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terprète, un savant de la science des saints, une lumière du monde.

Nous demandions un Pasteur qui allåt répandant partout la bonne odeur de Jésus-Christ, touchant les uns par l'efficace de la parole, les autres par la force de l'exemple; et les larmes éloquentes de deux peuples qui regretteront toujours votre gouvernement, pour en avoir quelque temps éprouvé la sagesse, nous disent, MONSEIGNEUR , que doué de toutes les vertus, vous excellez dans celle qui en est la base nécessaire, le généreux mépris des vairs honneurs du siècle

Autrefois le docteur des gentils , ce modèle qui vous est toujours présent, voulant convaincre certains faux frères, disait : quel avantage ont-ils dont je ne pourrais me flatter si j'écoutais la voix de la chair ? sont-ils Hébreux ? je le suis aussi ; sont-ils Israélites ? je le suis aussi ; sont-ils de la race d'A. braham ? j'en suis aussi (1). Vous pourriez, MonseGNEUR, dire la même chose à tant d'hommes que nous voyons encore épris des grandeurs humaines dans le sein du christianisme.

Et certes , sont-ils jaloux de l'antiquité de leur nom ? le vôtre remonte jusqu'à l'établissement de la monarchie française, le titre de premier baron chrétien, qu'ont incontestablement pris vos ancêtres, en est une preuve authentique.

Se glorifient-ils de leurs alliances? les plus illus

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!1) 2. Corinth. 11.

tres maisons du royaume se sont fait gloire d'en contracter avec la vôtre, et votre sang s'est souvent mêlé avec celui de la plupart des Maisons souveraines de l'Europe.

Font-ils le pompeux dénombrement des exploits de leurs aïeux ? pommer les vôtres, c'est nommer des connėtables, des maréchaux, des amiraux, des grands-maitres, des grands chambellans, des héros; les grands officiers de la couronne et les grands hommes de guerre ne sont dans aucune maison en aussi grand nombre que dans la vôtre.

Cependant ce grand éclat o'a rien de grand , rien d'éblouissant pour vous, Saint Paul, après avoir dit qu'il pouvait prendre avantage de ce qui est charnel, ajoutait : Ce que je considérais comme un gain el un avantage dans le judaïsme, m'a paru depuis, regardant Jésus-Christ, un désavanlage, une perle(1): héritier du même esprit, vous pensez, MonSEIGNEUR, et vous parlez comme ce grand Apôtre, vous oubliez tout ce qui vous élève aux yeux des hommes, pour vous souvenir uniquement de ce qui vous abaisse aux yeux de Dieu; si quelquefois vous vous rappelez votre auguste qualité d'Évêque et de prince de l'Église, ce n'est que pour vous opposer au monde avec plus de fermeté, pour chercher les intérêts de Dieu et de l'Église avec plus de charité, pour user des biens fugitifs de ce monde avec une modération toujours plus exacle (2).

(1) Philip. 3. (2) 2. Tim. 1.

Voilà, MONSEIGNEUR, les choses admirables que la renommée nous dit de votre bumilité, et de ce rare mérite que tous les efforts de la modestie ne peuvent renfermer sous le boisseau.

Est-il donc surprenant que ma raison et mon ceur s'accordent pour vous offrir le cours d'Homélies que je soumets à la censure publique? A qui convient-il mieux de le présenter qu'à l'Ange tutélaire de l'Église dans laquelle je travaille, et au juge né de la doctrine qui s'y enseigne ?

Recevez donc, MONSEIGNEUR, le sincère et respectueux hommage que je vous en fais.

Je suis avec un respect très-profond,
MONSEIGNEUR ,

DE VOTRE EXCELLENCE

Le très-humble et très-obéissant servitcur',

THIÉBAUT.

J'ai lu par ordre de Monseigneur le Chancelier, un manuscrit qui a pour titre: Homélies pour tous les Dimanches et principales fêtes de l'année , où je n'ai rien trouvé de contraire à la saine doctrine. A Paris, le 12 juillet 1760.

Signė, J. TAMPONET,
Doyen de la faculté de la Théologie de Paris.

PRIVILÉGE DU ROI.

Louis, par la grace de Dieu , roi de France et de Navarré, à nos amés et féaux conseillers les gens tenant nos cours de parlement, maitres de requêtes ordinaires de notre hôtel, grand conseil, préyots de Paris, baillis, sénéchaux, leurs lieutenants-civils et autres, nos justiciers qu'il app partiendra, Salut. Notre amé COLLIGNON, notre imprimeur à Metz, nous a fait exposer qu'il désirerait faire imprimer et donner au public un ouvrage qui a pour titre: Homélies pour tous les dimanches et principales fêtes de l'année ,

s'il nous plaisait lui accorder nos leltres de permissiou pour ce nécessaires ; à ces causes, voulant favorablement traiter l'exposant, nous lui avons permis et permettons par ces présentes de faire imprimer ledit ouvrage autant de fois que bon lui semblera , et de le vendre, faire vendre et débiter par tout notre royaume pendant le temps de trois années consécutives, à compter du jour de la date des présentes; faisons défenses à tous imprimeurs-libraires et autres personnes, de quelle qualité et condition qu'elles soient, d'en introduire d'impression étrangère dans aucun lieu de notre obéissance , à la charge que ces présentes seront enregistrées tout au long sur le registre de la communauté des imprimeurs et libraires de Paris, dans trois mois de la date d'icelles; que l'impression dudit ouvrage sera faite dans notre royaume et non ailleurs, en bon papier et beaux caractères, conformément à la feuille imprimée attachée pour modèle sous le contre-scel des présentes; que l'impétrant se conformera en tout aux règlements de la librairie, et notamment à celui du 10 ayril 1725, qu'avant de l'exposer en vente, le manuscrit qui aura servi de copie à Pimpression dudit ogvrage, sera remis dans le même elatou l'approbation'y aura été donnée, és mains de notre très-cher et féal chevalier chancelier de France, le sieur de Lamoignon, et qu'il en sera ensuite remis deux exemplaires dans notre bibliothèque publique, un dans celle de notre château du Louvre, et un dans celle de notre trèscher et féal chevalier chancelier de France, le sieur de Lamoignon, le tout à peine de nullité des présentes; du contenu desquelles vous mandons et enjoignons de faire jouir Jedit exposant et ses ayant-cause, pleinement et paisiblement, sans souffrir qu'il leur soit fait aucun trouble ou empêchement : Commandons au premier notre huissier ou sergent sur ce requis, de faire pour l'exécution d'icellés, tous actes requis et nécessaires, sans demander autre permission, et nonobstant clameur de haro, Charte normande et lettres à ce contraires. Car tel est notre plaisir. Donné à Versailles le dix-septième jour de février, l'an de grâce mil sept cent soixante-un, et de notre règne le quarante-sixième. Par le roi en son consell.

Signé Le Begue, avec griffe et paraphe.

Registré sur le registre XV. de la chambre royale et syndicale des libraires et imprimeurs de Paris, n. 3242. fol. 162, conformément au règlement de 1723. A Paris ce 20 février 1761.

Signé, GEBAUGRAIN , syndico.

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