Imágenes de páginas
PDF
EPUB

point de station. On ne s'est jamais avisé , par
exemple, de se contraindre le moins du monde,
dans les Tableaux que l'on regarde avec des mi-
roirs cylindriques, ou coniques, &c. foit dans
leur disposition, ou dans leur description , pour
rendre leurs figures moins défigurées ; non plus
que dans ces Perspectives dépeintès sur une sur-
face, & que l'on regarde par un trou fixe, telles
que les deux fameuses que l'on voit aux Minimes
de la Place Royale à Paris ; parceque tout le
monde est persuadé qu'elles ne sont pas

faites
pour être vûes d'ailleurs que du trou d'une

porte; qui est le seul point d'où elles réprésentent la nature. De même un Tableau ou Perspective ne pouvant faire fon effet que pour le point o de l'oeil, on ne doit exiger de les bien voir, que de ce seul point. Tous les Tableaux & Perspectives quelconques étant fondés sur les mêmes principes, c'est à dire étant toujours la projection d'un plan geometral sur une surface plane , ou courbe, ou mixte, pour le seul point où l'ail est situé, on en doit raisonner de même.

[ocr errors][ocr errors]
[ocr errors]

V. PROBLÊME.
Pour servir de Suplément à differentes
questions d'Hydraulique de Marine,

traitées dans nos Esais.
'On a de coutume d'objecter contre

notre systême du Alus & reflus des mers,
qu'ils devroient être plus grands en Europe,
quand la Lune est dans le Tropique d'Eté, que
quand elle est dans celui d'Hyver, parcequ'elle

[ocr errors]

L

est alors plus proche de l'Europe ; mais je dis que la consequence est fausse. Car si la Lune en palsant par notre Meridien & par le Tropique d'Eté, au-dessus de notre horizon, prelle les caux qui font voisines de l'Europe , 12 heures après étant au même Meridien sous nos pieds, elle presse encore les eaux sur notre horizon, mais au Tropique d'Hyver, & fort loin de l'Europe. Ainli par ces deux pressions alternatives de 12 heures, en 12 heures, nous devrions avoir toutes les 24 heures un grand flus , & un moindre;#ce qui ne peut être ; parceque si la Lune située dans le folftice d'Eté, après avoir poussé les eaux de l'Ocean jusques aux côtés de Norvege, quand elle a palle par le Meridien sur notre horizon, celloit ensuite de les presser ; ces eaux étant retournées vers l'Equateur, reviendroient d'elles - mêmes après 12 heures presque à la même hauteur aux mêmes côtés , selon la loi des liquides qui se balancent par leur pesanteur. Donc elles y doivent à plus forte raison encore revenir, quand la Lune étanc sous nos piés au Tropique d'Eté, les prellera sous le Tropique d'Hyver, quoique de plus loin. Ce qui prouve que les flus & reflus de l'Occan doivent être deux - mêmes perpetuellement égaux dans un même jour ; & ceux d'un Tropique lunaire égaux à ceux d'un autre Tropique lunaire. De sorte que toute la difference ne peut procéder que de celle d'un des Tropiques à l'Equateur, qui peut causer à la verité quelque diminution principalement si ce passage de la Lune par l'Equateur se fait lorsqu'elle est dans son apogée, & en même temps en quadrature ; & fi dans un autre temps elle est dans son périgée , & en même temps dans les lyzygies, lorsqu'elle passe par un des Tropiques. Car dans le premier cas trois causes

[ocr errors]
[ocr errors][ocr errors]

de diminution.concourant, & dans le second, trois causes au contraire d'augmentation fe rencontrant ensemble, la difference des flus doit être la plus sensible. Mais lorsque la Lune sera disposée de même, étant une fois dans un Tropique, & l'autre dans l'Equateur, les flus & reflus pourront être encore sensiblement égaux; parceque les deux pressions inégales qu'elle fait dans un même jour aux tropiques, étant prises ensemble, valent sensiblement autant, que les deux égales qu'elle fait en un même jour dans l'Equateur. Il en est de même pour tous les autres paralleles de la Lune comparés avec l’Equareur. D'où il suit que par raport à ces differents paralleles, les flus & reflus font sensiblement égaux tous les jours & tous les mois.

2o. Je me suis apperçu que je n'ai pas bien compris le sens de la démonstration de M. Mariotte sur la diminution des jets d'eau ; ( 4* Partie du Mouvement des Eaux, 2-Regle), dans le second Tome de mes Essais, seconde Edition, page 323. Voici donc comine on peut perfectionner cette démonstration. Il faut supposer que DH(figure dixiéme) en la hauteur d'un jet vertical connu par experience, & DE celle de son reservoir ; que D G est la hauteur à trouver d'un jet d'eau proposé , & D A celle de son reservoir; & diviTant par pensée les hauteurs DH,DG, en un nombre égal de parties indéfiniment petites & égales dans chacune, nommer p chacune des parties de DH, & chacune de celles de DG, P; & prenant EH & AL pour les diminutions d'élevation causées en DH & DG par (P) supposée d'air, on aura l'analogic ( EH|AL|| DE DA); parceque les diminutions de vitesse en D par p d'air, étant

DE

و

EHXDA

DE

DG XEA X DA
DH XDE

proportionnelles dans ces deux jets à leurs vitesses totales en D, elles doivent causer des diminutions d'élevation EH, AL, proportionnelles aux totales DE, DA, selon Galilée, ce qui donne AL

EH XDA. Or les élevations DG, DH, étant produites par les mêmes causes, sont semblales ; donc la diininution d'éleration causée par chaque partie de DG, étant à la diminution par chaque partie de DH, comme AG à EH; EH peut réprésenter la diminution totale causée par p d'air sur DH, & AG la totale causée par P d'air sur DG. Prenant donc encore AG pour la diminution par P d'air sur DG, on aura encore l'analogie, plPll DH|DO|| 1

SAG. Nommant donc DG, *; on aura (

*XEH XDA =AD-x), d'où l'on tire (=

DE X DH +DAX EH = DG). Suposant donc toujours DE de 839 demi pouces, DH de 761, & D A de 26 piés 1 pouce, ou 626 demi pouces, on trouve x = DG de 24 piés s pouces, au lieu de 24 piés 2 pouces . Prenant encore D A de 24 piés s pouces, on a DG de 22 piés 9 pou., au lieu de 22 piés 10 pouces. Enfin prenant D A de 12 piés 4 pouces, ou trouve DG de ir piés 10 pouces , au lieu de 12 piés. Ce qui est aussi juste que l'experience peut le permettre. Voyés le Mouvement des Eaux de M. Mariotté.

30. Enfin je ne dois pas tarder davantage à me retracter du calcul de la route & vitesse d'une surface verticale poussée dans l'eau par le vent, que j'ai publiée au mois de Janvier de l'année 1714;

dautant

DH XDE AD X DE XDH

[ocr errors]
[merged small][ocr errors]

dautant que li dans la figure de ce dernier Memoire, FL étoit la route & la vitesse de AD, le vent auroit encore sur elle la vitesse respective MD, & la pousseroit avec cette vitesse, comme si elle étoit en repos. Donc il augmenteróir sa vitesse selon FC, puisqu'elle ne souffre aucune resistance en ce sens, & cela jusques à ce que EM fût égale à FD. Or alors la route & la vitesse de la surface ne pourroient être FN; parceque le vent n'agissant plus sur elle, elle auroit perdu sa vitelle acquise lelon HLD, par la refiftance perpendiculaire de l'eau. Donc sa derniere route & vitesse ne pourra être autre que ; ainsi il ne faut point de calcul pour la trouver ; mais elle employera d'autant plus de temps à parcourir F&. que sera plus longue:

A l'égard des ì principes d'Hydraulique qui sont contenus dans ce Mémoire , je les tiens tous pour bons , excepté le s', qu'il faut reformer ainsi :

so. Enfin fi en même temps ab(premiere figure du Mémoire ) se mouvoir selon la droite IK parallelement à elle-même en ef> prenant I K pour exprimer sa vitesse, menant la perpendiculaire KL sur M, & divisant cette vitesse i K dans les deux IL, LK, la surface ab se ineuvra par IK comme fi elle avoit en elle les deux vitesses IL, LK, dont la derniere étant perpendiculaire au cours du vent IM, ne doit point être comptée. Ce fera donc à l'égard du vent, comme si la surface ab n'avoit que la vitesse 1L; & par consequent le vent la choquera de la même maniere, que si elle étoit fixe, & qu'il eût seulement la vitesse LM. C'est pourquoi LM marquera toujours la multitude des parties du vent tirée de sa vitesse absolue, & menant la perpendiculaire LN sur bM; la vitesse

D

« AnteriorContinuar »