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tenir contre la faveur des Guises,

1541, contre la haine de Catherine de Médicis, contre l'agitation des difcordes civiles : il faut le voir sous le regne de François I. dans le temps de la faveur. Dépositaire alors de toute l'autorité de son Maître, honoré de sa confiance éclairée, il n'étoit ni contredit ni, balancé par ce premier Cardinal de Lorraine, plus éblouissant par fa magnificence que considérable par son crédit. Montmorenci présidoit à toutes les parties de l'administration avec une égale supériorité de puissance & de lumieres. Il entendoit parfaitement les Finances , & elles furent toujours très bien régies de son temps, c'està-dire, qu'il étoit économe, appliqué & jufte, car cette grande science fi approfondie depuis, se bornoit alors à cela , & n'en étoit pas moins difficile. Il n'y avoit point de Magistrat plus instruit que lui des loix Id. Ibid. du Royaume. Son alliduité au travail répondoit de l'exactitude des inférieurs, Les Sécrétaires des Com

1541.

mandemens (1) lui rendoient compte tous les jours de leurs dépêches & de leurs moindres opérations. Il avoit acquis une fi grande considération dans toute l'Europe , que l'Empereur ni aucun autre Prince n’écrivoit au Roi, fans qu'il y eût aussi des lettres pour le Connétable, les Ambassadeurs étoient toujours chargés de le visiter en particulier ; son étiquette étoit très-haute ; tous les Sujets du Roi, quelques distingués qu'ils fussent , les Compagnies de Magistrature , le Parlement même en Corps, le Chancelier , plusieurs Cardinaux l'appelloient Monseigneur,

seul Cardinal de Lorraine s'étoit mis au-dessus de cet usage, & prenoit même le ton de la supériorité, il écrivoit au Connétable comme un grand Prince (2) écrit à un Gentilhomme ; Montmorenci content du crédit, lui laissoit quelques fois le fafte.

(1) Ou Sécrétaires d'Etat , Sécrétaires des Finances,

(2) Tous les Princes Lorrains en ufoient de memas.

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Quant au caractère personnel, le Connétable étoit ferme, fier, vrai

1541., sage, laborieux, d'une pureté de meurs & d'une piété exemplaires, Sa censure rigoureuse & quelquefois amere, ne pardonnoit ni les prévarications, ni les négligences, ni la licence des meurs, ni le mépris d'aucun devoir. Officiers , foldats , Magistrats, gens de tout ordre & de toute condition, redoutoient son vil severe & vigilant , c'étoient le Caton de son fiecle. Plus déplacé encore à Paris que l'autre n'a paru l'être à Rome , ils eurent tous deux les mêmes ennemis, ceux de l'Etat. Si Montmorenci fut quelquefois plus souple que Caton, c'est parce que les meurs Françoises l'étoient naturellement plus que les mæurs Romaines. Un Ecrivain frivole ( Brantôme), a dit assez sensément : » Que plût à Dieu

fût-il-encore vivant , & qu'eussions Id. ibida » un pareil Censeur si digne que lui , » pour censurer tous nos états de la » France, qui est très-gentiment cors w rompue ! »

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1541.

Il est aisé dans ce siécle frivole de taxer de pédantisme un caractère si respectable ; il est vrai que Brantôme lui-même rapporte des traits qui annoncent dans Montmorenci de la hauteur, de l'humeur, de la dureté, & qu'en général il avoit plutôt de grandes qualités que des qualités aimables ; mais il réunifloit toutes celles qui font le Chevalier, le citoyen , le guerrier, l'homme d'Etat. Ses longs fervices continués sous cinq Rois, fes talens, ses vertus, fa faveur , ses disgraces, ses richesses , fes victoires, ses défaites, ses fautes, tout en lui , jusqu'à la longueur de sa carriere ,'a contribué à rajeunir , pour ainsi dire , la fplendeur de la Maison , dont les titres de gloire commençoient un peu à vieillir.

Le plus grand détracteur du Connétable de Montmorenci

selon Brantôme & M. de Thou, c'est Paul Jove, & voici la raison qu'ils en donnent. Paul Jove avoit une pension de François I. & Montmorenci ne jugeoit point qu'il l'a més

!

ritât. Ce Ministre ayant été rappellé par Henri II , & revoyant en

1541. qualité de Grand - Maître l'état de la Maison du Roi , raya Paul Jove, qui, pour se venger , s'attacha , diton, à le décrier dans son histoire. Ce fait passe pour vrai , mais j'avoue que je n'apperçois point dans l'histoire de Paul Jove de traces bien marquées d'animosité & d'injustice à l'égard de Montmorenci.

Quant à l’Amiral de Brion , dont la faveur avoit été assez grande pour faire ombrage au Connétable de Montmorenci & au Cardinal de Lorraine, c'est une erreur de croire ce qu'ont dit quelques Auteurs qu'il fut disgracié pour avoir in- ferron. 1. 8. terrompu les conquêtes dans le Francisc. Va Piémont, en 1536, par une déférence aveugle pour les avis du commentara Cardinal de Lorraine, qui craignoit 1.13. que ces conquêtes ne mislent obstacle à la paix qu'il espéroit de conclure. Les avis du Cardinal de Lorraine n'étoient point de simples avis, c'étoient des ordres du Roi, ordres réitérés & très-pressans , aux

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Arnold.

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les.

Sleidan,

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