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A. Sur quoi donc ?

Q. Sur le tems auquel il commencera : mon avis est qu'il commence par l'origine de notre histoire ; & la raison

que j'en ai eft que ce qui en a été écrit par les autres, l'a été de maniére à n'être pas même lû de qui que ce soit : mais mon frere vondroit fe fenfermer dans ce qui s'est passé de nos jours, pour ne rendre compte que des choses ausquelles il a eu quelque part.

A. Pourquoi non 2 il ne feroit pas si mal : car nous n'avons rien de plus important dans toute cette histoire, que les événemens de notre siécle : it aura entr'autres occasion de 20 s'étendre sur les louanges de Pompée notre illustre ami , & de parler de zi ce Consulat à jamais mémorable ! Pour moi je fais plus de cas de ce qu'il peut nous debiter là-dellus, que des contes surannez de Romulus & de son frere.

M. Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on m'exhorte à ce travail ; je le sçais, Atticus , & je ne m'y refuserois pas fi j'en avois le tems & la liberté : mais. au milieu des occupations qui m'obfédent & des soins dont je suis agité, it n'y a pas d'apparence que j'entre

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:

utrumque opus est, & curâ vacare, & negotio.

:

quæ

A. Quid? ad cetera , quæ fcrip. sisti, plura quam quisquam è no. stris , quod tibi tandem tempus, vacuum fuit conceffum ?

M. Subcisiva quædam tempora incurrunt quæ ego perire non patior : ut si qui dies ad rufticandum dati fint, ad eorum numerum accomodentur, scribimus. Historia verò nec in. stitui potest, nisi præparato otio, nec exiguo tempore absolvi : & ego animi pendêre foleo, cum semel quid orsus , traducor alio ; neque tam facilè interrupta contexo, quam abfolvo institura.

A. Legationem aliquam nimi. rum oratio ista postulat , aut ejufmodi quampiam cessionem liberam atque otiosam.

M. Ego verò ætatis potius va

prenne un ouvrage de cette conséquence : il faudroit pour cela n'avoir

: ni soucis ni affaires.

A. Et où donc avez - vous pris le loisir qu'il vous a fallu pour composer vous seul plus de volumes qu'aucun de nos Romains ?

M. Je dérobe de fois à autre aux occupations de mon état, des momens que je mets à profit. Par exemple, lorfque je puis passer quelques jours à ma

તે campagne, je me fais un plan proportionné à la longueur du tems que je me suis ménagé. Mais pour l'histoire, il faut être sûr de son loisir, avant que de pouvoir en embraffer le projet ; & pour l'éxécuter , des portions de tems ne fuffisent pas : outre que, quand on me détourne, je suis sujet à perdre le fil de ma composition; & que j'ai bien plus de peine à finir un ouvrage interrompu, qu'à en achever un quo je fais tout d'une haleine.

A. C'est-à-dire qu'il ne vous faudra pas moins qu'une 22 députation, ou qu'une retraite volontaire, où vous foyez tout-à-fait défoccupé, pour venir à bout de cette histoire ?

M. Dices plutôt que je destinois

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cùm præ

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cationi confidebam,
fertim non recusarem, quo mi- .
nus more patrio sedens in folio
consulentibus refponderem , fe-
nectutísque non inertis grato
atque honesto fungerer munere:
fic enim mihi liceret & isti rei,
quám desideras, & multis ube.
rioribus atque majoribus, ope-
ræ quantum vellem, dare.

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A. Atqui vereor ne istam caufam nemo noscar , tibique semiper dicendum fit; & eo magis quod te ipfe mutasti, & aliud dicendi genus inftituisti:ut quemadmodum Rofcius familiaris tuus in senectute numeros & cancus remiserat , ipsásque cardiores fecerat tibias; sic tu à contentionibus , quibus fummis uti sole. bas, quotidie relaxes aliquid , ut jam oratio tua non multum à philosophorum ' lenitate abfit,

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ce travail le loisir attaché au 2 privilége de Vétéran, que je me flacois d'obtenir , avec d'autant plus d'apparence, que je m'offrois de répondre encore aux consultations suivant l'usage de nos Anciens , & de m’aquitter d'une -fon&tion agréable à la verité, mais séánte à une vieillesse qui ne s'épargne point : & de cette maniére je pourrois donner à l'ouvrage que vous desirez de moi, & à plusieurs autres compositions plus étendues & plus grandes, toute l'application & tous les soins que j'aurois voulu.

A. C'est une raison : mais je crains qu'elle ne soit connue que de vous seul, & que vous ne soyez obligé de de parler en public toute votre vie : car 24 ce n'est plus vous , tant vous avez changé votre maniére de plaider: en sorte qu'à 25 l'imitacion de votre ami Roscius qui, dans sa vieillesse, ne pouvant plus chanter si juste, ni le prendre sur un si haut ton, couvroit les inégalitez & les défaillances de fa voix, par la lenteur des flûtes, vous rabattez tous les jours quelque chose de cette contention de voix qui vous étoit ordinaire ; si bien que maintenant

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