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feller les Langues Orientales à Ley- J. Dru: de. Pendant son séjour en cette ville sios. il songea à se marier, & épousa le 18 Octobre 1989. Marie van der Varent , native de Gand, qui avoit commencé à prendre du goût pour les nouvelles Opinions, & qui les embrassa entierement après son Mariage.

Vers ce temps il alla à Oudenarde pour quelques affaires ; & ce voyage pensa lui être funeste, carpendant qu'il y étoit , le Duc de Parme

y y vint mettre le Siege, & la prit par Capitulation au bout de trois mois. Drufius eut le bonheur de n'être pas reconnu, & d'en sortir avec la

gar.. nison.

La modicité de ses gages & les pertes qu'il avoit fouffertes dans fa patrie, engagerent à son retour les Curateurs de l'Université de Leyde à lui faire une gratification de cent Florins, & à augmenter fes gages d'une pareille somme.

Malgré cette augmentation, ils n'étoient pas encore fuffisans pour l'entretien de la famille ; ainsi il fie entendre à ses amis , que fi on lui

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J. Dru- offroit ailleurs une meilleure condia SIUS. tion, il l'accepteroit. Le Prince

d'Orange l'ayant appris , écrivit aux Magistrats de Leyde de faire enforce qu'un homme de ce merite ne leur échappât point.

Ils ne laisserent pas cependant de le laisser échapper ; Drufius les ayant quitté peu de temps après pour aller remplir à Franeguer en Frise, une Chaire de Professeur en Hebreu. Il en fut mis en poffeffion le 10 Juin 1585. & il en remplit glorieusement ks fonctions pendant tout le reste de sa vie. Ses gages étoient d'abord de cinq cens Florins, mais on les augmenta en 1587. de cent Florins & d'une autre pareille somme en 1595.

L'année suivante 1596. les deputez des Etats de Frisé lui expedierent la Commillion de travailler avec Philippe de Marnix de Sainte Aldegonde, & quelques autres, à une nouvelle Version Flamande de la Bible; mais cette commission n'eut point de lieu à son égard, apparémment parce qu'il avoit été recommandé par Arminins & Vytenbogard,

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SIUS.

dont le parti n'étoit pas alors le plus J. Drow fort.

Les Etats Generaux le chargerent aussi en 1600. par la même recommandation de faire des notes sur les endroits les plus difficiles du Vieux Testament , & lui aflignerent pour cela une pension de 400 Florins. Pour le mettre plus en état de travailler à cet ouvrage , ils écrivirent le 18 May 1691. une Lettre aux Etats de la Province de Frise , pour les prier de dispenser Drusius de tous les travaux qui seroient capables de retarder celui-ci. Cette Lettre ayant été lue, les Deputés de ces Etats dechargerent Drusius de toutes fonctions Academiques , lui permirent de mettre un autre à sa place pour les Leçons ordinaires , & lui payerent un Copiste. Quoiqu'ils le reduisissent par-là au simple titre de Professeur, ils se firent une gloire de le retenir dans leur Université, & lui refuserent même fon congé qu'il demanda en 1603. parce que la reputation artiroit à Franequer un grand nombre d'Etrangers.

Drufius, conformement aux Os

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SIUS.

pre

1 J. DRU-dres des Etats Generaux, travailla

fur la Genese, sur l'Exode, sur le Levitique , sur les 18 premiers chapitres des Nombres , & en particuIier sur les endroits les plus difficiles du Pentateuque , du livre de Jofué du livre des Juges , & des deux miers livres des Rois; mais il ne put jamais rien faire imprimer de tout cela de son vivant; On ne vit paroî. tre ces Ouvrages qu'après sa mort.

Il mourut le 12 Fevrier 1616. âgé de 65 ans. Sa femme étoit morte dès l'année 1599. puisque l'on a une Lettre d'Arminius du mois de May de cette année, où il lui fait un com pliment de condoleance sur sa mort:

Il eut trois enfans de fon Mariage, deux filles & un garçon.

La premiere fille , nommée Agnés naquit le 22 Mars 1582. à Leyde, & fut mariée en 1604. avec Abel Curiander , qui a publié la vie de son

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beau-pere,

La seconde , appellée Jeanne , naquit à Franequer le i Avril 1587. épousa le 29 May 1608. Abraham Walkius, & mourut à Gand le 12 Novembre 1612.

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Le fils, nommé Jean, comme J. Drufon pere , naquit le 26 Juin 1588. sius. & mourut de la pierre à l'âgé de 2 I ans en Angleterre , chez Guillaume Thorne (a) Doyen de Chichester, qui lui donnoit une grosse pension. A en juger par ce que son pere dit de lui dans la Preface d'un de ses Ouvrages (b) il seroit devenu un prodige d'erudition , s'il eût vecû plus longtemps. Il commenca dès l'âge de cinq ans à apprendre la langue Latine & l'Hebreu; à sept ans il expliquoit le Pfeautier Hebreu d'une maniere fi exacte, qu’un Juif qui enseignoit l’Arabe à Leyde ne put l'entendre fans en témoigner beaucoup d'étonnement. A neuf ans il favoit lire l'Hebreu fans points , & ajouter les points où il falloit selon les regles de la Grammaire. Il parloit alors aussi aisément en Latin qu'en fa langue maternelle; il favoit même assez d'Anglois , pour se faire entendre en cette langue. Il a laissé plur

а (a) Ce Doyen eft mal appellé Guillaume Thomas dans le Dictionnaire de Bayle; c'est apparemment une faute d'Impreflioa. : (b) Lib, 10. Præteritorum, Tome XXII.

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