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fon neveu.

Raynald, boc

Jul. II.

tic. pag.295.

uterin du Cardinal Galeote Francioti à qui il fucceda AN. 1508. avec le même titre de cardinal de faint Pierre aux Liens, de la Rovere & dans l'archevêché de Benevent, quoiqu'il fût fort dif- Ciacon. in Ful. ferent de lui & pour les mœurs & pour l'érudition. Il II.tom.3.p.289. eut encore les évêchez de Lucques & de Cremone, & an. n. 25. la dignité de vice-chancelier de l'église Romaine, Pavi- Paris. in itiner nius dit qu'il fut encore évêque de Vicenze, & de Pa- M.S. arch. vadoüe ; & ce fut à l'occasion du premier de ces benefices que le pape fe broüilla vivement avec les Venitiens. Ceux-cy ayant nommé à l'église de Vicenze vacante par la mort du cardinal Galeote de la Rovere, un noble Venitien nommé Dandolo, Sixte Gara de fon côté fut nommé par Jules II. & jouit de l'évêché après l'abdication de Dandolo, qui pendant toute la contestation n'en eut que le titre. Sixte l'année fuivante permuta cet évêché avec celui de Padoüe, & fe fentant fort tourmenté de la goute, il fe retira de la cour, renonça à toutes les dignitez, & à tous les emplois, & paffa le reste de fa vie à la campagne dans la retraite, où il ne mourut qu'en 1517. à l'âge de quarante-quatre ans.

Le mépris que les Venitiens parurent faire des pro- AN.1509. pofitions du pape pour la reftitution de Faenza & de Rimini, détermina fa fainteté à la guerre & à figner la ligue le vingt-deuxième de Mars 1509. & le duc de Sayoye fit la même chofe à Turin le douzième de Mai. Dès que le traité eût reçû fa perfection, les princes confederez fe mirent en devoir de l'executer.Les Venitiens, qui s'é- XXIV. toient vainement Alattez de voir échouer tous ces grands Venitiens conprojets, furent fort confternez de fe voir expofez à tous tre la ligue de les rifques d'une guerre fi dangereufe; ils envoyerent Juftiniani, lıb. offrir au pape les conditions qu'ils lui avoient refufées, Guicciard. high & ils tenterent toutes fortes de voyes pour détacher l'em- lib. 8.

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Précautions des

Cambray.

II.

pereur & le roi d'Arragon du roi de France. Toutes AN. 1509. leurs tentatives échouerent; le pape, l'empereur, le roi

d'Arragon animez de differens motifs. furent également fourds à toutes les propofitions de la République. Les instances des Venitiens auprès des autres puiffances étrangeres, ne leur procurerent que des fouhaits obligeans ou de vaines promeffes. Le roi d'Angleterre se contenta de répondre en termes affectueux & ne fit rien de plus. Louis Raymondo qu'on avoit envoyé vers le grand feigneur en qualité d'ambaffadeur extraordinaire, ne fut pas plus heureux. Il ne refta donc plus de reffource aux Venitiens que dans leur courage & dans leurs richeffes. Les Urfins & les Savelli avoient fait un traité pour venir au fecours de la République avec cinq cens hommes d'armes, & trois mille fantaffins, on leur avoit même avancé quinze mille écus d'or fur la folde. Mais ils rompirent leur convention, & le pape fut soupçonné de les avoir dispensé de reftituer l'argent qu'ils avoient touché d'avance. Les Venitiens néanmoins ne laifferent pas affembler quarante mille hommes d'infanterie, une nombreuse cavalerie legere, & plus de trois mille hommes d'armes; cette armée étoit commandée par le comBembo, lib. 7. te de Pitigliano, & fous lui par Barthelemi l'Alviane fon meftre de camp.

XXV.

Les Venitiens levent une armée.

Mocenigo. belli

Camerac. lib.2.

Juftiniani, lib.

Un des articles de la ligue portoit que le roi de France commenceroit la guerre & entreroit en campagne le premier d'Avril; mais differens incidens l'empêcherent de paffer les Alpes auffi promptement qu'il l'eût voulu, & que le fouhaitoit le pape qui fembloit ne voir pas affez tôt l'Italie en feu. Quand ce prince eût paffé les Alpes, il envoya devant lui un Heraut pour declarer la guerre, d'abord à Cremone, & enfuite à Venise en pre

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XXVI.

Le roi de Fran

Ce commence la guerre contre les Venitiens. Guicciard. l. 8. Saint Gelais,

Raynald. hoc

ann. n. 6. II. & 12.

fence des fenateurs le dix-feptiéme d'Avril. Deux jours AN.1509. avant cette déclaration le maréchal de Chaumont neveu du cardinal d'Amboife fit les premiers actes d'hoftilité; il paffa l'Adda avec trois mille chevaux, fix mille fantaffins & quelques pieces d'artillerie; il vint affieger & prendre Treviglio où il fit douze cens prifonniers, au nombre desquels étoit le provediteur Juftiniano Moro- bist. de Louis XII, fini. La garnifon de Leico fit des courfes jufqu'aux portes de Bergame; celle de Lodi ravagea le Cremonois pendant que celle de Plaifance qui avoit paffé le Pô fur des pontons, faifoit le dégât de fon côté. Enfin le marquis de Mantoue avec fa compagnie de cent hommes d'armes s'empara de Cafel-Major. Mais Chaumont craignant que l'armée Venitienne qui approchoit ne vint fondre fur lui, repaffa promptement l'Adda, & alla attendre le roi à Milan, où il arriva au commencement du mois de Mai, bleffé à la jambe par la chûte de fon cheval qui s'étoit abattu sous lui.

Jules II. lança fes foudres fur les Venitiens, dès qu'il eût appris que le canon des François tiroit contre eux. Il publia un monitoire terrible en forme de bulle, dans lequel après une ample déduction de leurs entreprises fur la jurifdiction ecclefiaftique & des autres ufurpations dont il fe plaignoit, il les admoneftoit de reparer leurs malverfations dans vingt-quatre jours,& de reftituer les domaines ufurpez & les fruits qu'ils en avoient recûs, fous peine, s'ils n'obeiffoient pas,de mettre la ville de Venife en interdit, & toutes les terres qui en dépendoient, & de donner pouvoir à un chacun de s'emparer de leurs biens,de réduire leurs perfonnes en fervitude, & que nul ne pourroit leur donner ni aide ni retraite fans encourir les mêmes cenfures. Mais ce coup de foudre lancé par

XXVII.
Bulle du pape

Jules II. contre
les Venitiens.
Raynald, hoe
Spond. hoc. ann.

ann.n.6.13.

N. I.

XXVIII.

cette bulle au

futur concile.

XXIX.

la fauffe idée d'un pouvoir chimerique, ne mit le feu AN.1509. nulle part. Le fénat, fuivant l'ancienne coutume, apLes Venitiens pella du pape au futur concile, & Venise en fut quitte appellent de pour la défertion de quelques moines, que l'ignorance ou l'interêt attachoit aux préventions de la cour de RoGuicciard. Ls. me. Ils emporterent avec eux à Ferrare un petit butin qu'ils avoient compofé du pillage des facristies, apparemment pour commencer à executer la bulle du pape. Le refte du clergé feculier & regulier demeura dans l'obéiffance dûë au fouverain. Le fenat dans fon acte d'appel répondoit à la bulle de Jules, & fe plaignoit fortement de fa conduite, & de celle du roi de France. Dès que le pape cut appris cet appel, il donna une Bulle du pape autre bulle par laquelle il prétendoit le detruire. Elle est pel.te cet ap du premier Juillet. On y voit tout le reffentiment qui Raynald, hoe l'animoit; il traite l'appel des Venitiens de hardieffe inExt. Bulla n. I. fupportable, & de temerité. Pour excufer leur conduite, dit-il, ils alleguent fans raifon que la bulle de „Pie II. ne lie que ceux qui étoient appellans dans le tems qu'elle fut renduë.,, Il parle de la bulle que Pie II. donna dans l'affemblée de Mantoüe contre de femblables appellations, mais qui en effet ne pouvoit empêcher que les appels, autorifez de tout tems dans l'église, ne fuffent légitimes. Jules croyant que cette bulle auroit un pouvoir plus efficace s'il la revêtiffoit de fon autorité, ordonne par celle-ci qu'elle aura force tant au-delà qu'au deçà les monts contre les ecclefiaftiques & les feculiers de quelque dignité qu'ils foient, rois, cardinaux, chapitres, univerfitez, communautez, colleges, congregations, parlemens même. Il déclare qu'elle aura toujours force,quand même on auroit omis de la publier ; qu'outre les peines portées contre ceux qui la violeroient, ou

ann. n. 13.

Jul. II. Conf.

22.

qui confentiroient au violement, ils feroient tenus pour fchismatiques,& hérétiques; fubiroient les peines qu'elle AN. 1509. prononce, & quils feroient damnez avec Dathan & Abiron. Il conclut que l'appel des Venitiens est nul, & que tous les lieux qu'ils habitent font interdits.

XXX.

Treviglio pris

tiens..

Bembo 1. 7.

Justiniani ↳
s. Gel. hift. de

II.

Louis XII.

Pendant que le pape fulminoit ainfi contre les Venitiens, le roi de France, fans attendre le fecours de fes alliez, avancoit toujours fes conquêtes. Son armée étoit compofée de deux mille hommes d'armes, de fix mille Suiffes, de plus de douze mille fantaffins,partie Gafcons, partie Milanois,& d'autres qui tous ensemble pouvoient monter à quarante mille hommes. Les Venitiens attaquerent Treviglio, & la réduifirent bien-tôt à l'extrê- par les Venimité. Les habitans voyant qu'ils ne pouvoient plus réfifter, capitulerent. Le roi de France apprit trop tard la fituation où elle fe trouvoit, il fe hâta pour la fecourir ; mais il n'étoit plus tems, elle s'étoit rendue le neuviéme de Mai: fon fort n'en fut pas plus heureux : elle fut faccagée, & l'on dévalifa la garnifon qui étoit de cinquante hommes d'armes, & de mille fantaffins que Chaumont y avoit laiffez fous le commandement de Fontrailles. Cette prompte reddition détermina le roi à chercher l'occafion d'engager les ennemis à une bataille. Il paffa l'Adda à Caffan où il fit jetter trois ponts, fans que les ennemis ofaffent venir difputer ce paffage, quoiqu'ils n'en fuffent éloignez que de cinq milles.Et le jour même il vint camper à une demie-lieuë de l'armée Venitienne. Mais comme cette armée étoit poftée bien avantageusement, Louis ne jugea pas à propos de l'at

taquer.

Quelques généraux François furent d'avis de ne point s'engager dans une action avant l'arrivee des troupes de

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