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heritage de quoi subfifter tant en campagne que pendant le quartier d'hiver ; & souvent quand la campagne duroit trop long-tems, les terres , sur-tout celles des pauvres Plebeïens , demeuroient en friche, De-là étoient venus les emprunts , lesufures multipliées par les interêts, & ensuite les plaintes & les séditions du peuple. Le Senat pour prevenir ces désordres, ordonna de lui-mê. me, & sans qu'il en fût sollicité par les Tribuns, que dans la suite les soldats feroient payez des deniers duPublic,& que pour fournir à cette dépense, il se feroit une nouvelle imposition dont aucun citoyen ne

Aux premieres nouvelles de ce An de RoSenatus - Consulte , le peuple fut me 347. transporté de joye: il accourut de Tit. Liv. tous côtez aux portes du Palais. Les 1. 4. fub fin. uns baisoient les mains des Sena- Diod. I. teurs, d'autres les appelloient tout haut les Peres du peuple, & tous protestoient qu'ils étoient prêts de répandre jufqu'à la derniere goute de leur sang pour la patrie, qu'ils regardoient comme une mere liberale & genereufe envers les enfans.

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feroit exempt.

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Dans cette joye universelle, les Tribuns du peuple se firent remarquer par un chagrin sombre & plein d'envie. La réunion de tous les Ordres les empêchoit de se faire valoir. Comme ils ne brilloient jamais davantage que dans les divisions de l'Etat, ils publicient que le Senat faisoit des largeffes à bon marché; que le peuple étoit bien aveugle s'il ne s'appercevoit pas qu'il payeroit lui-même sa propre folde; qu'il n'étoit pas même juste que ceux qui jusqu'alors avoient fait la guerre à leurs dépens, & quiavoient

à achevé le tems de leur service, fuffent taxez pour fournir la solde des nouveaux soldats qui leur succederoient dans les armées ; que pour eux ils étoient bien résolus de ne payer jamais cette nouvelle imposition ; & qu'ils offroient leur ministere, & tout le pouvoir que leur donnoit leurCharge,pour défendre ceux qui voudroient s'en exempter.

Ils se flatoient à la faveur du pouvoir qu'ils avoient sur l'esprit du peuple , de l'obliger à rejetter cette gratification qui ne leur étoit odieuse que parce qu'elle yenoit du Senat. Mais un interêt sûr & present & sur-tout l'exemple des premiers de Rome, qui payerent sur le champ leur contingent, l'emporterent sur toutes les harangues seditieuses des Tribuns. Le Senatus-Consulte fut Ande Roapprouvé par un Plebiscite, & par me 347. le consentement general du peuple. Chacun courut avec empressement payer un leger tribut proportionné à ses biens, dont il lui devoit revenir un avantage considerable. Commeil y avoit alors peu de monnoye frappée, on voyoit tous les joursdes chariots chargez de cuivre, porter à l'épargne la contribution des particuliers que les Tresoriers prenoient au poids & à la livre.

Fin du fixiéme Livre.

201

HISTOIRE DES REVOLUTIONS

ARRIVE'ES

DANS LE GOUVERNEMENT

DE LA

REPUBLIQUE ROMAINE.

LIVRE VI I.

Les Romains assiegent Veïes qu'ils ne

prennent qu'au bout de dix ans. Un Tribun du peuple propose de faire de cette ville une seconde Rome, en y, envoyant pour l'habiter la moitié du Senat, des Chevaliers, du peuple. Les Senateurs viennent à bout de faire tomber cette proposition. Ca. mille attaqué par les Tribuns , fort de Rome , & se réfugie à Ardée. Une

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