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termes que le Languedocien a empruntés du Latin , & un grand nombre qui nous viennent des Wisigots & des Sarrafins qui après les Romains s'emparerent de nos Provinces & dont l’idiôme, ou au moins ses débris se font principalement conservés dans l'Espagnol : tels font encore , quoiqu'en petit nombre, ceux que le voisinage des Colonies Grecques, Agdes & Marseille, nous a apportés. (Voy. l'article Empura), & bien d'autres entia dont on ne peut guere attribuer l'origine qu'à la langue des Celtes, ou Gaulois qui furent les plus anciens habitans connus de ce pays.ci (a).

Lorsque l'étymologie de ces différens termes s'est présentée d'elle-même, nous n'avons pas négligé de la marquer; il s'agissoit sur-tout de découvrir dans le françois l'équivalent des termes languedociens & de bien rendre ces derniers ; ce qui n'étoit pas quelquefois un petit embarras.

Les Di&tionnaires les plus estimés , sur-tout celui de l'Académie de la derniere édition, nous ont applani bien des difficultés, sans avoir cependant éclairci tous nos doutes : cette ressource même nous ayant manqué plus d'une fois, il a fallu recourir à des termes des Provinces où le françois est la langue vulgaire. Ces termes déjà affe&tés & dans l'analogie de la langue françoise

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à l'étude de ces langues. On trouve à point nommé dans ces Recueils un très grand nombre de termes qu'on eprendoit d'avan

ou qu'on auroit deviné avec la plus légere teinture de larin ; tandis qu'on y cherche inutilement ceux qui arrêtent dans la leâure d'un Aureur Tralien ou Espagnol : & parce que ces termes n'ont aucun rapport avec le larin , ou le françois, il semble que ç'ait été une raison de les omettre dans les Di&ionnaires, où on auroit dû les trouver de préférence.

(a) la langue Celtique s'est principalement conservée dans le Bas-breton dont le P. Dom Taillandier Bénédiain a donné un Dictionnaire dans lequel nous avons souvent vu des rapports avea notre Languedocien, que nous avons marqués.

» Le Celtique , dic Dom Taillandier , qui fubfiste dans le Bas9 breton arémorique & dans le Gallois , est l'une des plus anciennes » langues de l'univers : elle fui altérée , & presque par tout oubliée » par la conquête des Romains , & par la prédication de l'Évangile » & faute de Livres écrits en Celtique. La conquête des Francs fic » de nouveaux changemens , diverses langues se succéderent jusqu'a on la langue Romance : mais les restes de l'ancienne langue Gaua.. so loise , ou Celtique se sont mieux conservés dans le jargon det * Provinces, and

Terviront un jour à l'enrichir ; il suffira qu'ils soient connus pour que l'usage les y fasse passer.

A l'égard des termes languedociens qui expriment des choses propres à ce pays-ci; tels par ex. que Bujháno , Cadis, Pouréto, Përaldou, &c. il étoit inutile de les rendre d'une autre façon, ou de chercher d'autres expressions : les noms sous lesquels ces choses sont connues, quelque étrange qu'ils soient, font de toutes les langues : les marchandises qui nous sont venues d’Alie, ou d'Amérique, ont retenu en France leurs noms Indiens ou Iroquois : la seule chose qu'on puisse sur cela se permettre ; c'est tout au plus quelques légers changemens dans la prononciation, pour en adoucir la rudeffe, & la plier aux fons & aux inflexions de la langue françoise.

Nous ne sommes pas toujours attachés à mettre pour fujets de nos articles l'espece de mots qui n'ont que peu d'analogie avoc le françois : nous en avons employé quel. quefois de pur françois, uniquement pour avertir qu'ils l'étoient; & quelques-uns qui n'étoient languedociens que par la terminaison, ou par la maniere de les prononcer : il suffifoit que ces derniers nous donnaffent l'occasion de faire remarquer une conftru&tion vicieuse de révéler un folécisme , ou quelqu'autre défaut pareil , pour qu'ils dusent entrer dans ce recueil dont le but principal est, D'AIDER A PARLER CORRECTEMENT LE FRANÇOIS CEUX DE NOS COMPATRIOTES QUI N'ONT PAS FAIT UNE ÉTUDE PARTICULIERE DE CETTE LANGUE (a).

Un des moyens le plus propre pour y arriver , étoit de rendre le Ledeur attentif sur les fautes qu'il commet, en les lui mettant sous les yeux ; c'est pour cela que lorsque nous en relevons quelqu'une ; pour rendre le corrigé plus sensible, nous ajoutons à l'expression françoise celle qu'il faut éviter. C'est ainsi, par ex. que fur

(a) Quoique ce Dictionnaire ne soit pas fait , comme on voit , pour apprendre à personne le Languedocien; il réunit cependant à Ion bur principal cet autre avantage , de donner l'intelligence de aos termes les plus difficiles aux habitans des Provinces françoises ; à ceux entre autres qui venant s'établir chez nous, ont quelque intérêt d'apprendre , quoiqu'imparfaitement, une langue populaire, auffi étrangere à la leur; que puissent l'être celles des Étacs qui, sonfinent nos Provinces.

le mot languedocien Sacrëftâno; en françois, Sacristine, nous ajoutons; & non, Sacristaine, que presque tous les gens de Lettres de ce pays-ci prenoient pour le terme françois avant la premiere édition de ce Di&ionnaire.

Cette formule qui revient souvent dans cet ouvrage étoit fans doute une précaution inutile pour certains Lecteurs : mais c'étoit un moyen de faire appercevoir de leurs méprises ceux qui ne se doutent pas d'en faire de fréquentes dans le discours. Les Di&ionnaires ne les avertissent point assez. Ils passent rapidement sans aucun profit les articles qui les touchent personnellement.

Pour s'appercevoir de ces méprises, il ne faut pas recourir à cet ouvrage.ci comme aux autres Di&tionnaires, qu'on se met à feuilleter , pour s'éclaircir seulement pour un mot. Les personnes que nous avons en vue ont bien autre chose qu'à consulter sur un mot : familiarisés dès l'enfance avec un françois mêlé de barbarismes, de folécismes, de termes impropres & de prononciations les plus vicieuses, s'autorisant même de l'exemple des gens lettrés du pays, à qui ces fautes sont familieres & des livres mêmes , qui pour être imprimés, n'en sont pas toujours plus exempts; peuvent-ils avoir des doutes lur celles dont leur langage fourmille ? Ceux qui sont en état de les redresser en rient tout bas, sans oser les avertir : il faut être bien ami de quelqu'un pour lui donner de pareils avis , fans en être prié; encore y a-t-il des ménagemens à garder pour ne pas blesser l'amour propre.

Nous ne voyons pour eux qu'un moyen de se désabuser & de s'instruire dans le moins de temps posible : ce moyen qui demande de la patience & du courage, seroit de parcourir en entier ce Di&ionnaire, en ne s'arrêtant qu'aux articles de leur idiôme ; ce qui abrégeroit envi. ron les deux tiers du travail , & de faire à mesure un relevé des fautes où l'on se reconnoîtroit, pour y jeter les yeux

de temps à autre. Nous avons suivi la même méthode ; c'est-à-dire , de mettre la faute à côté du corrigé, pour une autre espece de gasconisme moins apparent & qui se glisse par cela même plus aisément dans le discours : nous parlons de ces phrases dont tous les termes sont françois ; mais qui péchent par le tour languedocien. Nos articles nous ont fourni de fréquentes occasions d'en rapporter des exemples, & nous avons toujours placé ces phrases pré

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tendues françoises à côté de celles que la langue françoife peut avouer. : Il y a enfin beaucoup de termes que l'Auteur du Manuel Lexique avoit promis de donner, mais sans tenir sa parole, & dont nous souhaitions d'enrichir notre Recueil ; savoir , les termes d'art d'un usage fréquent dans la conversation, & qui font ignorés du commun des lecteurs; de ceux même chez qui le françois est la langue vulgaire ; on a recours pour s'énoncer, lorsqu'il en est question, à des périphrates, ou à des mots vagues, tels que, chose, machine, drogue , &c. qui malgré les gestes dont on les accompagne n'expriment qu'à peine ce qu'on veut dire & ne servent qu'à marquer l'embarras de celui qui les emploie. · Lorsque nous avons manqué de mots languedociens, qui eussent pu nous servir de texte pour placer ces termes; nous les avons amenés, autant qu'il a été possible à la suite d'autres articles auxquels ils étoient étrangers, sans trop nous assujettir à le faire toujours d'une façon raturelle : cette attention nous eût jeté dans des détours qui auroient inutilement grossi cet Ouvrage : il a fallu facrifier cette sorte d'agrément à l'envie que nous avions d'abréger.

C'est dans cette vue que nous avons souvent omis ce qu'on peut trouver dans les Di&tionnaires faits sur un plan à devoir tout embrasser. Nous nous sommes contentés quelquefois de mettre un exemple, au lieu d'une définition. Et nous n'avons pris souvent d'un mot languedocien qui fait le sujet d'un article, que la moins connue de ses fignifications; observant d'omettre celles qui étant triviales, n'entroient pas par cela même dans la tâche que nous nous étions imposée. Cette observa a tion bien entendue préviendra bien des difficultés qu'on pourroit nous faire, si l'on jugeoit de ce Dictionnaire par ceux qui sont entre les mains de tout le monde.

Nous ne nous flattons pas cependant de nous mettre,, entiérement à l'abri , & nous prévoyons que certains lecteurs d'un goût difficile ne trouveront peut-être pas toujours dans les termes françois l'énergie qu'ils croient entrevoir dans le Languedocien qu'ils expliquent : mais nous les prions de faire attention, qu'une exacte correla pondance entre deux langues très-étrangeres l'une à l'aug Tome I,

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n'est pas toujours praticable : qu'il se peut faire d'ailleurs, qu'étant moins verfés dans le françois que dans leur langue maternelle, ils soient plus touchés des délicatesses & du tour de celle-ci, ou que par un intérêt patriotique, ou une forte de jalousie de langage , ils cherchent à mettre de l'énergie & des beautés dans les termes les plus simples & les plus communs.

En cherchant au reste à écarter les reproches qu'on pourroit nous faire à cet égard, nous sommes bien éloignés de penser que cet ouvrage ne péche d'ailleurs par d'autres endroits ; & qu'il ne prête beaucoup à une juste critique : il est tout naturel qu'il y ait non-seulement beaucoup de négligences dans une aufli grande variété d'articles : mais qu'il s'y soit même glissé des fautes du genre de celles que nous avions pris à tâche de relever; telles que des gasconismes : mais nous espérons que s'il nous en est échappé quelqu'un, on sera d'autant plus disposé à nous le passer, si l'on fait réflexion, qu'il n'y avoit qu'un homme de cette Province long-temps habitué à l'idiome du pays, qui fut en état d'entreprendre cet ouvrage : & qu'il est bien difficile qu'ayant contracté une pareille habitude; on ne s'y laisse quelquefois entraî. ner; ou que le langage françois n'ait dans cette occafion des restes de l'idiôme gafcon & ne sente un peu le terroir : tant, dit la Fontaine, le naturel a de force!

Si nous n'avons pas toujours réuffi à nous garantir de ce levain, nous aurons l'avantage d'avoir ouvert une car. riere où les gens de lettres de notre Province pourront s'exercer avec plus de succès. Nous y avions exhorté dans notre premiere édition ceux qui s'intéressent au progrès des lettres dans leur pays : nous les invitions à faire chacun dans le canton qu'ils habitent des recueils dans le goût de celui-ci , & de mettre leurs Compatriotes à portée de profiter de leur travail; nous ajoutions qu'on pourroit un jour avec de pareils matériaux avoir un ouvrage tout autrement intéressant que ce premier essai que pous leur préfentions : mais cette invitation a eu l'effet ordinaire de celles qui sont générales ; elle n'a rien produit.

Nous venons d'exposer ce qui fait l'objet principal de cet ouvrage; ce qu'il y a de plus n'en est que l'accessoire : tels font les termes du vieux Languedocien qu'on

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