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nous ferons réciproquement les uns aux autres répandra de l'agrément dans notre conversation.

A. Allons, suivons le rivage, & pre

& nons le côté de l'ombre : commen. cez dès-à-present à nous dire ce que vous pensez sur le Droit.

M. Ce que j'en pense ? c'est que nous avons eu 26 de grands Hommes dans notre Ville qui ont fait profession de l'expliquer au peuple & d'en résoudre les difficultez; mais que ceux-là mêmes's après nous avoir promis merveilles, n'ont pas, à beaucoup près, répondu à l'attente qu'ils nous avoient donnée : car d'un côté, qu'y a-til de la grand que le Droit Civil : & de l'autre, 27 de fi mince que le métier de Consultant, tout nécessaire qu'il est ? Je n'ai gárde de penser que ceux qui l'ont éxercé, ayent absolument ignoré le Droit universel ; mais bien, qu'ils se sont particuliérement attachez au Civil, parcequ'il est plus à l'usage du

' peuple: vous n'oseriez dire que l'autre qui est moins connu est aussi moins necessaire ; que demandez-vous donc :

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quid hortaris ? ut libellos conficiam de stillicidiorum, ac de parietum jure ? aut ut ftipulatio. num, & judiciorum formulas componam ? quæ & conscripta funt à multis diligenter, & sunt humiliora, quàm illa , quæ à vobis expectari puto.

A. Atqui, fi quæres, ego quid exspectem ; quoniam scriptum est à ce de oprimo Reipublicæ ftatu, consequens esse videtur, ut scribas tu idem de legibus : fic enim fecisse video Platonem , illum tuum , quem tu admiraris, quem omnibus anteponis, quem maximè diligis.

M. Visne igitur, ut ille cum Crece Clinia, & cum Lacede. monio Megillo, æstivo, quemadmodum describit, die, in cupresseris Cnosliorum , & spatiis Gilvestribus, crebro insistens, in. terdum acquiescens , de institu. tis Rerumpublicarum , ac de

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voulez-vous que je vous fasse des trai. tez sur les 28 fervitudes des goutiéres, ou des murs? que je compose des 29 formules de ftipulations ou d'actions ? lạ matiére doit être épuisée par le grand nombre de ceux qui en ont écrit ; &en vérité elle est trop au-dessous de ce que vous êtes en droit d'attendre de moi.

A. De ma part, si vous me demandez ce que j'attens, je vous répondrai qu'après nous avoir donné un traité de la République, vous ne pouvez contequemment nous en refuser un sur les Loix : car c'est ainsi qu'en usa Platon 30 ce Philosophe dont vous êtes l'admifateur éternel, que vous préférez à tous, & que vous aimez par dessus tous

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les autres.

M. Voulez-vous donc

que, comme, dans cet entretien qu'il eut avec Clinias de Créte & le Lacédémonien MEgillus , sur le fait du gouvernement des Républiques & de leurs Loix fonda. mentales, il se réprésente lui - même pendant un des beaux jours de l'Eté dans ces allées champêtres & à l'ombre de ces Ciprès de 31 Cnoffe, fe

promenant quelquefois, s'arrêcant le plus souvent; voulez-vous, dis-je, qu'à

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optimis legibus disputat : sic nos
inter has procerissimas populos ,
in viridi, opacâque ripâ inam-
bulantes, tum autem residentes,
quæramus iisdem de rebus ali-
quid uberius, quàm forenfis
usus desiderat ?

A. Ego verò ista audire cupio.
M. Quid ait Quinctus ?
Q. Nullâ de re magis.

M. Et rectè quidem ; nam sic habecote nullo in genere dispute tationis fic patefieri, quid sit ho, mini naturâ tributum, quantam vim rerum optimarum mens humana contineat, cujus mune: ris colendi efficiendique causâ nati & in lucem edici simus, quæ fit conjunctio homimum, quæ naturalisfocietas inter ipsos; his enim explicatis, fons legum & juris inveniri potest.

A. Non ergo à prætoris edi, . Eto, ut plerique nunc, neque

à Xu tabulis , ut superiores, sed

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son exemple, en nous promenant sous ces grands Peupliers , & en faisant de tems en tems quelque pose sur la verdure de ce riyage, nous traitions le même sujeci, un peu plus à fond qu'on ne fait communément pour l'usage du Barreau?

A. J'en feraj charmé.
M. Que dit à oela Quintus ?
d. Je ne demande pas mieux.

M. Vous avez 'raison tous les deux : car comprez que 32 nous ne pouvons choisir pour notre entretien de matié- . re plus propre à nous faire connoîcte les dons que l'homme a tegas de la nature , l'excellence entr’autres.& l'é.

l'em tendue de son esprit,les engagemens & les obligations de sa naissance, la liai. fon naturelle qui nous unit les uns aux autres : car ces choses étant une fois développées, on découvrira fans peine l'origine des Loix & du Droit.

lii Ą. A votre compte, 3 ce n'est donc

Ą ni dans l'Edit du Piéceur, comme to prétendent ta plupart de nos Jurisconsultes' modernes, ni dans la Loi des douze Tables, comme le vouloient lés

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