Imágenes de páginas
PDF
EPUB

1594. du grand duc Florence. LXII. Ouvrages compofes par Socin. LXIII. Opinions & erreurs de Faufte Socin. LXIV. Inftitut des religieux Pénitens, dits Picpuces. LXV. Molina fait paroître fon livre de la concorde, trouble qu'il excite. LXVI. Bref du pape pour prévenir les difputes. LXVII. Molina vient à Madrid pour rendre compte de fa doctrine. LXVIII. L'affaire du livre de Molina eft évoquée à Rome.

[merged small][merged small][ocr errors]

HISTOIRE
ECCLESIASTIQUE.

LIVRE CENT SOIXANTE-DIX-SEPTIEME.

W

E parti compofé de Catholiques, qui fous le nom de ligue avoit commencé à fe former dès l'année 1576. s'étoit, ce femble, conduit jufqu'ici avec affez de fageffe. Il paroît qu'il n'avoit eu d'autre but que de s'oppofer au progrès de l'héréfie en France, & de mettre la religion Catholique & ceux qui la profeffoient à couvert des infultes des hérétiques. Mais des motifs purement humains détruifirent dans la fuite ce projet, & la ligue ne fervit Tome XXXVI.

A

[merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors]

prefque plus que de voile à l'ambition des Guises, qui AN. 1585. n'avoient d'autre vûe que celle de régner fouverainement en France. Pour y parvenir plus aifément, le duc entretenoit des émiffaires dans toutes les villes du roïaume, il avoit à fes gages grand nombre de piédicateurs, qui au lieu de prêcher au peuple la parole de Dieu, ne travailloient qu'à le foulever. Ils ofoient publier que le Roi Henri avoit formé le deffein d'opprimer les Catholiques; les confeffeurs répandoient la même calomnie dans le tribunal de la penitence. On faifoit un crime au roi, de la protection qu'il accordoit à la ville de Genève, de ce qu'il avoit accepté l'ordre de la jarretiere, dont la reine d'Angleterre venoit de lui envoier les marques, & d'être entré dans une prétendue ligue de proteftans faite à Magdebourg, pour la défense de Gebbard Truchfés. Enfin, après avoir noirci l'honneur d'Henri III. par toutes fortes de voies, ces prédicateurs & ces émiffaires ne ceffoient de vanter la piété, la religion & la générofité des princes de Guife; & il ne tenoit pas à eux qu'on ne les regardât comme les boucliers de la foi. Pour allumer davantage le feu de la fédition, on répandoit de tous côtez un grand nombre de libelles, dont la calomnie & l'efprit de fédition faifoient tout le mérite.

II.

Cependant le duc de Guife ayant fçu qu'on preLe duc de Guife noit des mefures dans le confeil du roi pour l'arrêter,

fe retire à Joinvil

le, & traite avec fe retira avec fon fils dans le château de Joinville, où

1 Espagne.

Mézerai, abregé

De Thou, 1. 81. le cardinal de Guife fon frere le fuivit peu de tems chonol. to. 3. p. après. Pour rendre leur parti plus formidable, ils Davila liv. 7. réfolurent de fe lier avec l'Espagne, & aïant fait hoc anno p. 449. goûter ce deffein au cardinal de Bourbon, ils entre

૩૦૪.

[merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small]

rent en négociation avec Jean-Baptifte Taxis, qui leur avoit été envoïé par le roi d'Elpagne. Tous les AN. 1585. princes de la maifon de Lorraine furent compris dans le Traité : mais avant que de prendre aucune réfolution, ils protefterent tous, que dans cette union ils n'avoient en vûë que de conferver la religion Catholique attaquée de toutes parts, & pour la défense de laquelle ils avoient fait plufieurs fois, & toujours inutilement, leurs très-humbles remontrances au roi, trop facile à écouter les mauvais confeils des gens plus fenfibles à leurs intérêts particuliers, qu'à la gloire de Dieu & au bien public. Enfuite on convint des articles fuivans.

Que le roi de France venant à mourir fans enfans mâles & légitimes, le cardinal de Bourbon feroit déclaré roi, comme premier prince du fang, & le plus prochain héritier de la couronne : Qu'on tiendroit pour exclus de la fucceffion tous autres princes hérétiques, relaps ou fauteurs d'hérétiques : qu'afin d'empêcher que pendant la vie du roi, les hérétiques n'emploïaffent leurs artifices pour s'ouvrir le chemin à la couronne, les princes liguez s'engageoient à mettre fur pied des gens de guerre, qui feroient emploïez à repouffer l'ufurpateur: Qu'en cas que le cardinal parvînt à la fucceffion, il ratifieroit le traité de paix paflé à Cambrai entre les deux couronnes de France & d'Espagne en 1559. & s'engageroit de nouveau par ferment à l'obferver: Qu'on ne fouffriroit dans le roïaume d'autre religion, que la catholique Romaine, & qu'on extermineroit fans diftinction tous ceux qui refuseroient de l'embraffer: Qu'on publieroit & qu'on feroit obferver les décrets & conftitutions du

concile de Trente: Que le cardinal de Bourbon, tant AN. 1585. pour lui que pour fes héritiers & fucceffeurs, promettroit de renoncer à l'alliance du Turc, & de n'entrer jamais dans aucun des deffeins qu'il entreprendroit contre la république chrétienne : Qu'il laifferoit les Efpagnols paifibles poffeffeurs du commerce des Indes: Qu'il rendroit au roi Catholique tout ce que les Calvinistes avoient pris fur lui, principalement la ville & la citadelle de Cambrai, outre qu'il l'affifteroit de forces convenables pour recouvrer ce qui lui étoit retenu par les rébelles des Pais-bas : Que de fon côté, le roi Philippe s'obligeroit de fournir pour l'entretien de la ligue & de fes troupes, des fecours d'hommes & de vivres, & cinquante mille écus tous les mois : Que pour accélérer le progrès des armes de l'union, il donneroit les troupes qu'on jugeroit nécessaires, tant durant la vie du roi, qu'après la mort : Qu'il recevroit en fa protection le cardinal de Bourbon, les princes de la maison de Guise, les ducs de Mercœur & de Nevers, & tous ceux qui auroient figné la ligue, promettant de les affifter contre les hérétiques & leurs adhérans, pour les mettre à couvert de leurs violences. Enfin, qu'on ne pourroit faire aucun traité avec le roi de France fans le confentement des deux partis; & que pour des raifons importantes, les articles de cette ligue feroient tenus fecrets, jufqu'à ce qu'il se préfentât une occasion favorable de les publier.

Telles furent en fubftance les conditions dont on convint avec le roi Philippe, qui outre ce qu'on vient d'expofer, promit fecrétement au duc de Guise de lui fournir chaque année deux cens mille écus an

[ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]
« AnteriorContinuar »