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1543

prématie dans les Etats tenoit encore à François I. par les næuds apparens d'une reconnoissance peu sincère ; François I. envoya la Pommeraye

son Maître d'Hôtel à Londres, pour faire part à Henri du mariage de Madeleine de France avec le Roi d'Ecosse. Henri reçut la proposition avec froideur , interrompir l'Envoyé , ne répondit rien & ne lui redonna plus audience. Le mariage ne s'en fit pas moins (en Janvier 1537), mais la jeune Princesle étant morte la même année , François se chargea de remarier son gendre , il lui fit épouser en 1538. Marie de Lorraine, veuve de Louis II , Duc de Longueville, mort le 9 Juin 1537. Jac. ques V. mourut le 13 O&obre 1542, laissant au berceau une fille unique, (I) sous la tutelle & la régence de sa mere, Marie de Lorraine, & sous l'administration du Cardinal de S. André, qu'on nommoit le Cardis

(1) C'est la fameuse Marie Stuart ; elle étoic Ace huit jours avant la mort de son pere.

1543.

nal Administrateur. Cette jeune Prins ceffe destinée à tant de foiblesse & de malheurs qui devoient aboutir à l'échaffaut, étoit dès son berceau un grand objet d'ambition & de difcorde. Héritiere de la Couronne d'Ecosse , les Souverains les plus puissans aspiroient à la main. Le Roi d'Angleterre, dont elle étoit petite niéce ; la demandoit pour le Prince Edouard son fils ; ce mariage très - convenable eût réuni les deux Couronnes ennemies & rivales ; mais la Régente, fille, niéce & sæur de tous ces grands Princes Lorrains établis en France étoit toute Françoise, & le Cardinal Administrateur étoit dans ses intérêts. L'un & l'autre traversoient de tout leur pouvoir les vues de Henri VIII, Cependant les intrigues de ce Prince, & sur-tout son argent firent résoudre , malgré toutes les oppofitions , le mariage de la Princesse avec Edouard. François I. pour l'empêcher & pour fortifier son parti, envoya quelques secours d'hommes & d'argent à la Régente , mais il

se méprit dans le choix qu'il fit du Capitaine, auquel il confia la con- 1543. duite de ce secours ; ce fut le Comté de Lenox, de la Maison de Stuart, neveu du feu Maréchal d'Aubigny, Le Comte de Lenox étoit jeune, fastueux & prodigue ; il eut bientôt consumé en folles dépenses l'arm gent qu'il avoit reçu. L'embarras du compte qu'il faudroit en rendre, le fit passer de la mauvaise conduite à la trahison complette ; il se fauva en Angleterre, où Henri VIII. pour l'attacher à son parti & le faire servir à ses desseins en Ecosse , lui fit épouser une de ses nieces, née du second mariage de la Reine d'Ecosle sasçur, avec le Comte d'Angus. (1) Cependant les forces que François I. avoit fait passer en Ecofle, avoient mis la Régente & le Cardi. nal en état de faire rompre la réso

(1) La Reine d'Ecofle , veuve de Jacques IV, · mere de Jacques V. & fæur de Henri VIII, Roi d'Angleterre, avoic épousé en secondes noces le Comte d'Angas de la Maison de Douglas en Ecofle, dont elle eut Margusrite qui épousa le Comte de

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lution prise sans leur aveu sur le mariage de Marie Stuart , Henri mécontent avoit déclaré la guerre à PEcofle & la fit à la France. François sur le premier avis de la défeca tion du Ccinte de Lenox avoit fait partir en diligence pour l'Ecosse un Gentilhomme du Bourbonnois, nommé la Brofle, homme aussi fage & aussi sûr que Lenox s'étoit montré étourdi & perfide, ses conseils furent utiles à la Régente , mais elle avoit besoin de secours plus efficaces que des conseils , & la Broffe étoit chargé aussi de lui annoncer ces secours , qui ne tarderent point à arriver , de Lorges lui amena cinq mille hommes.

Telles furent les raisons qui firent oublier à Henri VIII, les bienfaits de François I, à l'Empereur les outrages qu'il avoit reçus de Henri VIII. & les sermens qu'il avoit faits de ne s'allier jamais avec un Prince schismatique. Dès qu'il vit le Roi d'Angleterre aigri contre François, il rechercha son alliance, & il fçut tirer parti de cette alliance

Belcar ,

1.

qui avoit toujours été si stérile

pour

154.3: François I.

Henri VIII. envoya donc à l'Empereur

dix mille Anglois , qui joints 23, n. 27. à toutes les forces qu'il avoit rassemblées, lui persuaderent qu'il pouvoit entreprendre deux fiéges à la fois. Ferdinand de Gonzague alla afliéger Guise avec un corps considérable, mais on ne

ne tarda pas à s'appercevoir que Landreci fuffisoit pour occuper toutes les forces Impériales, & Gonzague , levant le siége de Guise, retourna devant Landreci. Brissac qui avoit obtenu la permission d'aller l'inquiéter , se mit en embuscade sur la route , & fit ce qu'il put pour l'attirer , mais n'ayant pu en venir à bout, & ne voulant pas revenir sans avoir combattu , il insulta son arrièregarde avec cinq cent chevaux , qui Mém. de dit rompirent la cavalerie légere des Bellay, 1.sc. Impériaux , leur tuerent beaucoup de monde & firent des prisonniers importans , entr'autres Dom (1)

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(1) François ou Francisque d'Est, frere d'Hers
Tome IV.

H

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