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il ne

de soutenir la prospérité fans pré-
fomption & sans enflure, ne pro-
mit pas moins à ses troupes que
de les mener jusqu'à Paris
les mena pourtant que jusqu'à Lan-
dreci qu'il vouloit absolument ré-
duire, & il abandonna le Luxem-
bourg au vainqueur , du moins il
n'y laissa qu'un corps de troupes
avec lequel Guillaume de Furftem-
berg alliégea Luxembourg même,
qu'il vint à bout d'affamer , mais
le Prince de Melphe , chargé de
veiller à la sûreté de ce pays, dé-
livra Luxembourg au bout de quel-
ques mois de fiége.

Ce Comte Guillaume de Furstemberg distingué,

comme autrefois Fronsberg , par sa taille, sa force & fon adresse, étoit retourné du fervice de la France à celui de l'Empereur. La Reine de Navarre (nouvelle 17.) raconte à ce sujet une histoire finguliére que Brantôme adopte. Furítemberg , selon elle avoit reçu de l'argent, ( apparemment de l'Empereur) pour attenter à la vie du Roi & il s'y étoit en

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gagé. Le Roi négligea long-temps
les avis qu'on lui en donna , enfin
il y fit attention. Un jour étant à
la challe, il se fait suivre du Comte,
il s'écarte dans la forêt & se trou-
vant seul avec lui, il tire son épée,
lui

en fait admirer la trempe.
» Comte , lui dit-il, si un homme
» qui auroit entrepris de m'ôter
on la vie, connoisloit ce que peu-
so vent mon bras mon coeur &
» cette épée, ne croyez-vous pas
» qu'il y penseroit à deux fois ?

Cependant je le tiendrois pour un s lâche , fi ayant formé ce projet m & fe trouvant seul avec moi, la w crainte retenoit son bras. » Le » projet , répondit le Comte, seroit » exécrable, l'exécution le feroit » encore plus ; » le Roi remit en riant son épée dans le fourreau, & voyant la chasse approcher , il la rejoignit. Le lendemain le Comte prend un prétexte, fait des demandes exorbitantes, cherche un refus, l'obtient & part dans les vingt-quatre heures. » Eh ! bien, dit le Roi à

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» fes courtisans, vous vouliez m'enje
» gager à chasser Furstemberg
»» vous voyez qu'il se chasse luis
do même. » Alors il leur conta l'a-
vanture de la forêt. C'est sa four
qui raconte cette histoire , & on
y

reconnoît le caractère de François I. Mais les époques ne se rapportent pas. Selon la Reine de Navarre ce fut la Trémoille, Gouverneur de Bourgogne , qui donna cet avis au Roi & à la Ducheffe d'Angoulême ; on parle aussi de cette affaite devant l'Amiral de Bonnivet. Mais la Trémoille & Bonnivet étoient morts en 1525. La Due chefle étoit morte en 1531. & pendant toute la guerre de 1535. on voit le Comte de Furstemberg au service du Roi, il auroit donc fallu que le Roi eût eu dans la suite l'imprudente générosité d'oublier ce projet ou la force d'esprit de n'y

Ce Comte de Furstemberg, avant de servir la France, avoit déja servi contre elle en 1523. Il avoit fait

pas croire.

avec le Comte Felix ( 1 ) une ir

1543 ruption en Champagne & avoit été battu par le Comte de Guise.

Landreci étoit devenu l'objet capital de la guerre , le Roi ne songeoit plus qu'à le secourir , & dès qu'il le put, il s'en approcha dans l'espérance , disoit-il", de livrer bataille à l'Empereur.

Celui-ci rassembla contre Landreci toutes les forces qu'il put tirer de l'Espagne, de l'Allemagne & des Pays-Bas. Ce ne fut pas Brant. capit. tout, il tira même des secours d'où Etr.art. Furl il devoit le moins en attendre, d'un cemberg. allié que le caprice

l'intrigue & la fatalité venoient de lui rendre contre toute espérance, du Roi d'Angleterre. Il faut reprendre d'un peu plus haut les causes de la rupture de Henri VIII, avec François I. & de fa réunion avec Charles Quint.

Lorsqu'en 1536. l'Empereur fic en Provence cette irruption effrayan

(1) Voir le chap. 8. du liv. 2.

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te, qui tourna si promptement à fa confusion, le jeune Roi d'Ecofle Jacques V, fidèle à l'alliance des François , n'attendit pas qu'ils lui demandassent du secours , il s'embarque pour la France avec seize mille hommes d'élite. La tempête repousse deux fois sa flotte sur les côtes d'Ecofle ; mais la seconde fois son vaisseau séparé du reste de la flotte , aborde à Dieppe. Jacques V. n'avoit plus qu'un foible secours à offrir à fon allié, secours bien différent de celui qu'il avoit préparé. N'importe , il vient l'offrir" & s'offrir lui-même. François sentit tout ce qu'un tel procédé avoit de généreux, & pour le récompenser dignement, il crut devoir donner au Roi d'Ecofle la Princesse Madeleine sa fille, mais il voulut faire agréer ce mariage à un autre allié bien moins utile & bien moins zélé, à Henri VIII. Ce Prince injuste , quoique secretement ulcéré du refus qu'avoit fait François I. de fe séparer de l'Eglise Romaine & de s'arroger comme lui la su

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