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Papirius & Sempronius Consuls An de Ro. l'année précedente furent élevez à me 310.

Tit Liv. cette dignité, & on la leur confera

Dec. il. 4. tout d'une voix pour les dédommager de ce que l'année de leur Consulat n'avoit pas été complete, & qu'ils n'étoient entrez en exercice qu'après l'abdicàtion des Tribuns militaires.

Tant que les Consuls avoient été chargez du soin de ce dénombrement, toutes leurs fonctions à cet égard avoient été renfermées à tenir un état exact des noms, des biens, de l'âge, des conditions de tous les chefs de famille : le nom & l'âge de leurs enfans, & de leurs esclaves

у devoit être compris. Mais quand on eut démembré du Consulat cette partie de la Magistrature, & qu'on en eut fait une dignité particuliere, comme les hommes ne cherchent ordinairement qu'à étendre leur autorité, les Censeurs s'attribuerent la réformation des moeurs. Ils pre- Val. M. l noient connoissance de la conduite 2. c. 9. de tous les citoyens; les Senateurs & les Chevaliers étoient follmis à leur censure comme le simple peuple; ils pouvoient chasser de ces

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qui par

compagnies ceux qu'ilsenjugeoienc indignes. A l'égard des Plebeïens

leur débauche ou leur parelle étoient tombez dans l'indi. gence,

ils les réduisoient dans une classe inferieure, souvent même ils les privoient du droit de fuffrage & ils n'étoient plus réputez citoyens que parce qu'on les assujettissoit encore à payer

leur

part des tributs.

Quand les Censeurs faisoient cette revuë generale de toute la nation, il n'y avoit point de citoyen qui ne tremblât à l'aspect de leur Tribunal; le Senateur par la crainte d'être chassé du Senat; le Chevalier dans l'appréhension d'être cassé & privé du cheval que la République lui entretenoit, & le simple citoyen par

la
peur

d'être rayé de sa Classe , & réduit dans la derniere, ou du moins dans une des Centuries moins honorables que la fienne. En sorte que cette crainte falutaire étoit le soutien des Loix somptuaires, le nceud de la concorde, & comme la gardienne de la

modestie & de la pudeur. An de Ro.

La République à la faveur de ce mez'.

nouvel établissement jouit sous le And: RoConsulat de M. Fabius, & de Por- ne 312. tumus Albutius, d'une profonde tranquilité. Ce n'est pas que quelques Tribuns du peuple toujours inquiets ne tâchassent depuis de faire revivre les anciennes prétentions du peuple touchant le partage des Terres : ils menaçoient même à leur ordinaire de s'opposer à toute levée de soldats. Mais comme on n'avoit point alors de guerres à soutenir, on méprisoit une opposition que la paix rendoit inutile & fans effet ; & l'autorité du Senat se fortifioit d'autant plus que ce premier Ordre de la République le pouvoit passer alors du secours du peuple. Tout étoit tranquile , lorsque an de Ro

An l'année suivante ; d'autres disent me j1j.

313 deux ans après, & sous le Consulat de Proculus Geganius & de L. Menenius , il survint une famine affreuse qui causa des séditions, à la faveur desquelles un particulier fut à la veille de s'emparer de l'autorité souveraine. Le Senat attribuoit cette disette de grains à l'oisiveté & à la paresse des Plebeiens, qui enyvrez des harangues feditieu

ses des Tribuns, ne sortoient plus de la place, & qui au lieu de cultiver leurs terres, passoient le tems à faire de vains raisonnemens sur les affaires d'Etat. Le peuple au contraire qui se plaint toujours de ccux qui sont chargez du gouvernement, rejettoit la cause de cette famine sur le défaut d'attention des Consuls. Mais ces Magistrats fans s'embarasser des murmures de la

multitude , prirent tous les soins Tit. Liv.1.4 convenables pour faire venir des D.

9. Aug. de bleds du dehors, & ils en donnerent eiv. Dei I. la commission à C. Minucius. 3. C. 17 Ce Senateur actif & vigilant ,

envoya des commissionnaires dans toute la Toscane; mais il ne put tirer par leurs foins qu'une petite quantité de bled. Un Chevalier Romain appellé Sp. Melius, & qui palsoit pour un des plus riches particuliers de la République, l'avoit précedé dans cette recherche , & avoir fait enlever la plus grande partie des grains de cette Province.

Ce Chevalier encore plus ambitieux que riche, s'étoit fatté que dans une calamité si generale, le peuple feroit bon marché de sa li

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berté. On distribuoit tous les jours par son ordre du bled au petit peuple & aux plus pauvres ; & par une liberalité toujours suspecte, sur-tout dans une République, il se fit des créatures de tous ceux qu'il nourriffoit à ses dépens; sa maison fur bientôt l'asile des pauvres, des faineâns, de ceux qui s'étoient ruinez par la débauche , & de ces gens qui sans aucun sentiment d'honneur & de religion, voudroient voir l'Etat bouleversé, pourvû qu'ils y trouvaflent l'établissement d'une fortune plus avantageuse que leur condition presente.

Minucius qui par rapport à la commission dont les Consuls l'avoient chargé, ne pouvoit se dispenser d'avoir quelque relation soit par lui-même, soit par ses agens avec ceux de Melius, déinela que cet ambitieux, qui seul nourrissoit gratuitement autant de pauvres que tout l'Etat', se servoit du prétexte de cette aumône publique qui attiroit une foule de peuple à sa porte,

a pour faire des assemblées dans fa maison. Des gens que Minucius avoit apparemment gagnez,

l'aver

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