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que

de soixante gros vaisseaux

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part. François I. fit pourtant quelque chose pour la Marine de l'Océan ;- il fit construire dans les ports de Bretagne des galions d'une efpece nouvelle, qui alloient à voiles & à rames, & qui plus forcs que les galères ordinaires , l'étoient affiz pour résister à toutes les tempêtes de l'Océan. Il voulut aussi faire construire une quinquereme ou galère à cinq rangs de rames, mais le P. Da niel croit qu'elle n'avoit que le nom de commun avec les quinqueremes des anciens ; le port du Havre de Grace que François I. fit faire, devinc le rendez-vous ordinaire des Aotres.

Au reste il y a beauconp à rabattre de l'idée qu'on pourroit se faire de ces flottes d'après le nombre de voiles dont elles étoient composées. Il paroît qu'il y avoit dans chaque flotte un grand bâtiment d'ostentation , tels que le Carraquon dans la flotte de François I, & fous Louis XII. La Cora deliere que la Reine Anne de Bretagne avoit fait construire à ses dépens , & un autre navire nommé la Charente. Le plus grand de ces navires fut le Carraquon. Beaucaire modifie ce que dit du Bellay qu'il portoit cent piéces de groffe artillerie ; felon Beaucaire une partie feulement des cent piéces écoic de groffe artillerie , le reste étoit de moyenne grofleur ; le P. Daniel croit avec raison qu'il s'agit de grosse & de moyenne artillerie de ces temps-là , & non de ce qu'on a appellé depuis gros canons, & canons de moyenne grofleur. En effet ce navire énorme n'étoit que de huit cent tonneaux & par conséquent n'étoit pas la moitié de nos grands vaisleaux. Les autres vaisseajıx de guerre avant François 1. écoient des galères, des galeafles des carraques, des ramberges, tous bâtimens qui étoient à la fois à rames & à voiles & dont aucun ne peut être comparé à ce qu'on entend aujourd'hui par un vaifeau de guerre ; de Simples vaisseaux marchands, assez foiblement acs

mais tous très-bien équippés &

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més , faisoient nombre dans une flotte & s'appelloient des vaisleaux de guerre. Une multitude de petits navires qui servoient seulement pour la charge achevoient de grossir la flotte sans la rendre plus redoutable. C'étoient des barques , des batteaux plats qui portoient les vivres,

les munitions, les machines, les bagages.

Mais quelque foibles que fussent ces nombreuses flottes, comment la France , n'ayant point de marine royale , parvenoit - elle à les rassembler : C'est que les Villes maritimes , dont la guerre interrompoit le commerce, fournissoient leurs vaisseaux marchands que l'Etat se chargeoit d'armer ; de plus les Rois de France faisoient des traités avec des Puissances maritimes , avec des Villes commerçantes qui s'engageoient à fournir des vaisseaux; on voit de ces traités faits avec la Norvége avec les Communes de fontarabie & de S. Sébas. cien; les Espagnols, les Gênois furent long-temps la ressource des François pour la Marine ; mais Ferdinand le Catholique leur ayant ôté les secours de l’Espagne , & diverses révolutions leur ayant souvent enlevé ceux de Gênes, la France se trouva réduite à l'heureure néceffité d'avoir une Marine nationale, le Roi fic quelques efforts , les sujets encouragés en firent encore plus. Des particuliers équipoient des vaisleaux qu'ils louoient en temps de paix à des Marchands & en temps de guerre à l'Etar.

C'est ainsi que s'étoient formées les flottes Françoises avant François I. Ce Monarque voulut enfin avoir une Marine royale , il est le premier qui ait eu une flotte reglée de galères sur la Méditerranée ; encore la plậpart de ces galères étoientelles aux Gênois, comme on l'a déjà dit.

Dans l'expédition de 1545. on voit , indépendamment des galères, de gros vaisseaux ronds qui écoient proprement alors les grands vaileaux de

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très-bons voiliers ; ils avoient d'aili

guerre , le Roi avoit faic construire les uns de Limples citoyens avoient fourni les autres.

Quant à la maniere d'armer les navires, elle avoit suivi les révolucions des divers fiécles; l'artillerie avoit prévalu depuis long-tems, mais on a'eut point d'abord une maniere bien sûre ni bien Colide de l'employer ; on plaçoit quelques canons sur le pont ou plancher des vaisseaux & sur la proue des galères, l'usage des fabords paroît n'avoir commencé que sous Louis XII, & comme tout usage est foible dans son origine, comme d'ailleurs les plus grands vaisseaux n'avoient alors qu’un volume médiocre , ils étoient peu chargés de canon. Du Bellay remarque comme une chose extraordinaire dans l'expédition de 1545. que pendant une canonade de deux heures entre deux armées de cent voiles chacune , on tira environ trois cent coups, tant d'uso côté que

de l'autre. D'après le peu de consistence qu'avoit eu juso qu'alors la Marine Françoise, on conçoic aisément qu’un Amiral pouvoit n'être pas un homme de mer, que les pilotes devoient avoir la plus grande considération dans une armée navale & qu'on pouvoit avoir besoin de prendre leurs avis sur les opérations.

Il paroît que la dignité d'Amiral fut érigée en titre d'Office fous Charles-le-Bel, vers l'an 1327: Il y avoit originairement plulieurs Amiraux & plusieurs Amirautés, parce que les grands vaffaux qui avoient posiédé les principales Provinces maritimes, avoient chacun leur Amiral. Depuis la réunion de ces Provinces à la Couronne, on laisia fubfifter les anciennes Amirautés ; ainsi qutre l'Amirauté de France , qui s'étendoit depuis le Ras de Calais jusqu'au Mont S. Michel, il y avoit l'Amirauté de Bretagne, qui s'étendoit depuis le Mont S. Michel jusqu'au Pas de S. Mahé, 1'Amirauué de Guyenne qui s'étendoit depuis is

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leurs des ramberges, espèce de vais-
seaux à voiles & à rames, plus longs,
plus étroits , plus propres à fendre
les flots que les autres, & dont la

1545.,

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Ras de S. Mahé jusqu'à la riviere d’Andaye, en.
fin l'Amirauté de Provence qui s'étendoit depuis
le Rouffllon jusqu'à la riviere de Gênes, & qu'on
appelloit l'Amirauté du Levant. C'étoient ordi-
nairement les Gouverneurs de Bretagne, de Guyen-
ne & ile Provence qui avoient ces trois Amirautés,
chacun d'eux étoit Amiral dans son diftriæ &
chacun d'eux avoit son Vice-Amiral ; toutes ces
Amirautés, excepté celle du Levant , furent réu-
nies à l'Amirauté de France dans la personne de
l'Amiral de Brion. Mais l'Amiral du Levant ou
le Général des Galères continua d'être le Chef
particulier de la Marine de la Méditerranée. La
Provence n'ayant été réunie à la Couronne qu'à
la fin du regne de Louis Xf, la charge de Gé:
néral des Galères de France ne peut avoir une
époque plus reculée ; mais dans les temps pofté-
rieurs, les uns avancenc , les autres retardent cette
époque. Ruffi dans son histoire de Marseille fait
remonter l'institution du Généralat des Galères,
jusqu'à Prégent de Bidoux en 1497. Le Laboul-
reur prétend que le Baron de la Garde fut le
premier Général des Galères , il rapporte les let-
tres-patèntes d'institution données en faveur de
celui-ci. Elles sont du 23 Avril 1544 & lui don-
fent le titre de Chef Capitaine Général de
l'armée du Levant. Les deux opinions peuvent se
concilier, Prégent de Bidoux fut en effet ce qu'on
appella depuis Général des Galères, c'est-à-dire,
qu'en effet it commandoit les Galères de France,
comme le Chevalier de Baux, le Baron d'Alta-
rac , André Doria & Barbésieux les commande.
rent depuis avant le Baron de la Garde.

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1

vîtesse égaloit ou surpassoit celle des galères les plus agiles.

Le Baron de la Garde alla les reconnoître avec quatre galères ; il s'avança jusqu'à l'entrée du canal qui sépare l'Isle du Continent & sur les bords duquel Porstmouth eft bâti. Quatorze vaisseaux Anglois fortirent à l'instant du port pour environner les galères

qui n'eu. rent que

le
temps

de se retirer en
forçant de voiles & de rames. Bien-
tôt toute la flotte Angloise se pré-
fenta hors du canal , c'étoit ce que
d'Annebaut demandoit , il s'avança
ausli avec toute sa flotte , mais on

que
se

de
d'autre, les Anglois rentrerent dans
le canal , & y choisirent pour re-
traite un lieu tout environné de
bancs de fable , où les vaisseaux
ne pouvoient pénétrer qu'un à un,
encore falloit-il qu'ils fussent con-
duits par des pilotes , qui eussent
une grande connoissance du pays,
fans quoi il étoit presque impofli-
ble qu'ils évitassent les bancs de
fable. L'Amiral d'Annebaut se

pro

ne fit

canonner

part &

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