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Auberi, hift.

des cardinaux.

torel. in addit.

ad Ciacon.

Panvin. de

Rom. pontif.

M. Anton.

Ferrar.

années après en Hongrie, où le roi Mathias & la reine AN.1520. Beatrix fa tante le recurent très-bien. Il demeura fept huit ans dans ce royaume, & il s'y appliqua aux Andreas Vie fciences divines & humaines. La reine Beatrix étant devenuë veuve, il lui rendit de grands fervices. Alexandre VI. le fit cardinal en 1493. & il vint recevoir le chaGuarin, in hift. peau à Rome. Quelque tems après il retourna en Hongric, & revint enfuite en Italie; il fe joignit à Ludovic Sforce fon beau-frere pour l'affifter de fes confeils dans la guerre qu'il avoit à foutenir contre la France. Ce royaume ayant eu le deffus, le cardinal d'Eft fe retira en Allemagne, d'où il revint pour fe trouver au mariage d'Alfonse son frere avec Lucrece Borgia fille d'Alexandre VI. dans la fuite il s'unît avec les François, & reçut du roi Louis XII. des marques fingulieres d'eftime & de bienveillance. Pendant que le pape Jules II. perfecutoit la maison d'Eft, ce cardinal ne fçachant quel parti prendre, prit celui de faire un voyage en Hongrie; d'où il ne revint qu'après l'élection de Leon X. Ce pape l'envoya complimenter le roi François I. fur la conference qu'ils devoient avoir à Boulogne en 1516. Quelque tems après il fut envoyé en Pologne pour s'y trouver au mariage de Bonne Sforce fa coufine, avec le roi Sigifmond. En revenant il paffa par la Hongrie, & étant de retour à Ferrare,il y mourut le troifiéme de Septembre 1520. Les hiftoriens lui ont reproché d'avoir fait arracher les yeux à Jules fon frere naturel, parce qu'il lui avoit enlevé une dame qu'il aimoit. Il écrivoit avec beaucoup de politeffe, & témoignoit toujours beaucoup d'inclinaion à faire plaisir aux gens de let

XCIV.

Du cardinal

'Albret.

tres.

Le fecond eft Amanieu d'Albret, fils d'Alain fire

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d'Albret, & de Françoise de Bretagne, frere de Jean
roi de Navarre, & de Charlotte femme de Céfar Borgia,
duc de Valentinois, fils du pape Alexandre VI. Par le
traité qui fut fait pour ce mariage, ce pape donna en
1500. felon Ciaconius, le chapeau à Amanicu d'Albret,
qui alla en Italie pour y faire fa réfidence: mais il fut
obligé d'en fortir à l'élection de Jules II. ennemi des
partisans d'Alexandre. Il eut l'évêché de Pamiers, puis
celui de Comminges, enfuite celui de Pampelune capi-
tale du royaume de Navarre, au fujet duquel Jules le
chagrina encore ; en forte qu'il n'en fut paisible poffef-
feur
que fous le pontificat de Leon X. Il mourut le deu-
xiéme de Septembre 15 20. à Caftel Jaloux en Bazadois

où il fut enterré.

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XCV.

Du cardinal de

la Rouere.

in

Ciacon. Julium 1. t. 3. Ferd. Ughel, in

P.255.

addit. ad Cias

Le troifiéme eft Leonard de Rouere de Savone ne-
veu du pape Sixte IV. par fa mere. Il fut d'abord cha-
moine de l'église de faint Pierre à Rome, enfuite évêque
d'Agen, & enfin créé cardinal par le pape Jules II. du
titre des douze Apôtres, & pénitencier. Il fut légat dans
l'état eccléfiaftique, & s'acquitta de cet emploi avec con.
tant d'integrité & de droiture, qu'un de fes cameriers,
qui étoit bien avant dans fa familiarité lui ayant pré-
fenté une requête dans laquelle on recommandoit au
cardinal une affaire injufte qui concernoit fon pro-
pre frere, de la Roüere reçut fi mal cette recomman-
dation, qu'il traita le camerier de mal-honnête homme,
d'avoir eu feulement la penfée de lui faire commettre
un tel crime, comme s'il avoit dû avoir plus d'égard à
fon frere qu'à la justice, & chassa dans le moment mê-
me ce domestique de fa maison. Il mourut le premier de
Novembre felon quelques auteurs, ou le vingt-feptié-
me de Septembre felon d'autres, & fut enterré dans l'é-
Nnnnjj

glife de fainte Marie Majeur; les pauvres perdirent AN. 15 20. Beaucoup à sa mort.

XCVI.

Tarlat.

Cricon. in

Auton. de

Sandoval. in
elog cardin.

Jacob. Nardi
Scipio Am

mirat. in hift.
Florent.

Garimbert. lib.

des
lib. 7. 10. &

cardinaux.

biftor.

II. 12.

Paul. Jov. in

Le quatriéme eft Bernard de Tarlat, qu'on nomDu cardinal moit auffi de Bibienne d'Unce ou de Divitio, évêque Bernard de de Coutances en Normandie. Quelques auteurs croyent Leonem ... qu'il étoit de la famille de Tarlati, originaire d'Arezzo P. 339. établie à Bibienne; mais on apprend par les lettres du pape Leon X. que ce cardinal étoit né d'une famille peu confidérable, & qu'il ne devoit fon élévation qu'à fon mérire. Dès l'âge de dix ans il alla étudier à Florence, où s'étant distingué par fa capacité, il entra comme 1. cap 4. domeftique dans la maifon de Laurent de Medicis, qui Aubert, bift. le choifit pour son secretaire, lui donna depuis la conBembo in epift. duite du cardinal Jean de Medicis fon fils que le pape 16. &c. in Innocent VIII. avoit reçu dans le facré college, quoi"Guicciard. 1. qu'extrêmement jeune. Bernard de Bibienne s'acquitta très bien de cette commiffion, & la remplit avec tane de zele pour la maifon de Medicis que le même cardinal devenu pape fous le nom de Leon X. le créa cardinal du titre de fainte Marie in porticu dans le mois de Septembre 1513. Il l'envoya légat en France pour publier une Croifade contre les Turcs. On lui fit à Paris une entrée magnifique, & il trouva l'efprit de François I. entierement difpofé à la guerre contre les infideles, comme on le voit par une lettre de ce légat au cardinal de Medicis, qui eft la même que Belleforest a traduite en François, & où ce monarque offre quarante mille hommes qu'il avoit deffein de commander en perfonne; ce qu'il auroit exécuté fi le pape & le cardinal de Medicis n'en euffent alors empêché l'effet par leurs injuftes défiances, & par des pratiques fecretes contre la France, qui firent échouer une fi pieuse entreprise.

elog.

Bernard Bibienne qui prévit les fuites fâcheufes d'un procedé fi peu judicieux, en écrivit fortement en cour de Rome; on y défaprouva fa liberté, qui toute raifonnable qu'elle fût, ne laiffa pas de lui être suneste ; car étant arrivé à Rome en parfaite fanté, il y mourut peu de e tems aprés le 9 Novembre 1520. âgé de cinquante ans; & on dit que ce fut de poifon, qui lui fût donné, felon Paul Jove, dans des œufs frais. Le roi témoigna beaucoup de déplaifir de cette mort, parce qu'il eftimoit beaucoup ce cardinal, ce qui peut fervir à prouver le peu de bonne foi de Guicchardin, qui a écrit que Bernard de Bibienne n'étoit pas bien intentionné pour Ja France. En mourant il ordonna que fon corps porté dans l'église de Notre-Dame de Lorette dont il étoit protecteur, On le dépofa cependannt dans l'église de fainte Marie d'Ara Cali à Rome, où l'on voit fon épitaphe que fes neveux eurent foin d'y faire graver. Ce cardinal avoit écrit quelques pieces en vers.

fût

AN.1520.

XCVII.
De Geoffroi

Bouffard.

Myraus de Scrip. xvI. fac.

Duboullai bist.

Univerfit.Parif.

t

Launoi, hift.

Navara.

Du-Pin. bibliot. des Aut. XVI•

fiecle, in-4. p.

On peut joindre à la mort de ces cardinaux celles de trois auteurs ecclefiaftiques arrivées dans la même année. Le premier eft Geoffroi Bouffard natif de la ville du Mans, docteur en théologie, & chancelier de l'univerfité de Paris. Il vint en 1456. au college de Navarre pour y faire fes études ayant alors dix-fept ans; il prit Je bonnet de docteur en 1489. & travailla utilement à donner des éditions de quelques anciens auteurs, comme l'histoire ecclésiastique de Rufin, l'exposition sur faint Paul attribué à Bede. Il compofa en 1505. un Franc. traité du célibat des prêtres, & cinq ans aprés il alla à Rome, d'où il fe rendit enfuitte à Boulogne où le pape étoit alors. Ce fut devant lui que Bouffard prononça un fermon du nom de Jefus : Dans la fuitte il affifta au con

Nnnn iij

98.

La Croix du Maine,biblioth.

cile de Pife, & fut par ordre de ce fynode le porteur du AN.1520. traité de Caietan de l'autorité du pape & du concile, à l'université de Paris pour y être examiné. En 1517. il fut pourvû de la dignité de chancelier de l'église de Paris, qu'il permuta en 1518. avec Nicolas Dogny, contre un bénéfice du Mans où il fe retira, & y mourut en 1520. Il fut enterré dans l'église des Bénédictins de faint Vincent. La Croix Dumaine le regarde comme un des plus fçavans hommes de fon tems, comme les ouvrages qu'il a laissez le témoignent affez.

I I

De

L'on a de lui un traité du facrifice de la messe imprimé en 1511. & en 1520. une explication des fept Pfeaumes de la pénitence imprimée en 1519. un traité de la continence des prêtres imprimé à Paris en 1505. & son sermon devant le pape Jules II. à Boulogne, qui fut aussi imprimé en 1507. Tous ces ouvrages font latins, & il n'y en a qu'un de françois, fçavoir le régime & le gouvernement pour les dames &femmes de chaque état, qui veulent fe mettre au monde felon Dieu. tous ces traitez le plus intereffant eft celui de la continence des prêtres. Il y agite cette queftion, fi le pape peut permettre aux eccléfiaftiques de fe marier, & il la réfout en fept propofitions. Dans la premiere il dit que le mariage a toujours été permis en Orient & en Occi dent aux clercs qui font dans les ordres mineurs. Dans la feconde, que depuis le commencement de l'église jufqu'au tems des papes Sirice & Innocent I. il a été per mis de conferer les ordres jufqu'à celui de prêtrife inclu fivement à des hommes mariez ; & qu'on les a laiffez vivre avec leurs femmes, fans les exclure des fonctions de leurs ordres. Dans la troifiéme, que depuis le tems de ces deux papes il paroît qu'il n'a plus été permis d'ordon

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