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Eglise d'Espagne. LVII. Eglise d'Allemagne. LVIII. Freres convers. LIX. S. Ulric de Clugni. LX. Coûtumes de Clugni. 2X5. odon abbé de Saint Martin de Tournay.

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LIVRE SOIXANTE-QUATRIEM E.

I

VES évêque de Chartres. II. Son decrei. 15. Concile

1092)

1093.

109.

1095.

d'Estampes. 1v. Erreur de Rosselin de Compiegne. V. Foulgues évègue de Beauvais. vi. Le roi Philippe épouse Bertrade. VII. Retablissement de l'évêché d'Arras. viii. Pife archevêché. IX. Concile de Troyes. X. S. Anselme archevêque de Cantorberi. xi. Il eft calomnié. xii. Sainte Marguerite reine d'El coffe. XIII. Conrad fe revolte contre l'empereur fon pere, Xiv: Evêchez de Sicile. xv. Suite de l'affaire d'Arras. xvi. Affaire de Dol en Bretagne. XVII. Geofroi abbé de Vendôme à Rome. XVIII. S. Nicolas Peregrin. XIX. Eglise d'Allemagne. xx. Concile de Reims. xxi. Concile d'Austun. xx11. Concile de Plaisance. XXIII. Autres affaires d'Italie. XXIV. Le roi d'Angleterre irrité conire S. Anselme. XXV. Assemblée de Rochingham. XXVI. S. Anfelme reçoit le pallium. XXVII. Le pape Vrbain en France, XXVIII. Concile de Clermont. XXIX. Canons de ce concile. xxx. Primatie de Lion confirmée. XXX1. Voyage de Pierre l'ermite. XxxII. Croisade publiée. XXXjir Le pape dedie plufieurs églises. Xxxiv. Commencemens de Robert d'Arbrifélles. xxxy. Concile de Roüen. XXXVI. Concile de Tours, &c. XXXVII. Concile de Nismes. XXXVIII. Reliques de S. Antoine en France. xxxix. Sanction évèque d'orleans. XL. Voyage des croiseñ. XEI. Juifs massacrez. Xlll

. Le pape en Italie. XIII. Eziise d'Espagne. xliv. Daümbert archevêque de Sens. xLv. Les croisez à C. P. XLVI. Prise de Nicée. XLVII. Siége d'Antioche. XLVIII. Baudri évèque de Noyon, XLIX. S. Anselme sort d'Angleterre. I. il Sejourne à Lion. Il. Il vient à Rome. Lli, son traité : Pourquoi Dieu s'eft fait bomme. LIII. Siege de Capoüc. LIV. S. Anselme veut renoncer à l'épiscopat. lv. Monarchie de Sicile. Lvi. Concile des schismatiques. LVII. Lunden archevêché. LVIII. Prise d'Antioche. Lix. Concile de Bari. Lx. Justification d'Ives de Chartres. Lxi. Jean 11. évègue d'orleans. IxII. Concile de Rome. LXII. S. Jean évêque de Terožane. exly. Fondation

1996,

1097

1998.

1099

de Cisteaux. Lxv. Fin d'Urbain 11. LxvI. Prise de Jerusalem. LXVII. Godefroi de Boüillon roi.

Approbation de Monsieur Courcier, Dofteur de la Faculté de

Sorbone, & Theologal de Paris.

'Ay lû

J?

par ordre de Monseigneur le Chancelier, un manuscrit, qui est le treiziéme Volume de l'Histoire Ecclesiastique de Monsieur l'Abbé Fleury. Fait à Paris le 15. Septembre 1707.

COURCIER, Theologal de paris.

Approbation de Monsieur Pastel, Doftear és ancien Professeur,

de Sorbone.

JA

'Ay lû par l'ordre de Monseigneur le Chancelier, un manuscrit,

qui a pour titre le treiziéme Volume de l'Histoire Ecclefiaftique de Monsieur l'Abbé Fleury. Je n'y ai rien trouvé qui ne soit conforme à la foi catholique & aux bonnes mæurs; & j'ai continué à y admirer la sincerité & l'exactitude de l'auteur, & le fond d'érudition qu’on admire dans les Volumes precedens. Fait à Paris le 15. Septembre 1707.

PASTEL, Professeur de Sorbone.

HISTOIRE

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SUR
L'HISTOIRE ECCLESIASTIQUE,

Depuis l'an 600. jusques à l'an 11oo.

ES beaux jours de l'église sont passez: mais Dicun'a pas
rejetté son peuple, ni oublié ses promesses. Regardons

avec crainte lestentations dont il a permis que son église
L

fut attaquée , pendant les cinq siecles qui ont suivi les fix
premiers ; & considerons avec actions de graces les
morens qu'il a emploicz pour la soutenir. Ce sont des
objets dignes de notre attention.
Rome idolâtre souillée de tant de crimes & enyvréc du

1. fang de tant de martyrs, devoit être punie, & la vengeance divine devoit écla- Inondation ter sur elle, à la face de toutes les nations. Saint Jean l’ažant appris de J. C. des barbares. même, avoit dépeint dans son Apocalypse par des Images affreuses, la chûte de cette nouvelle Babylone. L'execution suivit en son tems : Rome cesa Meurs des d'être la capitale de l'empire, depuis que Constantin en eut transferé le Coreftor. s6, siege à Byzance; & depuis que l'empire fut partagé, les

empereurs d'Occident residerent à Ravennc, à Milan & par tout ailleurs qu'à Rome. Ainti Apocal. 3V16. elle perdit peu-à-peu son éclat, ses richelies, son peuple. Nous avons vû la triste peinture qu'en faisoit Saint Gregoire. Cependant elle fut prisc & pillée Hift.liv. xxv, plusieurs fois par les barbares, qui ravagerent & mirent en pieces tout l'em- n. 40. pire d'Occident. Or je compte cette inondation des barbares pour la premiere tentation extérieure de l'église , depuis les persecutions des em- Ezech.

Hom. 18, in pereurs paiens.

Car ces barbares dans les commencemens de leurs courses remplifsoient tout de fang & de carnage : brûloient les villes entieres, massacroient les habitans, ou les emmenoient esclaves, jettoient par tout la terreur & la desolation. Les persecutions les plus cruelles sous l'empire Romain, n'étoient ni continuelles, ni universelles; & il restoit un peuple de païens, de même langue & de même nation que les Chretiens. Ils les écoutoient souvent, & se convertissoient de jour en jour. Mais où il ne reste plus d'hommes, il n'y a plus d'églises. Et comment convertir des brutaux tolljours armez, toûjours courant au pillage, & dont on n'entend pas la langue?

XV. ill.

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Deplus ces barbares qui ruinerent l'empire Romain, étoient on parens ou heretiques : ensorte que même aprés les premieres fureurs, quand ils furent allez apprivoisez avec les Romains pour s'entendre l'un l'autre

& se parler de fang froid, les Romains leur étoient toûjours odieux , par la Hif. liv. xxx. diversité de religion. Vous avez vû la cruelle persecution des Vandales en 15. 9.10.doc. Afrique.

Ces barbares, il est vrai, se convertirent, les uns plûtôt, les autres plus tard ; & dans leur conversion, Dieu ne fit pas moins éclatter sa

misericorde, que dans la punition des Romains il avoit signalé sa jufMæurs, Chret, tice. Mais les barbares en devenant Chrétiens ne quitterent pas entiere

ment leurs anciennes mæurs : ils demeurerent la plûpart legers, changeans, emportez, agissant plus par passion que par raison. Vous avez vû quels Chrétiens c'étoit que Clovis & ses enfans. Ces peuples continuoient dans leur mépris pour les lettres & pour les arts, ne s'occupant que de la chasse & de la guerre. De-là vint l'ignorance, même chez les Romains leurs sujets. Car les mæurs de la nation dominante prevalent toûjours, & les études languissent, si l'honneur & l’interêt ne les

foûtient. II.

Nous vožons la decadence des études dans les Gaules dés la fin du sixié. Chute des écu- me fiecle, c'est-à-dire , environ cent ans aprés l'établissement des Francs. des,

Nons en avons un éxemple sensible dans Gregoire de Tours. Il reconnoît lui-même qu'il avoit peu étudié la grammaire & les lettres humaines; & quand il ne l'avoüeroit pas, on le verroit assez. Mais le moindre défaut de ses écrits est le stile, on n'y trouve ni choix de matiere, ni arrangement. C'est confusement l'histoire ecclesiastique & la temporelle : ce sont la plů. part de petits faits de nulle importance, & il en releve souvent des circonftances basses & indignes d'une histoire ferieuse. Il paroît credule jusqu'à l'excés sur les miracles.

J'attribue ces défauts à la mauvaise éducation, plûtôt qu'au naturel; auç trement il faudroit dire que pendant plusieurs fiecles il ne feroit presque pas né d'homme qui cut un sens droit & un jugement exa&. Mais les meilleurs esprits suivent aisément les prejugez de l'enfance & les opinions vulgaires, quand ils ne sont pas exercez à raisonner, & ne se proposent pas de bons modelles. Les études ne tomberent donc pas entierement avec l'empire Romain, la religion les conserva : mais il n'y eut plus que les ecclesiastiques

qui étudierent, & leurs études furent groffieres & imparfaites. Je parle des Hip.I. XL. 1. 7.

sciences humaines : car pour les dogmes de la religion, ils suivoient l'autorité certaine de l'écriture & de la tradition des

peres. Le pape Agathon le som. 6. conc. p. témoigne dans la lettre dont il chargea ses legats pour le sixiéme concile.

Nous ne les envožons pas, dit-il, par la confiance que nous avons en leur fçavoir. Car comment pourroit-on trouver la science parfaite des écritures, chez des gens qui vivent au milieu des nations barbares , & gagnent à grande peine leur subsistance chaque jour par leur travail corporel? seulement nous gardons avec simplicité de cæur la foi que nos peres nous ont Laissez.

Dans les fiecles suivans, les hommes les plus éclairez, comme Bede

681,

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ques, mais

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Alcuin , Hincmar, Gerbert se sentoient du malheur des tems: voulant em-
brasser toutes les sciences, ils n'en approfondissoient aucune, & ne savoient
rien exactement. Ce qui leur manquoit le plus étoit la critique, pour dif-
tinguer les pieces fausses des veritables. Car il y avoit dés-lors quantité
d'écrits fabriquez sous des noms illustres, non-seulement par des hereti-

Hi.l.xxx 7.8
par des catholiques, & même à bonne intention. J'ai marqué
que Vigile de Thaspe avoue lui-même avoir emprunté le nom de Saint
Athanale, pour se faire écouter des Vandales Ariens. Ainsi quand on n'avoit
pas les actes d'un martyr pour lire au jour de la fête, on en composoit les
plus vrai semblables ou les plus merveilleux que l'on pouvoit ; & par là
l'on croïoit entretenir la pieté des peuples. Ces fausses legendes furent prin-
cipalement frabriquées à l'occasion des translations de reliques, si frequentes
dans le neuviéme siécle.

On faisoit aussi des titres, soit à la place des veritables que l'on avoit per- Hift.1. 11.m.141 dus, soit absolument supposez: comme la fameuse donation de Constantin, dont on ne doutoit pas en France au neuviéme fiecle. Mais de toutes ces pieces fausses les plus pernicieuses furent les decretales attribuées aux papcs des quatre premiers siecles : qui ont fait une playe irreparable à la disci- Ajst. liv. XLIV. pline de l'église, par les maximes nouvelles qu'elles ont introdụites touchant les jugemens des évêques & l'autorité du pape. Hincmar tout grand canoniste qu'il étoit, ne put jamais démêler cette fausleté : il favoit bien que ces decretales étoient inconnuës aux fiecles precedens , & c'est lui qui nous apprend quand elles commencerent à paroître : mais il ne favoit pas assez de critique pour y avoir les preuves de supposition, toutes sensibles qu'elles sont; & lui-même allegue ces decretales quand elles lui sont favorables.

Un autre effet de l'ignorance est de rendre les hommes credules & superftitieux, faute d'avoir des principes certains de créance & une conoissance exacte des devoirs de la religion. Dieu est tout puissant, & les Saints ont un grand credit auprés de lui, ce sont des veritez qu'aucun catholique ne conteste : donc je dois croire tous les miracles, qui ont été attribuez à l'intercession des Saints, la consequence n'est pas bonne. Il faut en éxaminer les preuves : & d'autant plus exactement, que ces faits sont plus incroiables & plus importans. Car assurer un faux miracle, ce n'est rien moins selon .. Cor. xv. 15. Saint Paul que porter faux témoignage contre Dieu, comme remarque trés- Petr. Dam.vita

S Domin, Loris, judicieusement Saint Pierre-Damien. Ainsi loin que la pieté engage à les croire legerement, elle oblige à en examiner les preuves à la rigueur. Il en eft de même des revelations, des apparitions d'esprits, des operations du démon, foit par le ministere des sorciers ou autrement: en un mot de tous les faits surnaturels : quiconque a du bon sens & de la religion, doit être trés-refervé à les croire.

C'est par cette raison que j'ai rapporté trés peu de ce nombre infini de miracles, que racontent les auteurs de ces siecles moins éclairés. Il m'a

paru que chez eux le goût du merveilleux l'emportoit sur celui du vrai; & je ne voudrois pas répondre qu'en quelques-uns il n'y eût des motifs d'interêt, soit d'attirer des offrandes par l'opinion des guerisons miraculeuses, soit de con

n. 1.

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