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des chi

& ne paroiffent plus que merés aux yeux de la raison. Quiconque n'entrevoit pas la vérité dans ce que rapporte Moïfe, n'eft pas fait pour la connoître. On s'attache tous les jours à des hypothefes qui ne font pas même vraifemblables; & l'on ne veut pas ajouter foi à ce qui donne la plus haute idée de la puiffance & de la fageffe de Dieu.

Un monde éternel offre mille fois plus de difficultés qu'une intelligence éternelle ; & un monde coéternel eft une abfurdité qui ne peut exister , parce que rien ne peut être auffi ancien que Dieu. Outre qu'il eft néceffaire, & que l'univers ne l'eft pas; de quel droit la matiere, chose tout-à-fait contingente, chofe abfolument

inerte, prétendroit-elle aux mêmes prérogatives qu'un efprit toutpuiffant, qu'un efprit entiérement immatériel? Ce font des extravagances qui n'ont pu naître que dans les accès d'une imagination délirante, & qui prouvent l'étonnante foibleffe de l'homme, quand il ne veut plus entendre que luimême.

L'Hiftoire de la nature eft un livre fermé pour toutes les générations, fi elles n'entrevoient pas un Dieu Créateur & Confervateur ; car rien n'eft plus fenfible que fon action. Le foleil, tout magnifique & tout impofant qu'il eft, le foleil, quoiqu'adoré par diverfes nations, n'a ni intelligence, ni difcernement; &, fi fon cours eft tellement régulier, que jamais il

ne l'interrompt d'un feul inftant, c'eft qu'il reçoit l'impulsion d'un Agent fuprême, dont il exécute les ordres avec la plus grande ponctualité.

yeux

On a beau promener les dans la vafte étendue de cet univers; on le voit renfermé dans l'immensité d'un Etre devant qui le monde entier eft comme s'il n'étoit

pas.

le

Il feroit bien fingulier que plus petit ouvrage ne pouvant exifter fans un ouvrier, le monde eût le privilege de ne devoir qu'à luimême fon éxiftence & fa beauté. La raifon fe creufe des précipices effroyables, quand elle n'écoute plus que les paffions & les fens la raggione fenza la fede mi fa compaffione. Toutes les Académies de l'univers peuvent

:

imaginer des fyftêmes fur la Création du monde; mais après toutes leurs recherches, toutes leurs conjectures, toutes leurs combinaisons, après des multitudes de volumes, ils m'en diront beaucoup moins que Moïfe n'en a dit dans une fimple page; & encore ils ne me diront que des chofes invraifemblables. Et telle eft la différence qui fe trouve entre T'homme qui ne parle que d'aprèslui-même, & l'homme qui eft infpiré.

L'Eternel fe rit au haut des cieux de tous ces fyftêmes infenfés qui arrangent le monde à leur gré, & qui tantôt lui donnent le hazard pour pere, & tantôt le fuppofent éternel.

On aime à fe perfuader que la

matiere fe gouverne elle-même, & qu'il n'y a pas d'autre divinité; parce qu'on fait bien que la matiere est absolument inerte & ftupide, & qu'on n'a point à redouter fes effets: au lieu que la justice d'un Dieu qui voit tout, quipese tout, eft accablante pour le pécheur. Rien de plus beau que l'histoire de la nature, quand elle eft liée à celle de la Religion. La nature n'est rien fans Dieu; & elle produit tout, elle vivifie tout par l'opération de Dieu. Sans être rien de ce qui compofe l'univers, il en eft le mouvement la feve & la vie. Otez fon action, & il n'y a plus d'activité dans les élémens, plus de végétation dans les plantes, plus de reffort dans les causes fecondes, plus de révolutions dans

و

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