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de mon Ouvrage.

Je ne suis pas le seul qui are formé ce dessein. Un des premiers Restaurateurs des Belles Lettres, homme aufli célebre par fa piété que par son rare génie, a composé un livre dans la même vûe:mais comme il a principalement attaqué la Philosophie d'Aristote, qui est maintenant fi décréditée, qu'elle manque plutôt de défenseurs que d'adversaites, son Ouvrage est aussi peu estimé

que

la Philofophie qu'il combat.

Loürs Vivest, qui a suivi la même idée, s'est servi d'un stile plus pur, & s'est exprimé avec plus d'éloquence: mais il étoić moins Philosophe que Grammairien. Aufli fon livre est tresdéfectueux dans les matieres qu'il y traite; & il affeate tellement une belle Latinité, qu'il semble négliger

* Pic Mirand Op. vol. 2: P 467.
bo de Corrupt. Art. Op. vol. 1. p. 221.

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la solidité du raisonnement : ce qui est peu conforme au goût de notre siècle.

LeTraité de Corn. Agrippa* sur ce sujet, n'est qu'une déclamation continuelle. Il est plus propre à amufer des écoliers, qu'il ne

* de Van. Scicat.

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peut être utile à une recherche férieuse.

Nous avons eu depuis peu un livre François * sous le même titre. Quoique bien écrit , & rempli de senti- ! mens de piété, il ñe répond nullement à ce que j'en attendois, & il doit être plucột regardé comme un Sermon de Morale, que comme un Traité de Critiqué.

Aucun des Auteurs que j'ai vûs, n'a encore donné entierement dans mon deffein; & je n'ai pû même en tirer de grands fecours. Lorsque j'ai emprunté d'eux quelque pensée , je

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* La Vanité des Sciences. Amít. 88,

les ai cités ; & si nous nous rencontrons sur quelque point, fans que j'en avertisse, c'est une faute de mémoire. Je fais cet aveu une fois pour toutes.

M Vwutton & le Chevalier Temple ont suivi une route entierement opposee. Ils ne pensoient qu'à décrire les beautés & l'excellence des Sciences. Ce n'étoit pas le moyen d'en découvrir les defauts. Mais l'un a élevé les Anciens audessus des Modernes; l'au. tre a préféré les Modernes aux Anciens : cette contrariété n'est-elle pas favorable à mon fyftême? J'ai évité,

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autant que j'ai pû, de rien dire qu'ils eussent déja remarqué. J'ai peut-être man qué en cela ; & ce que j'ai puisé de mon propre fond, vaut peut-être moins. D'un autre côté, si je les ai contredits en quelque endroit, je l'ai fait avec tant de précaution, qu'ils ne pourroient ni l'un ni l'autre m'en faire des reproches, quand ils seroient encore vivans. J'ai traité tout le monde avec bienséance , horsmis M Le Clerc, qui n'a pas mérité les mêmes égards.

J'ai vû quelque chose de M Perrault. La plus grande partie de ce qui est

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