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de France, à la tête de chaque Livre: cela n'auroit servi qu'à amuser les yeux., & à rendre plus cher un Livre qui ne peut d'ailleurs que l'être affez.

Quand cet ouvrage ne renfermeroit que la Police de France, c'en feroit toûjours afleż pour exciter la curiosité de toutes les personnes de quelque autre Nation que ce soit, qui ont du goût pour ces fortes de matiéres. Il ne peut qu'être utile & agréable , de connoître tout ce qui regarde l'hiltoire d'un Roïaume aussi considérable, que celui-là ; & la Police n'en fait pas une des moindres parties. Mais l'Auteur à poussé fés vuës plus loin. Il rer monte jusqu'à l'Antiquité la plus reculée, pour y rechercher, ce qui a du rapport à fon sujet, dans les Loix & les Usages des Nations les plus célèbres. Et à l'égard de la France en particulier, dont la Police fait le principal but de ses recherches, il ne s'est pas borné aux Lin vres imprimez, où l'on trouve quelque chofe là-dessus. Il a fouillé dans les Archives & les Bibliothéques, tant publiques, que particulieres, d'où il a tiré non seulement des Extraits de quantité d'Ordonnances , d’Arrêts, de Rém glemens, mais encore des Piéces entiéres , qui n'avoient jamais vû le jour. Les Regitres du Parlement, les (a) Banniéres & les autres Regîtres du Châtelet de Paris , sont ceux qui lui ont le plus fourni. Il n'avoit eü d'abord 'def

sein (a) Anciens Regitres du Châtelet , dits du verbe Barinas

Voiez Liv. I. Tit. XVI. Chap. II. pag. 243, 244,

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sein , que de publier un simple Recueil du Tex te des Loix & des Ordonnances; tel qu'Henri II. avoit (a) voulu le faire rediger, pour l'u: sage des Officiers de Police. Mais il jugea apec raison, qu'il valloit mieux donner une histoire suivie, qui montråt l'origine de chaque établissement

les raisons & les motifs qui y ont donné lieu, & la liaison de toutes les parties de la Policé. Il crut par là pouvoir réduire en Art ou en Pratique l'étude d'une Scien: ce fi importante.

Les Journaux ont parlé en fon tems de ce grand Ouvrage, à mesure que chaque Volume paroissoit. On trouve, dans les Nouvelles (6) de la République des Lettres , un long Extrait du I. Volume, qui avoit été envoie de Paris à Mr. BERNARD. Mrs. les Journalistes de Paris en donnérent un de 'ce (c) même Volume, & un autre de chacun des (d) deux suivans. Ainsi il suffiroit presque de renvoier à ces Journaux, ou autres peut-être que nous ne savons pas, ou que nous ne nous souvenons pas avoir fait mention du Traité de la Police. Cependant, à l'occasion de cette Edition tou-te nouvelle , nous croions devoir en donnec une idée générale à nôtre manière; d'autant plus que bien des gens peuvent ou n'avoir pas

sous

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(a) Par une Ordonnance dų mois de Mai 1555. que on trouve ici, Tom. I. pag. 247.

(6) Juillet , & Août 1706.
(6) Avril 1706. pag. 358, suiv. Ed. d'Amft.

) Avril 1710. pag. 404. Mars 1730. pag. 267. 6. Swiv.

sous la main les Journaux que nous venons d'indiquer, ou ne vouloir pas prendre la peine d'y aller chercher des Extraits répandus en die vers volumes. Nous éviterons seulement de nous arrêter aux endroits particuliers, sur les quels ces Journalistes se font un peu étendus.

L'Ouvrage entier est composé de cinq Lia vres. Chaque Livre est divité en Titres, à la manière des Jurisconsultes ; & chaque Titre subdivisé en Chapitres. Les Chapitres font quelquefois partagez en Sections, & suivis de Prene ves, où l'on trouve les Loix, Ordonnances, Réglemens ou Statuts que l'Auteur a cru devoir rapporter tout du long.

I. Le mot de POLICE, qui vient du (a) Grec, 2, dans notre Langue, un sens plus ou moins étendu, comme on (b) le montre d'abord. Celui, dans lequel il se prend ici, ne renferme que cette partie du Droit Public, qui regarde le bon ordre de chaque Ville, & la manière de le procuțeș qu de l'entretenir, par des Loix ou des Réglemens, que les Magiftrats établis pour cela doivent faire exécuter en vertu de leur office seul, & fans poftulation de qui que ce soit. Cet établiffement eft fi né. cessaire, que notre Auteur en trouve les fources dans le Droit Divin Naturel, selon lequel les Péres de Famille se conduisoient dans les prémiers ages du Monde, où il n'y avoit point encore de Loi écrite. Ainsi il emploie un (c)

Chapitre (4) Πολιτεία. D) Liv. I. Tit. I. Chap. I. (c) Ibid, Chap. II,

Chapitre à traiter en gros des principes les plus généraux de la Loi Naturelle : & presque tout ce qu'il dit, est tiré de la Traduction Françoife du Livre de Mr, le Baron de PufenDORF, Du Droit de la Nature e des Gens, qu'il ne cite néanmoins, qu'en un seul endroit, Il en a copié plusieurs Pássages d’Anciens Auteurs, qui y sont citez, en suivant mot-à-mot la version que le Traducteur en donne. Nous remarquons cela principalement, parce qu'il nous fournit une preuve incontestable que la Seconde Edition de Paris , für laquelle on a imprimé celle d'Amsterdam, est véritablement augmentée. Car le I. Volume du Traité de la Police fut publié

, comme nous l'avons dit, en 1995. & la Traduction de Pufendorf ne parut pour lá prémiére fois que l'année suivante 1706 Nous voions d'ailleurs par l'Extrait inseré dans les (a) Nouvelles de la République des Lettres., où l'on indique ici le contenu & l'ordre des Tîtres , & des Chapitres, que le I. Titre ne renfermoit que le préambule, dans lequel l'Auteur donne une idée générale de la Police : & que le II. Tître traitoit de la Police des HeAREUX, & de l'établissement de leurs Magiffrats, au lieu que c'elt présentement, le III, Titre. Le II. roule sur la Police des EGYPTIENS; & par conséquent il a été aussi ajoû tě. Je soupçonne fort, que le Titré V1. du II. Livre, ou l'on fait l'histoire de la Pacificagign des troubles causez dans l'Eglise au sujet dhe

Livre

..:: (*) Iwillet 1796. pag. 15.

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Livre de JANSENIUS, est encore une addition faite à la Seconde Edition. Car je n'en vois aucune trace, ni dan's l’Extrait de la Réo publique des Lettres , ni dans celui du Journal de PARIS; quoi que, dans l'un & dans l'autre, sur tout dans le prémier, on se soit allez étendu sur l'article de la Religion. D'ailleurs, l'Auteur rapporte tout du long la. Bulle de Clément X I. du 16. Juillet 1705. & les Lettres Patentes de Louis XIV. du 31. Août suivant, pour la publication de cette Bulle. Or c'est dans la même année que le Traité de la Police fut mis au jour; de forte que l'endroit, où l'article du Jansenisme est place, devoit & tre imprimé long-tems avant la Bulle, dont il s'agit. Mais il faudroit avoir en main la pré; miere Edition, pour s'affûrer li cette conjecture est tout-à-fait bien fondée. Quoi qu'il en soit, on peut toûjours inferer de l'addition certaine de deux, nouveaux Titres tout entiers qu'il y a vraisemblablement diverses additions semblables , & peut-être des corre&tions, répanduës dans les Titres & les Chapitres anciens.

Pour reprendre le fil de nôtre Extrait, l'Auteur remarque, que divers Etats s'étant for mez de l'union de plusieurs Péres de famille pour leur utilité ou leur défense commune, ou par des Conquêtes; on fit écrire & l'on publia des Loix de Police tirées du Droit Naturel, & l'on y en ajoûta d'autres, accommodées à la forme du Gouvernement; à la situation de chaque Etat, au génie des Sujets, & aux au

tres

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