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deur à faire battre les fortifications de Boulogne. Il n'y avoit que le Capitaine Corse, qui par fon intrés pidité, qu'il communiquoit à touto la garnison, foutint encore la place & inspirât du courage même à Vervin, mais il fut tué fur la bréche, & dès-lors Vervin ne songea plus qu'à se rendre. Ce fut vain que S. André entreprit de jetter par mer du secours dans Boulogne, ce qui ne pouvoit être tenté du côté de la terre , les Anglois environnant trop

bien la places étant trop bien retranchés , & faisant trop exactement la garde. Les vents rendirent l'entreprise également impossible du côté de la mer ; S. André parut trois fois à la vue du Pont, sans jamais pour voir aborder, toujours rejetté en pleine mer par les vents, qui enfin l'obligerent de se retirer.

Vervin fe hâta de faire une capitulation prématurée , sans confulter ni la garnison ni les bourgeois ; il obtint qu'ils sortiroient avec tout ce qu'ils pourroient em

porter & qu'ils se retireroient où

15445 ils voudroient mais l'artillerie, les munitions de guerre & de bou- . che, qui étoient en abondance dans la Ville , resterent aux Anglois. Les bourgeois refuserent de signer ces conditions ; le Maire de Ville dit à Vervin qu'il pouvoit se retirer où il voudroit, que les bourgeois suffisoient à leur défense. A l'appui de leur fermeté, il survint la nuit une tempéte furieuse & une pluie violente, qui renverserent les tentes des Anglois, ruinerent leurs travaux détremperent tellement la terre dans l'endroit où leur camp étoit assis qu'ils ne pouvoient rester sur leurs pieds. Les ântages n'étant point encore livrés, on crut qu'au moins Vervin consentiroit à profiter de cet avantage : Officiers , soldats , bourgeois , tout renouvella ses représentations, la lâcheté de Vervin fut inflexible , il allégua Mém. de du' la parole qu'il avoit donnée au Roi Bellay, l. 106

Sleidan, d'Angleterre , & prétendit lui de- commentas

: voir une fidélité qu'il ne gardoit le iso pas au Roi son Maître. Il en fut

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puni sous le regne suivant. Henri II. plus sévère que François I , lui fit faire son procès , il fut condamné à avoir la tête tranchée. Ce Prince n'avoit pu oublier que

fi Vervin, comme il le pouvoit & comme il le devoit , lui avoit donné le temps d'arriver en Picardie, il auroit eû la gloire de faire lever le fiége au Roi d'Angleterre en personne; en effet le Dauphin partit vers ce temps pour aller fecourir Montreuil & Boulogne.

Le Roi d'Angleterre n'ayant pas même voulu voir les Députés François, en avoit encore moins envoyé å la Chaussée ; d'ailleurs quelques uns de ces petits succès que nous avons vû l'Empereur avoir dans cette campagne , firent tomber ces négociations, elles furent reprises depuis , mais seulement entre l’Em pereur & le Roi par l'entremise de Granvelle & du Dominicain Confesseur, Le Roi d'Angleterre avoit fait entendre à l'Empereus par l'Evêque d'Arras qu'il ne trouveroit pas mauvais qu'il fìt la paix

particuliere , mais que pour lui il vouloit encore tenter quelque

1544 temps la fortune.

François I. toujours pressé par la Duchesse d'Etampes, envoya l'Amiral à S. Jean des Vignes où l'Empereur étoit alors. Boulogne n'étoit point encore rendu quand l'Amiral partit. A peine étoit-il arrivé qu'il reçut un ordre très-preffant de terminer à quelque prix que ce pût être. Le Roi venoit de recevoir la nouvelle de la capitulation de Boulogne & craignoit que si l'Empor reur la recevoit aussi avant la conclusion du traité, il ne se rendît plus difficile , & ne proposât deş conditions plus dures.

Le traité fut enfin conclu à Crespy en Laonnois. On convint 1544. des principaux articles, mais avec des réservés, des restrictions, des alternatives qui ouvroient la porte aux chicanes & à la rupture. La paix se fit à peu près sur le pied de l'égalité de pertes & de succès ; en effet si d'un côté Paris étoit menacé par l'Empereur , fi la fron

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mée par

tiere de Picardie étoit aussi enta

par les Anglois & les Impériaux réunis, d'un autre côté Finçois étoit en possession de presque tout le Piémont, d'une partie du Luxembourg & de quelques places du Haynault.

On commenca par conclure le mariage du Duc d'Orléans mais avec qui ? c'eft d'abord ce qu'on ne décidoit point , on proposoit l'alternative de la fille ou de la niéce de l'Empereur , & les conditions du mariage étoient différentes selon que le Duc d'Orléans épouseroit l'une ou l'autre. Naturellement ce choix auroit dû être déféré au Duc d'Orléans, c'és toit à l'Empereur qu'il l'étoit.

Le Duc d'Orléans devoit avoir pour appanage les Duchés d'Ore léans, de Bourbon, d'Angoulême, de Châtelleraut , & fi ces quatre Duchés ne suffisoient pas pour faire cent mille livres de rente, quittes de toute charge , on y ajouteroit le Duché d'Alençon. La fille de l'Empereur , & c'étoit elle qui épou

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