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qu'elles se sont enfin metamorphosées entierement.

Il paroît par-là que cette maniere d'écrire & de parler abregée ne leur est pas fort avantageuse, & ne doit pas leur donner sujet de se mocquer des Européens, comme ils font, parce que ceuxci n'admettent pas cet usage ou ne peuvent s'en accommoder. Les avantages que nous avons tirez du contraire, comme le remarque Monsieur Vossius, nous justifient allez. Ce ne seroit pas pour cela une grande gloire de connoitre les choses par de simples signes , comme les bêtes , qui n'ayant aucun discernement de la parole , le peuvent faire autrement. Nos sages l'ont toûjours repudiée* : La maniere referrée, dit Ciceron, les abreviations n'ont point de grace dans le discours , & c'est la marque d'un fond mediocret, comme Allatius le raporte de Symmaque. Ils ont prévû le tort que cela pouvoit faire aux Langues & aux Lettres ; & nos Legislateurs se sont efforcez d'y remedier dans les choʻes qu'ils estimoient de consequence ; tant cette

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breveté

' * Contra&io & brevitas dignitatem non habet,

Or. 19

# Ut inopiam brevitas affe&tara celaret.

breveté leur a paru dangereuse, * puis qu'elle a introduit pinfeurs antinomies par le deffaut qui la fuit toujours , dit Justinien. Et dans le discours que cet ·

• Empereur adresse au Senar & à l'Empire, il deffend sur peine de faux, de s'en servir dans l'édition des Loix ou dans leur interpretation. § Nous condamnons encore à la même peine de faux ceux qui dans la suite auront la bardiesse de tranfcrire nas Loix en cara Eteres abregez. ú obfcurs. L'Empereur Balle de Macedoine deffendit la méme chose , & ne voulut pas méine qu'on s'en servît dans aucuns Actes, comme on le voit dans les addicions de Cedrenus à Zonare.

A propos Monsieur du mot per signo- DU rum obscuritates de la loi de Justinien, JIGLĄ.

. je ne sçai pourquoi de très-sçavans hommes lui ont voulu substituer celui de siglorum, & quelles authoritez ils ont eu pour cela. Lambecius qui rapporte cette Constitution dans un des volumes de la Bibliotheque , y mer toûjours sigla ou sigilla au lieu de fin

gna * Qurmultas per fe & per suum vitium drzivoices indaxit.

Eamdem autem penam fallitatis conftituimus & adversus eos qui in pofterum leges noftras per fignorum obscuritates aufi fuerint confcribere.

TERME

>

gna qu'on y lit & qui doit y étre conItamment. Je trouve aufli que Mon

fieur du Cange , dont j'honore la per• sonne & le merite , sur le mot de sigla dans son Dictionnaire de la balle lati. nité cite pour exemple Justinien;mais, comme j'ai dit , je ne l'y ai point vû quoiqu'il y ait deux differentes Conftitutions au titre de Vet. jure enucl. où le mot de signum est repeté en plufieurs endroits auffi-bien que dans la troisiéme qui est au commencement du du Code. Il est vrai qu'il est parlé de ce terme dans la Constitution Grecque du titre que j'ai cité ; mais il faut prendre garde qu'il est different , & qu'au lieu de sigle ou sigla il y a viwlas commcon le peut voir par le passage méme que voici : και κατά τους σημείοις τισιν εν τη γραφή χρωμένων, άπερ σίγγλας καλέσιν. notis seu signis que longlas vocant. Par des marques ou par des traits. qu'on appelle finglai.

Je vous avoue, Monsieur , que je ne sçai pas bien non-plus où l’Auteur de cette Loi a pris ce mot , & de qui il entend parler , lorsqu'il dit änee SİNAQs rangoir qu'on apelle finglai , fi

si ce sont des Grecs ou des Romains. Cependant il n'y a point d'Auteurs anciens que je sçache jusqu'à Justi

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nien, tant de l'une que de l'autre Langue, qui lui ayent pû servir d'exemple. Lorsqu'Aulugelle Grammairien vers le bas Empire veut parler des inanieres dont Jules-Cesar se servoit dans ses Lettres pour cacher ses secrets, il n'appelle point autrement les lettres particulieres dont il étoit convenu avec ses Agens, que Littere fingulariæ fine coagmentis syllabarum : Lettres particulieres sans formation on liaison de syllabes ; & jamais dans aucun Auteur de ce genre-là on n'a lû le terme sigla. Il y a beaucoup d'apparence qu'on a inseré dans le texte une note de quelque barbare moder

Car le mot de riniai n'a aucune signification ni en Grec ni en Latin, & ne se trouve dans aucuns Vocabulaires. Il ne vient pas non plus de onyacı qui veut dire des boucles d'oreilles, ce que Monsieur du Cange n'a pas remarqué, puisqu'il va chercher l'origine de sigla monile , dans la Saxe. Il ne vient

pas

de olynov qui est une monnoye de Perse , comme on le voit dans Xenophon, & qui avoit aussi cours dans la Sardaigne selon Hesychius. Ainsi le Siglum dont se fervent Reinesius & Kipping , n'a aucune origine raisonnable ni connuë. Tom. II.

F

Enfin

ne.

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LE

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Enfin, Monheur, pour finir cette re.
marque, quand le mot de Sigla ex-,
primeroit celui de singule littera, je
ne sçai pas comment Monsieur Cujas
à voulu comparer certe contraction,
qui n'a été introduite que par des
Barbares, avec celles de Vincla,

. Jecla & autres semblables, que l'autorité du Parnasse latin dans son plus grand régne , & le suffrage des plus éclairez de l'Empire ont admises. Retournons aux Manuscrits.

Le Copre qui est la Langue qui a COPTE: précedé le Grec en Egypte , ne doit

pas tenir un rang mediocre parmi ces

Langues originales & instruisantes -puisqu'elle est une Langue mere &

indépendante de toutes les autres se-
Ion Kircher. Monsieur de Saumaise
dans une de ses Lettres à Monsieur
Peiresc, dit qu'il croyoit autrefois
que son nom venoit d'une ville nom-
mée Coptos, dont les peuples avoient
conservé une partie de l'ancien lan-
gage ; mais qu'il a estimé depuis que
ce nom étoit tiré de celui d'AYUTTOS:
ce que le P. Vanlieb dit aussi quel-
que-part, quoiqu'en un autre endroit
il en attribuë l'origine à Coptos pe-
-.
tit-fils de Noë. Il n'est pas imposti-
ble d'en trouver encore des Manus-

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