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1943.

Francisque d'Est, frere du Duc de
Ferrare & Général des Chevaux-
légers Autrichiens. Ferdinand de
Gonzague , obligé de suspendre
sa marche, mit toute sa troupe en
bataille , pour envelopper Brissac,
qui fit sa retraite en si bon ordre

qu'il ne perdit pas un seul homme, Belcar, 1. 23.

L'Empereur ayant autour de lui
H. 37. 38. toutes ses forces & ses meilleurs

Généraux , Ferdinand de Gonza-
gue, Viceroi de Naples, le Comte
de Reux , Gouverneur de Flandre
& d'Artois, le Duc d'Albe , alors
Grand-Maître de la Maison , formą
trois camps autour de Landreci &
l'attaqua avec trois batteries prin-
cipales , mais rien n'incommodoit
tant les assiégés qu'une grosse cou-
levrine , qui placée sur un tertre
battoit en flanc ce grand retran-
chement qu'on nommoit la Cour-
tine du Roi, les assiégés prirent la

cule, Duc de Ferrare , fervoit l'Empereur , quoi-
que son frere-eût épousé Rénée de France, & fût
farconséquent beau-frere du Roi. Le fameux Al-
phonse leur pere, écoit mort le 31 Octobre 1934

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tourageuse résolution d'aller l'en-
lever ou l'enclouer ; ils remarque-

1543•
rent que les Lansquenets , qui la
gardoient, ne s'attendant nullement
à être attaqués , quittoient assez
souvent leurs postes, il n'en fallut
pas d'avantage pour déterminer les
chercheurs d'aventures. Ricarville
fe mit à la tête de quarante che-
vaux, S. Simon de trente fantaslins,
ils prirent avec eux des pionniers
& des cordes. La fortune ne leur
fut pas favorable ; ils trouverent
les Lansquenets à leur poste, mais
la bravoure suppléant au bonheur ,
ils chargerent les Lansquenets, les
forcerent de quitter ce poste qu'ils
avoient gardé ce jour-là plus
soigneusement qu'à l'ordinaire, &
à force de cordes & de bras, ils
traînerent la coulevrine jusques dans
la place ; bien-tôt ils s'en servirent
avec succès contre ceux des Impé-
riaux qui s'avancerent , mais trop
tard, sur le bord du fosse

pour

la

Belcar, 1.232 reprendre.

Dès le commencement du siége, les François avoient abandonné la

n. 38.

Ville-basle , qu'ils avoient désespéré 1543

de défendre, les Impériaux s'en Mém. de du étoient emparés , & avoient fçu Bellay, d. 10. s'y ménager un poste avantageux

d'où ils incommodoient fort la
place ; la Lande & d'Esé qui par-
tageoit avec lui le commandement
de Landreci & la gloire de cette
belle défense, résolurent de chal-
ser les Impériaux de ce poste , ils
y réussirent, & les assiégeans n'en-
treprirent point de le reprendre ;
les sorties étoient fréquentes &
toujours très - vivés ; il y en eut
une où d'Eflé étant tombé dans
une embuscade , eut le bras percé
d'un grand coup de pique ; il
fit d'ailleurs quelque perte , mais
elle fut à l'instant reparée par un
corps qui vint le fecourir & faci-
liter sa retraite ; ces sorties fati-
guoient considérablement l'armée
Impériale , mais les alliégés étoient
bien plus fatigués eux-mêmes par la
faim & par la soif; on n'avoit ni yin
ni biere ; foldats, Officiers, tous
búvoient de l'eau, les soldats n'a-
voient que demi-ration de pain

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1543

tandis que les veilles & les travaux redoubloient chaque jour. Ce fut par-là que l'Empereur . espéra de les réduire, il avoit d'abord essayé de brusquer le siége , afin d'emporter la place d'assaut avant l'arrivée de François I. que le soin d'assurer sa nouvelle conquête retenoit dans le Luxembourg & qui ne put rentrer dans le Haynault que long-temps après l'arrivée de l'Empereur. La constance des allié gés fit qu'il arriva encore à temps. Les Impériaux fermoient en vain toutes les avenues de la place, ils ne purent'empêcher que d'Yville, Gentilhomme Normand, qui avoit une connoissance particuliere du. pays , ne paslât au travers de leur camp & ne pénétrât jusqu'à la Fere, où étoit le Roi , auquel il exposa l'état de la place & le besoin qu'elle avoit d'un prompt secours. Le Roi sur cet avis s'avança jusqu'à Cateau-Cambrelis , chargea du Bellay d'assembler & de conduire les convois qu'il vouloit faire entrer dans Landreci. Un mouvement que 'fi

p. 38.

1543

rent les Impériaux pour rassembler
leurs quartiers à l'arrivée de l'armée
Françoise , ayant laissé libre une
des avenues de la place, l'Amiral
d'Annebaut & le Comte de S. Pol
en profiterent pour aller rafraîchir
la garnison de Landreci. Mais
c'étoient moins d'hommes que de
vivres qu'elle avoit besoin , & cet®

autre secours étoit bien plus diffiBelcar. 1. 23. cile à introduire. Du Bellay ayant

rassemblé en peu de jours autour
de Vervins douze cent moutons ,
cent quatre-vingt boufs , fix cent

sacs de farine & autant de bêtes
Mém. de dà de fomme pour les
Bellay, l. 10.

gea plus qu'à faire entrer le tout
dans Landreci. Il falloit dérober
cette marche aux ennemis ; le Roi
averti par du Bellay, avoit soin
de les amuser par des escarmouches
pour détourner leur attention. Du
Bellay arriva de Vervins à la Ca-
pelle avec son convoi sans aucune
rencontre fâcheuse, mais dans une
plaine entre la Capelle & Landreci
il découvrit un corps Autrichien
de mille à douze cent hommes d'ar,

porter, ne son.

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