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l'Avent, attend la protection de VOTRE MAJESTÉ, pour lui attirer une plus grande foule de vrais adorateurs. Il ne faut pas feulement à ce Pafteur des ames, caché fous les langes d'un enfant, des pafteurs de brebis, qui quittent leurs troupeaux pour le venir adorer, il faut encore à ce Roi des Rois, des têtes couronnées pour lui rendre leurs hommages, & pour en montrer l'exemple à leurs fujets.

Auffi-tôt que cet Homme-Dieu eft forti de l'augufte fein de fa divine Mere, non content d'envoyer des Anges aux bergers d'alentour pour leur en annoncer la nouvelle, il s'annonce encore lui-même par une étoile, & le chemin de l'Orient à l'étable de Bethleem eft auffi-tôt frayé par trois

Souverains, qu'il fait, tout enfant qu'il eft, détacher de leurs trônes, par ce foible météore, pour le venir reconnoître comme leur Souverain, comme leur Sau& comme leur Dieu.

yeur,

L'étoile, ou pour mieux dire, la foi dont elle étoit le fymbole, avoit déja porté la lumiere dans leurs ames pour leur faire comprendre, que les couronnes les plus brillantes n'empruntent leur éclat, & les fceptres des plus puiffans Monarques; leur autorité, que de ce Souverain du ciel & de la terre, quoiqu'il ne foit qu'un fant nouveau né dans une pauvre étable & couché fous une crèche ; que cette ́étable, toute méprisable qu'elle paroiffe, eft infiniment plus augufte que les plus Superbes palais des Rois de la terre; cette

crêche plus refpectable que les trônes les plus éclatans; que ces pauvres langes Pemportent en fplendeur & en dignité fur la pourpre des Souverains, & que

cet ornement pompeux, par lequel ils prétendent étaler leur grandeur aux yeux des hommes, ne peut jamais être plus honoré, que quand il eft abaiffé fur la paille & fur le foin qui compofent L créche d'un Dieu Sauveur.

L'étoile qui conduifoit ces Mages à la crêche et éteinte, & le chemin en eft devenu bien défert depuis que les mon 'dains en ont laisse effacer les traces, en fe faifant des routes toutes contraires; qui ne conduifent qu'à la fauffe grandeur, à la cupidité & aux plaifirs des fens; & l'on pourroit dire avec un Pro

phéte * que les voies de Bethleem pleurent, comme celles de Sion pleuroient autrefois, de ce qu'elles ne font plus fréquentées : Mais nous avons lieu d'espéFer, MADAME, que Pexemple de votre piété fera fubftitué à l'étoile pour retracer ces voies de falut dans la plus flo riffante Cour qui fût jamais, & de-là dans le plus puissant de tous les Royaumes.

Quand une grande Reine fe fait un devoir & un honneur de defcendre tous les jours, comme vous faites, MADAME ; du plus brillant de tous les trônes, où fon mérite l'a placée, pour venir s'abaif fer aux pieds de celui du Roi des Rois; ou naiffant dans une étable, ou expirant fur une Croix, ou facrifié fur nos Au

*Thren. .

tels, & qu'en l'adorant dans la pofture la plus humiliée, avec une foi & une piété qui édifie les vrais fidéles, & qui confond les libertins, Elle lui fait de continuels hommages de fa couronne, de fes gran→ deurs & de toute fa perfonne, Elle en attire bien d'autres après elle pour lui rendre les mêmes devoirs.

Laissez-nous, MADAME, nous flatter de cette douce efpérance de voir refleurir la piété dans la Cour par l'exemple de la vôtre cet efprit de foi qui youş anime dans un temps où l'on peut dire qu'elle eft en fouffrance; cette modeftie, qui dans VOTRE MAJESTÉ coule de fource, qui brille dans nos Sanctuaires & par-tout ailleurs, & qui fied fi bien à une Reine; cette charité fi

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