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NES CON-
GREGA

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les Benedictins en Angleterre se diviserenten deux Provin- ANCIEN-
ces qui furent celles de Cantorberi & d’York, dans les-
quelles, conformément au Decret du Concile general, on TLONS
tint des Chapitres tous les trois ans. Mais comme peu à peu TERRE.
cette pratique s'abolit, le Pape Benoît XII.environ cent ans
aprés aïant renouvellé le Decret du Concile de Latran,
tous les Benedictins d'Angleterre unirent les deux Provin-
ces de Cantorberi & d’York en une , & ne firent plus qu'un
même Corps. Le premier Chapitre general fut celebré l'an
1338. à Northampton:on y fit des Reglemens & on y élut des
Visiteurs, des Diffiniteurs, & des Présidens pour présider
au premier Chapitre qui se devoit tenir : ce qui fut toû-
jours pratiqué depuis jusqu'au Schisme, qui en abolissant en
Angleterre la Religion Catholique , y détruisit l'Ordre Mo-
nastique.

Le sujet que l'on prit pour supprimer les Monasteres, fut
le refus

que la plâpart des Religieux firent de reconnoître la primauté du Roi Henri VIII. & la qualité de Chef de l'Eglise Anglicane qu'il avoit prise:ceux mêmes qui y consentirent ne furent pas mieux traités que les autres : on leur objecta les desordres qu'il y avoit dans leurs Monasteres , comme de justes motifs pour les en chasser. Le premier Acte de Primauté

que

fit ce Prince , fur de donner à Thomas Cromwel, qui n'étoit que le fils d'un Maréchal, la qualité de son Grand Vicaire, & Grand Official , ou Vice-Regent, quoiqu'il ne fiìt que Laïque. Cromvel pour faire la visite des Monasteres , nomma un autre Laïque,appellé Lée,avec plusieurs personnes affidées , qui dans le cours de leurs visi- ' tes , qu'ils commencerent en 1535. & dans leurs procès verbaux, aïant supposé beaucoup de crimes aux Religieux,en engagerent un grand nombre , pour éviter la punition donc

menaçoit, à mettre leurs Abbaïes & leurs Monasteres à la discretion du Roi: ce qui étoit tout ce que la Cour demandoit.

L'Abbaïe de Langder en Angleterre, de l'Ordre de Prémontré,qui étoit dédiée à la sainte Vierge & à S. Thomas de Cantorberi , fut une des premieres qui fut remise entre les mains du Roi ; parce que l'on accusa l'Abbé d'un crime , soit vrai soit supposé, pour lequel on le menaça d'une punicion très rigoureuse. Cette premiere resignacion fut suivie

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on

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TERRE.

ANCIEN- de plusieurs autres , qui se firent jusqu'à l'ouverture du GREGA- Parlement qui s'assembla au mois de Février 1536. Comme D'ANGLE l'on y fit publiquement lecture des procès verbaux de visite

de tous les Monasteres, les deux Chambres témoignerent tant d'indignation contre les déreglemens des Religieux,que sans examiner s'ils étoient veritables ou non, elles consenti, rent d'abord à la suppression des petits Couvens,que le Roi demandoit: car on n'osoit pas encore s'attaquer aux plus considerables. Mais comme la Cour n'étoit pas contente, quoique le Parlement eût donné au Roi tous les petits Couvens qui avoient été supprimés, avec tous les biens qui en dépendoient , lesquels Couvens étoient au nombre de trois cens soixante & seize, de differens Ordres : le Parlement qui s'étoit rassemblé au mois de Juin 1536. fit une Loi , par laquelle on annulla les Immunités , Privileges & exemptions que

la Cour de Rome avoit accordés aux Monasteres. Le Roi ordonna que l'on feroit une nouvelle visite des Maisons qui restoient encore, & qu'on examineroit particulierement la vie des Moines, leur disposition envers le Roi , & leurs fentimens sur la Primauré Ecclesiastique. Lée fut encore chargé de cette Commission, dont il s'acquitta si bien au gré de la Cour, que pour récompense on lui donna l'Archevêché d’Yorck aprés la mort du Cardinal de Wolsey.

Ces nouvelles recherches, qu'on peut appeller de cruelles persecutions , obligerent plusieurs Abbés & Religieux à remettre leurs Maisons au pouvoir du Roi. L'Abbaïe de Furness, de l'Ordre de Cîteaux, de mille livres sterling de revenu , donna l'exemple à plusieurs autres. Il y eut cependant plusieurs Abbés & plusieurs Prieurs , qui aimerenc mieux souffrir la mort, que de resigner leurs Maisons , & qui furent en effet executés , sous prétexte de rebellion & de désobéissance. De ce nombre furent l'Abbé de Glastembury, qui avoit cinquante mille livres tournois de revenu , l'Abbé de Reading, qui en avoit trente mille , & celui de Glocestre, qui étoient tous crois de l'Ordre des Moines Noirs. On ne s'attaqua aux Abbaïes de Westminster , de saint Alban, de saint Edmond, de sainte Marie d’Yorck, de Peterboroug , de Croyland, de Teukellburg, de Tavestok,& de quelques autres du même Ordre,qu'à la fin de cette persecution ; mais il ne fut pas difficile au Roi de s'em

parer

GATIO DL
FLEURY

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parer encore de ces Monasteres. Ainsi périt en Angleterre CONGRI-
l'Ordre Monastique, & en particulier celui des Benedictins
ou Moines Noirs , dont la Congregation étoit composée de
quarante Abbaïes , de quatorze Prieurés, & de sept Eglises
Cathedrales , dont les Prieurs assistoient aux Chapitres Ge-
neraux, qui étoient ceux de Cantorberi, de Durham , de
Wilton, d'Ely, de Wincestre, de Conventry & de Roche-
fter. De ces Monasteres il y avoit vingt-quatre Abbés, &
le Prieur de Conventry,qui étoient Pairs du Roïaume,& qui
avoient voix & séance dans le Parlement. Dans l'espace de
deux cens ans, il y eut en ce Roïaume trente Rois & Reines
qui préfererent l'habit Monachal à leurs Couronnes,& qui
Ý y aïant fondé de superbes Abbaies , y ont fini leurs jours
dans la retraite & la folicude. Il est forti ausfi de ces Mona-
steres un grand nombre de Saints & de Bienheureux, d’Ar-
chevêques , d'Evêques & de celebres Ecrivains, entre les-
quels ont été Bede, Moine de Jarrow, Matthieu Paris, Moine
de saint Alban, Alcuin, Moine de l'Eglise d’Yorck,Matthieu,
Moine de Westminster , & plusieurs autres.

Voïez Monasticon Anglicanum , Tom. I. Bulteau , Abregé
de l'Histoire de saint Benoît. Jean Mabillon, Annal. Benedict.
Yepés, Chronić. Gener. de la Ord. de S. Ben. Bucelin, Annal.
Bened. & Menologi ejufd. Ord. Clement Regner, Apoftolat.
Benedict. in Anglia. Ascag. Tamb. de Jur. abbat. Tom. II.
Arnold Wion, Lign. vita. L. Aug. Alleman. Hist. Monast.
d'Irlande. Fleury , Hift. Ecclef. Tom. XI. & XII.

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Сн H A P I T R E X.
Des anciennes Congregations de Fleury, ou de saint Benoît-
sur-Loire , de saint Benigne de Dijon, de la Chaise-

Dieu.
SE

I l'on regarde les Abbaïes de Marmoutier, de saint

Benigne de Dijon , de saint Denys,& de la Chaise-Dieu en France ; du Mont-Cassin, de Cave & de Cluze en Italie; de Fulde , d'Hirsauge, de Bursfeld en Allemagne, & plufieurs autres, comme autant de Chefs d'Ordre, par rapport aux Monafteres qui en dépendoient, & qui formoient avec leur Chef comme une espece de Congregation : à plus forte Tome V.

M

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FLEURY.

CONGRE- raison on a dû regarder l'Abbaïe de Fleury ou de saint GATION DE Benoît-sur-Loire comme un Chef d'Ordre ; non seulement

par rapport aux Monasteres qui lui écoient soûmis ; mais encore à cause de la prééminence, qui lui a été accordée par les souverains Pontifes au dessus de tous les autres Monasteres; Leon VII. l'aïant appellé le premier & le Chef de tous les Monasteres : Caput ac primas omnium Cænobiorumi & Alexandre II. aïant donné la qualité de premier des Abbés de France à l'Abbé de ce Monastere, qui a en effet l'avantage de posseder les sacrées Reliques de faint Benoît, Patriarche des Moines d'Occident.

L'on ne peut pas marquer positivement dans quelle année cette celebre Abbaïe fut bâtie ; il est néanmoins certain que ce fut au commencement du regne du jeune Clovis , fils de Dagobert , qui donna par échange le village de Fleury

sur Loire

pour la terre d'Atrigny à Leodebold Evêque d'Orleans qui fit bâtir à Fleury deux Eglises & un Monastere dont il donna le gouvernement à Rigomar , qui en fur premier Abbé. La premiere & la principale de ces Eglises fut dédiée à faint Pierre ; ce qui fit que ce Monastere en prit le nom , & la seconde fut consacrée sous le titre de la sainte Vierge : mais le corps de saint Benoît aïant été transporté du Mont Cassin dans cette derniere, elle devint dans la suite la principale Eglise & prit le nom de saint Benoît. Nous avons ci-devant parlé de cette translation qui se fic l'an 653. par

l'Abbé Mommol qui succeda à Rigomar : & depuis ce tems-là, la France a toûjours possede ces saintes Reliques.

L'Observance Reguliere fut long-tems en vigueur dans ce Monastere. On y enseignoit les sciences divines & humaines : on y formoit les enfans à tous les exercices de la pieté , la plus exacte ; & cette maison qui portoit bien loin la bonne odeur de Jesus-Christ, étoit en grande veneration dans toutes les Provinces voisines; mais la fureur des Normans qui désoloient toutes les côtes de la Loire obligea les Religieux d'enfortir pour échapper à leur cruauté, & d'emporter avec eux le Corps de saint Benoît,qui étoit l'objet le plus sensible de leur pieté & dont la présence animoit un chacun à la pratique de tant de vertus qu'il avoit pratiquées pendant sa vie. Ces Barbares y vinrent l'an 865. & le trouvant abandonné , ils ne se contenterent pas d'emporter ce

GATION DE
FLEURY.

qu'ils purent; ils mirent encore le feu aux bâtimens, presque tour fut renversé, l'Eglise fut réduite en cendres : & les fâmes aïant seulement épargné une partie du Dortoir,les Religieux y retournerent, le firent servir d'Oratoire,&y mirent les reliques du S.en attendant que l'on eût rebâti une autre Eglise.

Les Normans étant retournés à Fleury lan 878. les Religieux qui eurent avis de leur marche , s'enfuirent à Matrini dans le Gatinois , où ils crurent être en sureté, ažant emporté avec eux tout ce qu'ils avoient de plus précieux, dont ils chargerent quantité de chariots. Ces Barbares n'aïant trouvé à Fleury que les quatre murailles , fuivirent les Religieux à la piste des chariots, dans le dessein de les massacrer & d'emporter tout ce qu'ils avoient sauvé de leur Monastere. Mais l'Abbé Hugues qui avoit été chercher quelque secours en Bourgogne sétant survenu comme ces Barbares se dispofoient pour attaquer les Religieux , les chargea fi brusquement avec Girbord Comte d'Auxerre qui s'étoit joint à lui avec ses troupes , que les Normans furent cous taillés en piéces. A peine en resta-t-il un pour porter aux autres la nouvelle de leur défaite , & l'Abbé Hugues avoia qu'il avoit vû dans le combat faint Benoît , qui d'une main tenoic les rénes de son cheyal , & de l'autre son bâton Pastoral dont il avoit tué un grand nombre d'ennemis. Diederic Moine d'Hersfeld en Allemagne qui avoir demeuré longtems à Fleury , rendant compte à Riclrard Abbé d'Amerbach de ce qui avoit donné lieu de celebrer le quatre Decem bre, la Fête de l'Illation ou du retour de saint Benoît , dic que ce fut le retour solemnel de ces Reliques qui furent apportées à Fleury , après avoir été quelque tems dans l'Eglise de faint Agnan á Orleans , pour les mettre à couvert de la fureur des Normans , dont il rapporte

une semblable défaite proche d'Angers par le Comte Gistolfe, Advoüé de cette Abbaïe , après que ces Barbares l’eurent encore pillée & tué soixante Religieux, mais il y a lieu d'en douter.

Les mêmes Normans eurent plus de respect pour ce lieu dans la suite ; car sous l'Abbé Lambert l'an 909. Raynaud qui commandoit une flotte de ces peuples qui étoient encore infideles, parcourant tous les rivages de la Loire, où il mectoit tout à feu & à fang,étant arrivé à Fleury,& trouvant le Monastere abandonné de tous les Religieux qui s'étoient

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