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eut pour fils Gilbert , qui mourut

dans les guerres de Naples , (1) & į qui eut pour fils Charles de Bourbon, depuis Connétable de France.

D'après la loi Salique & les Actes de famille , à la mort de Pierre de Bourbon-Beaujeu, Susanne, sa fille, ne devoit point hériter de lui ; tous les biens de la branche aînée de

Bourbon devoient passer à la branf che de Montpensier, dont Charles, Duc de Bourbon , étoit le chef.

Cependant il paroissoit dur que Susanne fût privée de la succession de son pére. Pour prévenir ce combat de la nature & de la loi, Louis XII. propofa de marier la Princefse Susanne avec Charles, Duc de Bourbon. Le mariage se fit : dans le contrat on eut soin de confondre tous les droits. Le Duc & la Princesse se firent une donation mutuelle de tous leurs biens, donation confirmée depuis par le testament de Susanne, & par celui de la Ducheslede BourbonBeaujeu, fa mére.

(1) Voir l'Introduction , Ch. 20. Arty. Naples Tom. I. pag. 81.& 82,

La Duchesse d'Angoulême éroit la plus proche parente & l'héritiere légitime de la Duchesse Susanne , fi l'ordre des successions n'eût pas été réglé dans la Maison de Bourbon, en faveur de la masculinité; elle des cendoit comme la Duchesse Susanne, de Charles, l'aîné des fils de Jean, Duc de Bourbon ; le Connótable ne descendoit que de Louis , Comte de Montpensier, fils puîné du même Duc Jean.

La Duchesse d'Angoulême avoit donc à faire valoir les mêmes raisons qu'on eût dites en faveur de Susanne; elle vouloit aufli terminer le dif férend de la même maniere, c'est-àdire , en épousant le Connétable. Les refus du Connétable ayant détruit cette voye d'accommodement , la Duchesse entama , par les conseils & avec les secours du Chancelier Duprat, ce trop fameux procès. Elle ne pouvoit guères réclamer que les droits généraux de la nature annul-lés par les dispositions précises des pactes de famille, & par un usage conftant.

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Mais comme la Duchelle vouloit plutôt humilier & ruiner Bourbon, que

recueillir la succession de Sufanne, le Chancelier Duprat lui perfuada de faire intervenir le Roi, parce que , par l'examen qu'il avoit fait des actes de famille , il trouvoit plus de facilité à établir le droit de reversion à la Couronne, qu'à faire valoir les droits du sang, au préjudice de la masculinité ; & d'ailleurs , parce que c'étoit une maxime constante : que

le Roi ne plaide jamais desfaisi. Parmi les actes que Duprat s'é- Paris Recher. tudioit à interpréter en faveur de la L. 6. Ch. 11. cause à laquelle il s'étoit vendu , il y en avoit un sur lequel il paroissoit fonder de grandes espérances , c'étoit le contrat de mariage de Pierre de Bourbon-Beaujeu avec la Princelle Anne de France. Louis XI. en mariant sa fille avec Pierre de Bourbon-Beaujeu, 'avoit voulu tirer parti de ce mariage. Cela n'étoit pas aisé, car l'ordre de la fucceflion, dans la Maison de Bourbon, étant réglé par les actes antérieurs , il paroissoit impossible de l'intervertir, Le Roi

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vouloit s'assurer la succession de Pierre, en cas qu'il n'eût point d'enfans mâles, mais les collatéraux males de Pierre étoient appellés par le contrat de mariage du Duc Jean avec Marie de Berry; toute la descendance mafculine du Duc Jean étant appellée à fa fucceffion, la branche de Montpenfier , defcendue de ce Duc Jean, étoit comprise dans l'inftitution , & Pierre ne pouvoit nuire aux droits de cette branche. Cependant comme la force n'a besoin que du plus leger prétexte, Louis XI. pour fe ménager ce prétexte , voulut que Pierre de Bourbon-Beaujeu, en devenant son gendre, exprimat dans le contrat de mariage , qu'il consentoit, en tant qu'il le touchoit , ou le pouvoit toucher , ( ce furent les termes du contrat,) que tous les Duchés, Comtés & Vicomtés de la Maifon de Bourbon , s'it mouroit fans enfans mâles retournaflent à la Couronne ; ce fut fur ces mots : en tant qu'il le touchoit ou le pouvoit toucher, qu'on disputa beaucoup. Le fens en étoit pourtant assez clair,

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Pierre de Bourbon-Beaujeu sentoit qu'il ne pouvoit nuire aux droits de la branche de Montpensier. Louis XI. devoit le sentir comme lui; mais enfin Louis XI. exige de lui une clause qui exclue la branche de Montpensier, sans la nommer; Beaujeu y consent en tant qu'il le touchoit ou le pouvoit toucher c'est-à-dire autant qu'il étoit en lui. C'étoit à Louis XI. à faire valoir cette clause comme il pourroit, contre la branche de Montpensier.

C'étoit donc le plan d'injustice tracé par Louis XI. que la Ducheffe d'Angoulême & le Chancelier Duprat suivoient alors.

Mais on remontoit plus haut, & en répandant de l'équivoque sur des termes très-clairs du contrat de 1400. on excluoit encore la branche de Montpensier. Ce contrat, au défaut de la descendance masculine directe de Jean , Duc de Bourbon , appeltoit les Rois de France à fa succes fion ; c'étoit de ce mot directe qu'on. abusoit; on prétendoit que les aînés seuls étoient appellés. La branche

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