Rorignon, qui étoit proche parent de ce Prelar, il y laissa les Moines de saint Pierre des Fossez

y tant que le Comte vêcut ; mais après sa mort,leur aïant demandé par quel titre Glanfeüil leur avoit été sollmis , & n’aïant pu representer les Lettres de l'Empereur Louis le Debonnaire, qui avoient été enlevées ou brûlées malicieusement , Ebroin les fit sortir de ce Monastere. Ils

Y rent neanmoins quelque tems après, & il leur étoit encore

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rentre

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