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. 305 posoit de faire le lendemain tous les efforts pour tirer les Anglois de cet asyle.

Il sembloit que le fort s'attachất à poursuivre les vaisieaux qui portoient l'argent de la flotte Françoise ; on a déjà vu que cet argent avoit pensé être englouti dans la ruine du Carraquon. Il avoit été transporté dans un autre vaisseau nommé la Maitresse, c'étoit le plus grand bâtiment de la flotte Françoise depuis la perte du Carraquon, & l'Amiral avoit résolu de le monter, lorsqu'on vint lui annoncer qu'il

faisoit eau de tous côtés. L'Amiral plein d'inquiétude fur. le vaifleati & fur l'argent qui faisoit toute l'espérance de cette expédition ; accourut pour le sauver , il trouva qu'heureusement il avoit été prévenu par le Vice-Amiral la Mileleraye, qui avoit fait. décharger le vaisseau & l'avoit envoyé au Havre pour être radoubé.

Le lendemain l’Amiral d'Annebaut rangea toute son armée nayale en bataille, il la divisa en trois

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escadres, il se mit à celle du CEIT 1545.

tre, donna la droite à Boutieres & la gauche au Baron de Curton; il envoya ses galeres canoner la flotte Angloise pour l'obliger à fortir du canal, cette canonade fut si vive & si heureuse qu'elle coula à fond la Marie-Rose, un des plus grands vaisleaux de la flotte Angloise, dont il ne se fauva que trente-cinq hommes de cinq à fix cent dont il étoit monté. Le GrandHenri, qui portoit l'Amiral Anglois, alloit aussi périr , s'il n'eût été promptement secouru. Les Anglois de tacherent leurs ramberges pour donner la chasse aux galères Françoises , qui durent leur salut à l'ha. bileté des pilotes , à l'activité des matelots & à une manœuvre hardie & adroite du Prieur (1) de Capoue, frere de Pierre de Strozzi, Ce brave Capitaine voyant les ramberges Angloises presser vivement les gar

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(1) Leon de Strozzi, Chevalier de S. Jean de Jérusalem, Prieur de Capoue , fut Général des Galères sous le regne suivant.

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lères Françoises du côté de la poup-
pe, où elles n'avoient point d'ar-
tillerie pour se défendre, tourna
promptement sa galère de la pouppe
à la proue , fit face aux ramberges,
arrêta leur course

couvrit la re-
traite des galères , & les rejoignit
avec autant de bonheur qu'il avoit
montré d'audace ; en même-temps
d'Annebaut s'avança pour les sou+
tenir & pour repousser les ramber
ges, mais elles se hâterent de ren
trer dans le canal & dans les bancs

L’Amiral François voyant l'obsti: nation des Anglois à refuser le combat & à refter dans le canal, tento une autre voie pour les en arracher, ce fut de faire une descente. Henri VII, s'étoit avancé jusqu'à Portsmouht ; d'Annebaut crut qu'il ne laisseroit point faire cette descente sous ses yeux, sans envoyer sa flotte pour l'empêcher. On fit donc la descente , & on la fit en trois en, droits différens pour obliger les Anglois à diviser leurs forces, les troupes repandues sur les côtes, les défendirent foiblement & escar:

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moucherent plutôt qu'elles ne com battirent, mais la flotte refta inébran: lable dans sa rade. L'Amiral vouloit aller l'y forcer, cependant pour ne rien faire lègérement, il assembla un conseil extraordinaire où les pilotes furent appellés. On leur demanda si la flotte ennemie étoit asolument hors d'atteinte ; ils dém ciderent qn'elle l'étoit , & leurs raisons parurent sans replique. Indépendamment de la difficulté d'é viter les bancs de sable où les Anglois étoient comme retranchés, & de la position desquels eux seuls avoient une parfaite connoissance, on ne pouvoit aller à eux que par le canal, qui seroit aisément fermé par quatre de leurs vaisseaux ; pour déloger ces vaisseaux de l'entrée du canal , il falloit attendre le vent & le courant , & lorsque porté par l'un & par l'autre avec une rapidité qu'on ne feroit pas maître de modérer , on seroit parvenu à les écarter , il arriveroit tout naturellement que les vaisseaux François qui auroient pénétré les premiers , seroient

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arrêtés à l'entrée du canal

par

les
vaisseaux Anglois qu'ils seroient fora
cés de combattre, cependant la ra-
pidité du courant, malgré tous les
efforts des matelots, pousseroit les
autres vaisseaux François sur les
premiers avec tant de violence qu'ils
se briseroient les uns les autres
inévitablement. Si les vaisseaux
François avoient l'adresse d'accro-
cher en arrivant les vaisseaux An-
glois, les uns & les autres seroient
brisés, ou par le seul chọc ou par
la violence avec laquelle ils seroient
portés ensemble contre la terre. Si
les François jettoient l'ancre pour
retenir les vaisseaux , l'impétuosité

,
de l'eau , ou romproit les cables
ou tourneroit les navires , qui ne
suivroient plus la direction dont
on auroit besoin pour combattre.

L'Amiral avoit le plus grand desir
de se distinguer par une victoire
navale , espece d'exploit sur lequel
il n'auroit point eu de rival sous
ce regne, parmi les Généraux Fran-
çois, il étoit au désespoir d'être
obligé de se rendre aux raisons qu'on

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