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Hure

nili copia Hor.

MAISON RUSTIQUE

OU

ECONOMIE GENERALE

DE TOUS LES BIENS:
DE CAMPAGNE:
La maniere de les entrerenir & de les multiplier ;

le Sieur Liger.
TROISIEME EDITION,
Revûë, corrigée , augmentée , mise en meilleur ordre,
Et enrichie de Figures en Taille-douce.

Par M. ***
TOME PREMI E PE

Donnée ci-devant au Public

par

A PARIS ,
Chez CLAUDE PRVDHOMME, au Palais, au fixiéme Pilier de la
Grand'Salle, vis-à-vis l'Escalier de la Cour des Aydes,

A la Bonne-Foy Couronnée.

M. DCC. XXI.
AVEC PRIVILEGE DU ROY,

c c

F 6917.00.3

HARVARD COLLEGE LIBRARY

GICT OF
DANIEL E, FEARING

20 JUNE 1915

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P R E F A C E.
S:

I l'on juge de la bonté d'un Livre par le nombre des Edi-
tions qu'on en a fait, on peut dire que la Maison Rustique
a été un des meilleurs qui ait été imprimé. L'Agriculture

a été du goût de tous les Siecles : le premier Homme fut
mis dans le Jardin de Délices pour jouir de cout ce que la Terre
produisoic d'elle-même ; mais cette même Terre cesla d'êcre fer-
tile & ne recondut plus celuy pour lequel elle avoit été créée,
en luy refusant dès le moment qu'il eut peché, ce qu'elle luy don-
noit auparavant avec profusion. La Terre devenuë ingrate par
la punition de l'Homme', de fertile qu'elle étoit, ne produisit
plus que des ronces & des épines, & ce ne fut que par des sueurs
& un travail continuel que l'Homme la força de luy rendre ce
qu'elle luy donnoit auparavant avec tant de liberalité. Adam fuc
donc le premier qui s'appliqua à l’Agriculture , ses enfans suivi-
rent son exemple Caïn laboura la Terre, pendant qu'Abel avoit
soin des Troupeaux : leurs Descendans les ont imité. En parcou-
rant les Saintes Ecritures, op y voir une suite de gens de tous états
& de toutes conditions, qui ont regardé l'Agriculture & tout ce
qui en dépend, comme l'occupation la plus utile & la plus necessaire.

Les Rois du Peuple de Dieu ont écé tirez, les uns de la Charuë. les autres de la garde des Bestiaux : le plus sage de tous ces Princes étoit li habile dans l'Agriculture , qu'il en a fait des Traitez excellens, où il parle des Arbres & des Plantes, depuis le Cedre jusqu'à l'Hylope, c'est-à-dire que rien ne luy a échappé de tout ce qui est renfermé dans la vaste étenduë de cette belle Science.

Tout le monde s'y est appliqué ; les uns l'ont érudiée avec attention & l'ont mise en pratique avec de grands soins ; les autres pleins d'affection pour leurs Successeurs, ont transmis par leurs Ecrits ce qu'ils avoient appris de leurs Peres, & ce que leurs travaux & une longue experience leurs avoient acquis : on a mis en Vers & en

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Prose les preceptes & les progrès de cet Art. Nous en devons la connoillance à ces illustres Anciens, Hefiode , Caton, Virgile, Pline, Varon, Pallade , Columelle & une infinité d'autres.

Les Romains, ces Maîtres de la Terre, ont fait de l'Agriculture leur occupation la plus cherie ; s'ils ont excellé dans la cul. ture de certains Legumes, ils ont voulu que ce degré de Science auquel ils avoient monté, fut publié dans les Siecles à venir, en donnant à leurs Familles le nom de ces Plantes ; tels font les Lentules , les Fabiens , les Pisons , les Cicerons & autres, & l'on a vû des Empereurs même preferer les douceurs de la vie champêtre, aux honneurs & à la gloire de leur Sceptre.

C'est à l'exemple de ces Grands Hommes que nos François se sont de tout temps appliqué à l’Agriculture ; leur curiosité & leur envie de sçavoir, les ont fait surpaller l'Antiquité : ils ont fait des progrès dans toutes ses Parties, & ont surpaslé de beaucoup ceux des autres Nations ; c'est aussi ce qui a donné lieu à beaucoup d'entr'eux de laisser par ecrit les routes qu'ils avoient tenus pour la porter au point de perfe&ion où nous la voyons aujourd'huy.

On pourroit faire un long dénombrement des Ouvrages qui ont paru sur cette matiere dans les Siecles precedens, mais cela nous meneroit

trop loin ; il suffit de sçavoir que Charles Estienne, Liebaut & Deferre Medecins firent imprimer dans le commencement du Siecle passé les Remarques qu'ils avoient faites sur l’Agriculture ; ils donnerent à ces productions les Titres de Maison Rustique & Theatre d'Agriculture ; & ces Ouvrages , quoy que peu recherchez, & confusement écrits, ont pourtant merité quinze ou seize Editions fous les noms de ces Auteurs, sans compter un plus grand nombre d'autres Editions contrefaites, ausquelles des Plagiaire n'avoient fait d'autres Additions , Corrections ou Augmentations, que de changer le Titre & de cacher aux yeux du Public le larcin qu'ils commercoient en substituant d'autres noms.

On n'a garde de mettre au rang des Plagiaires quantité d'honnêtes gens qui ont écrit sur les differentes Parties de l’Agricul. ture, peut-être qu'on se pourroit tromper ; & d'ailleurs il y a de la prudence à ne pas attaquer tant de gens à la fois: les uns ont voulu s'immortaliser par leurs Ecrits, les autres ont prétendu se rendre utiles au Public, d'autres ont cherché à s'occuper en se divertissant, d'autres enfin, avides d'écrire par interêt, ont voilé sous differens Titres le même Livre qu'ils avoient donné ci-devant

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