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étoit d'avis qu'on differât l'election des nouveaux Magistrats jusqu'à ce qu'on eût chassé les ennemis du territoire de Rome. » Ceux, dit-il, qui poursuivent avec tant d'ardeur l'abdication des Decemvirs, ont-ils parole des Eques & des Sabins qu'ils

suspendront le progrès de leurs » armes jusqu'à ce que nous ayons » changé la forme de notre gouver

nement ? Vous sçavez, dit-il, Peres » Conscripts, tout le tems qu'exigent » nos élections : il faut qu'elles soient

précédées par un Senatus-Consulte qui ordonne les Comices. Cette

assemblée, soit qu'on la convoque >> par Centuries ou par Tribus, ne se » peut tenir que vingt-sept jours après » la publication qui en sera faite. Er

avant que les nouveaux Magistrats soient nommez,

& ensuite confirmez par une nouvelle assemblée, &

qu'ils ayent pris le gouvernement » de l'Etat, & levé les troupes ne

cessaires pour s'opposer aux enne

mis, qui peut vous répondre que » nous ne les verrons pas aux portes » de Rome, & en état d'en former le

fiégé ? Dirons-nous ridiculement » aux Eques & aux Sabins : Suspen

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dez, Messieurs, l'effort de vos ar-ce mes, laissez-nous en paix terminer cc nos divisions domestiques, le Senat co n'est point encore d'accord sur la ce forme du gouvernement; mais si une fois le Consulat est rétabli; sice de nouveaux Magistrats se trouvent « à la tête de nos Armées, pour lors u sortez promptement de notre terri-ce toire, prenez des branches de ver- « veine, & revenez nous demander cc humblement la paix, si vous ne vou-ce lez éprouver la fureur de nos Le-c gions.De pareils discours devroient-ce is être entendus dans une Compa-“ D. H.br gnie fi respectable ? Cependant ce «st, font les suites naturelles de l'avis des C. Claudius. Le mien est que nosce Decemvirs enrôlent incessamment ce les Legions, & qu'ils marchent sur ce le champ aux ennemis. Ecartons-co les de nos frontieres; qu'ils soient ce obligez par la terreur de nos armes, co de nous demander la paix , & après être affùrez du dehors, donnez Messieurs, toute votre attention aux affaires du dedans. Revoquez par votre autorité celle des Decem-ce virs, s'ils ne veulent pas s'en dé-" pouiller de bonne grace.

Faites leur

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» rendre compte de leur administra„ tion; élisez de nouveaux Magistrats » en leur place, & que la République

reprenne son ancienne conititution. » Mais permettez-moi de vous dire

qu'en fait de gouvernement , les » affaires doivent se conduire selon » les conjonctures, & dépendre du » tems & des besoins de l'Etat.

Les partisans des Decemvirs se déclarerent hautement pour cet avis. Les plus jeunes Senateurs quand ce fut leur tour d'opiner , s'y conformerent, emportez par leur courage, & dans l'impatience d'en venir

aux mains avec les ens nemis. Quelques-uns des plus anciens du Senat prirent le même para ti , dans la vûë qu'après que la gue re seroit terminée , l'abdication des Decemvirs se faisant sans résistance, le gouvernement retomberoit entre les mains des Consuls, & que de sages Magistrats pourroient peut-être par leur moderarion accoutumer insensiblement le peuple à se passer de ses Tribuns.

Appius qui voyoit avec un plaisir secret que la plậpart des avis étoient conformes à celui de Cornelius,

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demanda enfin, & comme par forme seulement, le sentiment de Va. lerius auquel il avoit imposé silence au commencement de l'assemblée. Eit-il possible, s'écria ce Senateur, ci que nous souffrions que nos tyrans ce exercent aujourd'hui leur empire dans le Senat & jusques dans le san-c ctuaire de la liberté? On m'a fermé ce la bouche quand je pouvois parler ce utilement, & on me rend la parole « après que les avis sont pris; que le «

; ce plus grand nombre s'est déclaré a pour celui de Cornelius, & que ce toute remontrance devient presque ce inutile. Je ne trahirai pas cependant ma conscience & les interêts de la ce patrie. Je dirai ce que je pense de la co continuation du pouvoir que les Decemvirs ont usurpé, & je le dirai ce avec tout le courage & toute la liberté d'un veritable Romain.

Je déclare d'abord que je souscris « de tout mon coeur à tout ce que ce C. Claudius vous a si fagement re- c presenté sur la necessité de créer de ce nouveaux Magistrats avant que de ce se mettre en campagne. Mais

parce que L. Cornelius partisan déclaré ce de la tyrannie, a tâché de tourner «

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ce

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» en ridicule un avis si judicieux, sous

prétexte que les délais necessaires » pour l'élection de ces Magistrats » consommeroient un tems qu'il faut

employer à repousser les ennemis, je crois être obligé de vous faire sentir l'artifice qui est caché sous ce

faux raisonnement. Pour vous en » convaincre , souvenez-vous feule„ment de la conduite que tint la

République il y a près de dix ans » contre les mêmes ennemis sous le » Consulat de C. Nautius & de L. » Minutius.

Vous sçavez que pendant que » Nautius étoit opposé d'un côté aux

Sabins, Minutius son Collegue se „ laissa enfermer par les Eques dans » les détroits de quelques montagnes. » Il étoit question de mettre sur pied » une nouvelle Armée pour le déga

ger ; les Tribuns à leur ordinaire >> s'opposoient à toute levée de trou

que

le Senat ne sous» » crivít à la Loi touchant le partage » des terres. Dans cette extrêmité, » comme les deux partis ne vouloient » rien relâcher de leurs prétentions, » on eut recours à un Dictateur dont » l'autorité étoit superieure au Senat

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pes, à moins

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